Simon Loueckhote, le président fondateur du LMD était l’invité de la matinale de NC 1ère. Il répond aux questions de Nathalie Rougeau, et des auditeurs. M. Loueckhote s’affiche désormais publiquement comme défenseur de la politique menée par Calédonie Ensemble et contre celle du Rassemblement UMP, il n’a d’ailleurs pas pris part à la campagne et au soutient du Président sortant Nicolas Sarkozy pour la Présidentielle. Beaucoup qualifient Simon Loueckhote de girouette, pour ma part je continue d’apprécier l’homme pour son franc parler et cette facilité qu’il a à s’exprimer, il fait d’ailleurs pour moi parti des 3 meilleurs orateurs politique du Pays même si je ne le rejoins absolument pas sur l’épineux sujet des drapeaux…

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  • Gil Moglia

    Maiiiis euuuhhhh….. A quoi ça peut servir d’inviter un mec qui ne sert à rien à parler à la télé?

    Non, parce que si quelqu’un pouvait me dire ici ce que le poussah d’Ouvéa a fait pour notre pays?

    Un kanak de service à Lafleur. Point. Pas de figure. Pas d’honneur. Rien.

    • ilien

      Si on prend votre point vue, on ne peut qu’en conclure que vous mêmes et vos post ne servait à rien. Vous avez fait quoi vous pour la Calédonie ?

      • Gil Moglia

        Renseigne toi, fils.

      • ilien

        Pensez vous, je me renseigne avant de poster. Et de ce qui m’est accessible, il n’y a rien qui vous concerne à part des recettes qui n’ont pas révolutionnées la Calédonie.
        En ce qui concerne Mr Loueckhote il en va autrement. Il fait partie de ceux qui ont construit notre pays avec Mr Lafleur.
        Vous faites partie de ces gens pour qui la critique est plus facile que l’art. Aussi vous devriez vous cantonner aux arts culinaires car sans y être excellent, vous y êtes sans doute plus doué qu’en politique.

  • VAL

    La girouette prend le vent pour savoir de quelle côté elle va tourner. Je me souviens qu’il s’est présenté aux dernières élections municipales de Nouméa, qu’il a obtenu des sièges et qu’il n’a pas siégé car il n’a pas envie de travailler n’en n’ayant pas l’habitude. Il faut éliminer du paysage politique ces professionnels sans talent, sans conviction. Je ne voterai jamais pour ceux qui seraient tentés de faire alliance avec lui. A dégager!

  • Clark

    Putain j’ai failli avoir une crise cardiaque!!

    Je bossais sur un dossier, tranquillement, en écoutant ça…

    Et à la fin, un zigouigoui crachottant m’a fait sursauter! Oh! les mecs! faut pas couper à la sauvage comme ça!

    Finalement, c’est tout ce qui m’a donné un peu d’motion: le « croutchicrack!’ de la fin…

    Le reste ne m’a pas mobilisé assez de cerveau pour altérer ma capacité de travail…

  • Omega

    Merci M. LOUECKHOTE pour votre ralliement aux thèses de CE et surtout n’écoutez pas les mauvaises langues, ils n’ont aucune reconnaissance de tout ce que vous avez fait pour le pays et pour eux, laisser-les parler car vous au moins vous n’êtes pas un traître, vous cherchez seulement à rejoindre un parti et des hommes qui ne renient pas leur parole.

    Vous avez choisi le camp de la sagesse c’est tout, la Calédonie et les Calédoniens ont besoin de vous pour faire barrage aux lâcheurs de tous bords.

    Restez vous-même, c’est ainsi que nous vous avons toujours apprécié.

  • Rigoberto

    Les ralliés des uns sont les traitres des autres.

    Ce langage tient plus du militaire que du politique.

  • http://titanchois TITANCHOIS

    Non je ne suis pas d’accord avec M. LOUECKOTE, il n’a jamais rien fait pour le pays, grâce à Jacquot qu’il a pu apparaître sur la scène politique. Et en plus il a renié le vieux jacques, car il voulait naviguer seul, malheureusement il n’a jamais tenu parole, il veut nous donner des leçons de politique, mais il n’a jamais agi pour le pays, que des paroles en l’air. Statistiquement c’était le sénateur qui était le plus souvent absent ou qui n’a pas beaucoup pris la parole au Sénat. Alors à quoi ca sert de savoir parler, c’est parler dans le vide….
    En plus voyant qu’il n’avait pas de chance de pouvoir siéger au Congrès avec son parti le LMD, il a d’abord rejoint l’avenir ensemble pour se positionner en place éligible, c’est vraiment une girouette..
    Puis maintenant que l’avenir ensemble s’est approché de l’UMP, car l’UMP ne l’a pas choisi pour le poste de sénateur, il quitte de nouveau le navire pour aller vers Calédonie Ensemble… Mais quelle girouette ce bonhomme…
    Même pas capable de prendre ses responsabilités, moi à la place de ses ouailles j’irai voir ailleurs, parce que là, on n’a rien à gagner avec un caméléon pareil, du jour au lendemain quand il ne veut pas ce qu’il demande il va changer de veste, alors s’être joint au parti de M. Gomes, C.Ensemble vous n’avez pas fait une bonne affaire, ne le mettez pas à un poste important de votre parti, car du jour au lendemain il va vous mordre la queue, c’est simplement un conseil d’ami…
    Il a démissionné de son poste à la mairie parce qu’il ne voulait pas travailler, ca lui prenait surement trop de temps, mais il fait parti de ces politiciens qu’il faudra mettre au placard en 2O14 comme bien d’autres aussi. Et comme ca il fera comme tout le monde aller travailler avec ses dix doigts. A bientot……..

  • mimic

    sacré Simon Louckote!!!il n’a jamais rien fait tout seul,vaut mieux qu’il retourne a Ouvéa planter les ignames parceque son le vieux Jacques ben il se plante grave!!!obligé de faire de la politique pour vivre et bouffer a tout les rateliers.pauvre Lafleur quand il doit voir ce qu’il a créé!!!

  • Tryad

    Simon
    Si mon destin est à droite
    Alors, je me déplace vers la droite

    Si mon avenir est à gauche
    Alors, je vais vers la gauche

    Si mon futur, c’est eux
    Nul doute, ce sera CE

    Si mon salaire, c’est lui
    Je n’hésiterai pas un instant

    Si mon droit, c’est l’envers
    Ma veste est réversible

    Si mon plan est en damier
    Alors je serai perpendiculaire

    Ce n’est pas le vent qui tourne
    C’est la girouette…

  • val

    Si CE le récupère je voterai jamais pour eux, c’est sûr!

  • cannibale

    Simon n’a de convictions que celles qui lui rapportent quelque chose. J’espère franchement que CE ne va pas s’enticher de simon aux prochaines provinciales. Il n’avait qu’a se mettre avec CE en 2009 au lieu d’aller avec Martin. Du coup c vrai que le LMD n’existe plus ni l’avenir ensemble. Pour autant c vrai que ça fait des voix précieuses aussi au congrès….
    Mais a mon avis Gomes doit calculer aussi les municipales de mars 2014 pour la mairie de néa; car si Simon s’était associé à Sonia en 2007 ils auraient eu une chance de battre fifils. qu’en sera t-il en 2014????
    ah lalalalala ces politiques

  • val

    Moi je fais le pari que cela fera perde à CE plus de voix que ça va lui en amener. En tout cas, il perdront pour sûr la mienne!

  • Sagamore

    Dommage :
    Après 35 ans de politique RPCR-RUMP-UC,
    la conscience politique locale
    reste niveau CM2( soit 3 bus de retard)

    Le réveil va être dur…
    Bof !

  • serpentar

    J’ai beaucoup d’admiration pour ces kanaks pro français qui se sont investis corps et âmes pour une Calédonie dans la France.
    Pendant les « évènements » Simon était sur son île à se friter contre ses frères ennemis de l’autre bord, et pas comme certains,planqués à Nouméa,attendant que l’orage passe.
    De même qu’Ukeiwé,celui qui a permis à la Calédonie de RESTER FRANÇAISE,avait été viré sans ménagement en son temps,par celui là même qui l’avait poussé au devant de la scène,parce que kanak,pour affronter l’apparatchik socialiste en faveur d’une décolonisation rapide de l’île,parce que lui ne faisait pas le poids.
    On voit ou cela les a mené … au dénigrement loyaliste !
    Et l’on s’étonne après de la montée du nationalisme kanak indépendantiste et de sa jeunesse indomptable.

    • Rigoberto

      Fais pas ton faux cul Serpentar, ça ne te va pas….

  • val

    On a pas vraiment le choix, il faut bien voter !

  • Seleone

    Seleone Tu’ulaki Puli’uvea
    Il y a 2 secondes
    Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy de la part du syndicat de la magistrature
    ..

    sur l’état de la justice après Nicolas Sarkozy
    Monsieur le candidat,
    « Depuis presque cinq ans, j’ai cette obsession de tenter de rapprocher les
    Français et la justice » : ainsi vous exprimiez-vous le 13 janvier dernier, à
    l’Elysée, lors de vos voeux aux « Hautes Juridictions » (les basses
    attendront…).
    Décidément, au petit jeu du « je dis ce que je ne fais pas et je ne fais pas ce
    que je dis », vous êtes passé virtuose. Car qui plus que vous aura oeuvré,
    obsessionnellement en effet, non seulement depuis 2007 mais depuis 2002, à
    creuser le fossé entre le peuple et la justice, en ne cessant de jouer l’un(e)
    contre l’autre, d’utiliser l’un(e) pour soumettre l’autre ?
    Qui plus que vous – et vos partisans à votre initiative ou avec votre
    assentiment – aura davantage (sous la Vème République du moins) violé la
    séparation des pouvoirs, dégradé la loi, travesti la réalité judiciaire, dénigré le
    travail des professionnels de la justice, tenu pour quantité négligeable les
    droits et attentes légitimes de tous ceux qu’on appelle abstraitement « les
    justiciables », c’est-à-dire l’ensemble des personnes qui ont recours ou sont
    confrontées, un jour ou l’autre, à l’institution judiciaire et qui réclament
    justice, autrement dit potentiellement tout le monde ?

    Quelques hauts faits pour commencer, sous réserve d’inventaire :
    Décembre 2002 : ministre de l’Intérieur, vous contestez la remise en liberté,
    par des magistrats de Créteil, d’étrangers pourtant retenus illégalement.

    2 Octobre 2003 : vous réclamez la punition de magistrats de Bobigny
    contraints d’interrompre une audience faute d’escortes policières pour les
    prévenus détenus.

    Juin 2005 : vous déclarez que « le juge » doit « payer » pour « sa faute » –
    imaginaire – après que Nelly Crémel a été assassinée par un homme libéré sous
    conditions par un tribunal.

    Juin 2006 : vous accusez de « laxisme » et de « démission », au mépris des
    statistiques réelles, les juges des enfants du tribunal de Bobigny.

    Juillet 2007 : devenu chef de l’Etat et à ce titre « garant de l’indépendance
    de l’autorité judiciaire » selon la Constitution, vous déclarez sans ambages :
    « Que les juges de l’application des peines appliquent les textes et alors on
    respectera l’indépendance de la justice ! ».
    Août 2007 : votre garde des Sceaux convoque un vice-procureur de Nancy
    pour lui reprocher d’avoir dit à l’audience… que les magistrats sont
    indépendants et qu’ils doivent appliquer la loi avec discernement.

    Octobre 2008 : votre garde des Sceaux envoie l’Inspection des services
    judiciaires à Sarreguemines, après le suicide d’un mineur détenu, pour
    interroger en pleine nuit des magistrats qui n’ont commis aucune faute.
    Novembre 2008 : votre « conseiller spécial » qualifie de « parfaitement
    incongrue, scandaleuse, moralement inacceptable » la décision du tribunal de
    Paris vous déboutant dans l’affaire de la « poupée vaudou » à votre effigie.

    Octobre 2009 : votre ministre de « l’Identité nationale » établit une liste
    délirante de tribunaux suspectés d’être trop bienveillants avec les étrangers ;
    votre ministre de l’Intérieur prétend quant à lui que « l’assassinat de Marie-
    Christine Hodeau aurait pu être évité » si le suspect n’avait pas fait l’objet
    d’une libération conditionnelle « parfaitement inacceptable ».
    Janvier 2010 : votre ministre de l’Intérieur ordonne ou permet à des
    services de police de désobéir illégalement aux directives de juges
    d’instruction visant à faire respecter la Convention européenne des droits de
    l’Homme en garde à vue.

    Septembre 2010 : votre ministre de l’Intérieur fait part de sa « vive
    indignation » et vous-même de votre « incompréhension » après la décision
    d’un juge de Grenoble de placer sous contrôle judiciaire le suspect d’un
    braquage, décision confirmée ensuite par la cour d’appel.
    3
    Octobre 2010 : votre ministre de l’Intérieur manifeste son « soutien moral
    et matériel » à un gendarme qui vient d’être mis en examen pour avoir tué par
    balle un jeune gitan dans le Loir-et-Cher.

    Décembre 2010 : votre ministre de l’Intérieur appuie les policiers qui
    manifestent contre la condamnation par le tribunal correctionnel de Bobigny
    de sept d’entre eux pour une machination ayant consisté à accuser sur procèsverbal
    un homme d’un crime qu’il n’avait pas commis.

    Février 2011 : vous affirmez – alors que des enquêtes administratives sont
    en cours et concluront à l’inverse – qu’une « faute » des professionnels de la
    justice a conduit à l’assassinat de la jeune Laetitia Perrais à Pornic ; le porteparole
    de votre gouvernement déclare que, pour les magistrats, ce drame
    « n’est qu’un fait divers, un élément statistique sur des dossiers ».

    Avril 2011 : votre « conseiller spécial » affirme qu’un conducteur ivre ayant
    causé la mort de trois personnes à Chelles ne doit « jamais » sortir de prison –
    ce qui n’est pas légalement possible – et qu’une décision de la Cour de
    cassation concernant la garde à vue fait craindre un « gouvernement des
    juges ».
    Août 2011 : votre garde des Sceaux désavoue publiquement le procureur de
    Dunkerque qui, en exécution pourtant de ses instructions, a demandé le report
    d’incarcérations non urgentes afin d’éviter l’explosion d’une maison d’arrêt
    surpeuplée.

    Janvier 2012 : vous déclarez à Dijon : « La deuxième peine de la victime est
    le sentiment qu’elle peut ressentir que la société accorde plus d’importance au
    coupable qu’à elle-même (…). On ne doit pas simplement faire preuve
    d’humanité à l’endroit du coupable, on doit en faire preuve aussi à l’endroit de
    la victime (…). L’institution judiciaire est d’abord l’institution des victimes et
    vous les magistrats, vous travaillez d’abord pour elles ».
    Avril 2012 : vous déclarez devant l’Institut pour la Justice, une officine de
    l’UMP, que les magistrats forment une « caste » qui se voudrait « hors de
    l’Etat », qui « cultive l’entre soi », qui pense que « tout va bien », que « la
    victime n’a rien à dire », pour qui « Outreau ça n’existe pas », « y a pas de
    retards », « y a pas de problèmes », « on est bien confortables entre nous ».
    Il y a quelques jours encore : toujours président de la République, vous
    soutenez des policiers qui ont bloqué les Champs-Elysées pour contester la
    mise en examen d’un de leurs collègues ayant tué un homme au cours d’une
    interpellation en lui tirant dans le dos…
    4
    Oserez-vous prétendre qu’ainsi vous avez « rapproché les Français et la
    justice » ? En réalité, tout au long de votre double quinquennat en la matière,
    vous n’avez cessé d’affaiblir l’autorité judiciaire et d’attiser la haine de la
    justice ; du moins êtes-vous parvenu à diffuser la vôtre. Qui a ses raisons :
    lorsque, comme vous, on cultive une conception exclusive du pouvoir,
    lorsqu’on est convaincu de détenir la vérité sur toute chose, lorsqu’on entend
    diriger sans partage, lorsqu’on est persuadé que la fin électorale justifie les
    moyens les plus vils, lorsqu’on sait quels bénéfices percevoir de l’exploitation
    permanente de la souffrance des victimes et de l’insatisfaction engendrée par
    un système judiciaire effectivement insatisfaisant, lorsqu’on considère les uns
    comme « de la racaille » et les autres comme des « monstres », il est somme
    toute logique de honnir la justice et ceux qui la rendent. La justice, certes, n’a
    rien à voir avec le cynisme, la haine ou la vengeance.
    Les Français, dit-on – et vous l’avez répété sur tous les tons, du plus
    doucereux au plus insultant – « n’ont plus confiance dans leur justice ». Cette
    confiance, disons-le, n’a jamais été acquise. Mais comment pourrait-il en être
    autrement ? Non, en effet, notre justice n’est pas réellement indépendante ;
    non, elle n’est pas vraiment en mesure de protéger les libertés individuelles ;
    non, elle n’est pas pleinement respectueuse de ses usagers. Nous l’avons
    constaté et dit bien avant vous, mais en travaillant à améliorer la situation,
    non à l’aggraver et à tirer parti de cette aggravation comme vous n’avez
    cessé de le faire.
    Avez-vous rapproché la justice du peuple en supprimant 401 juridictions (pour
    n’en créer que 14), dont près de la moitié des tribunaux d’instance, dans le
    cadre d’une « réforme » de la carte judiciaire qui tient davantage du saccage ?
    Avez-vous rapproché la justice du peuple en instaurant une taxe de 35 euros
    en première instance et de 150 euros en appel dans la plupart des procédures
    civiles, commerciales, prud’homales, sociales, rurales et administratives ?
    Avez-vous rapproché la justice du peuple en réduisant dans des proportions
    inédites les recrutements de magistrats et de fonctionnaires des services
    judiciaires, de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la
    jeunesse ? Avez-vous rapproché la justice du peuple en coupant dans les
    crédits affectés à la rémunération des assistants de justice, interprètes,
    experts, enquêteurs sociaux, juges de proximité, vacataires, etc. ?
    Les conséquences de cette politique sont tangibles pour ce peuple dont vous
    vous prévalez : augmentation des délais d’instruction et de jugement,
    allongement des trajets, explosion de la durée des audiences, défense toujours
    plus inégalitaire, peines exécutées tardivement, mesures socio-éducatives
    ineffectives…
    5
    Vous parlez sans cesse et sans vergogne à la place des victimes, mais
    qu’avez-vous fait au juste pour elles ? Soutiendrez-vous avoir amélioré leur
    condition judiciaire en favorisant des procédures expéditives qui les
    empêchent d’exercer pleinement leurs droits, en leur retirant la possibilité de
    saisir directement le juge d’instruction, en sabrant les budgets des
    associations chargées de les assister ? Triste réalité : vous avez ravalé les
    victimes au rang d’un vulgaire slogan, vous en avez fait de la chair à
    communication politique. Elles méritent mieux, beaucoup mieux.
    Le 26 janvier, vous avez déclaré : « La justice est totalement et complètement
    [et entièrement ?] indépendante, j’ai veillé à ce qu’il en soit ainsi ». Etait-ce
    une plaisanterie ? Pensez-vous sérieusement faire oublier ainsi les pressions
    sur le Conseil supérieur de la magistrature, les nominations partisanes, les
    interventions dans les dossiers sensibles, les mutations-sanctions, les
    inspections-intimidations… ?
    Pensez-vous vraiment pouvoir annuler d’une phrase la nomination – quelques
    jours avant votre élection et contre l’avis du CSM – de votre ami Philippe
    Courroye à la tête du parquet de Nanterre, la conduite adoptée par celui-ci
    dans le dossier Bettencourt, les interventions de votre ami Patrick Ouart dans
    ce même dossier, les bons conseils téléphoniques de votre ami Brice Hortefeux
    à votre ami Thierry Gaubert dans l’affaire Karachi, le communiqué visiblement
    très informé de vos services dans cette même affaire, le comportement d’un
    certain parquet dans les dossiers Clearstream, des emplois fictifs de la mairie
    de Paris, du Mediator, des sondages de l’Elysée, de Tarnac, des policiers
    faussaires de Bobigny, du casino d’Uriage…?
    Pensez-vous réellement qu’il soit possible d’ensevelir sous des mots creux les
    poursuites honteuses que vous avez obtenues contre Renaud Van Ruymbeke –
    auquel vous vouez « une véritable haine » selon la presse –, les attaques
    répétées contre Isabelle Prévost-Desprez, les vexations infligées aux juges
    d’instruction Patrick Ramaël et Marc Trévidic, le sort réservé au juge des
    libertés et de la détention Xavier Lameyre, la purge opérée par votre ami Jean-
    Claude Magendie à la Cour d’appel de Paris, les ennuis faits à plusieurs anciens
    élus du SM et de l’USM au CSM ? Pensez-vous sincèrement pouvoir biffer de
    l’histoire la flagrante vassalisation des procureurs à laquelle nous avons assisté
    pendant votre règne : les atteintes portées à la liberté de parole à l’audience
    des magistrats du parquet (à Bobigny comme à Castres), les procureurs
    généraux tancés comme des mauvais élèves lorsque votre ministre Rachida
    Dati se proclamait leur « chef » et les prenait pour ses sbires, Marc Robert
    dégagé en surnombre à la Cour de cassation hors de toute procédure (et
    réintégré dans son poste par le Conseil d’Etat !), Jean-Claude Marin promu au
    plus haut poste du parquet après plusieurs années de très loyaux services
    6
    comme procureur de Paris, son remplacement par François Molins, le propre
    directeur de cabinet de votre garde des Sceaux… ?
    Avez-vous rapproché la justice du peuple en distillant ainsi le poison du
    soupçon, en donnant à voir une justice aux ordres, en accréditant l’idée que,
    décidément, la justice n’est pas la même selon que l’on est « puissant ou
    misérable » ?
    Mais s’il ne fallait retenir qu’une preuve de votre attachement viscéral à
    l’indépendance de la justice, ce serait sans doute votre volonté de supprimer
    le juge d’instruction pour donner les pleins pouvoirs à des procureurs sous
    votre coupe. Chacun sait ce qu’il en serait des affaires précitées – et de toutes
    celles qui sont susceptibles d’embarrasser ou de servir le pouvoir – en
    l’absence de magistrats véritablement indépendants pour les traiter… Chacun
    sait qu’ainsi le peuple aurait moins de raisons encore d’avoir confiance en sa
    justice.
    Enfin, bien sûr, il y eut la loi. Cette loi dont vous avez tenu à souligner
    l’importance le 3 mars dernier à Bordeaux – « la République, c’est l’autorité de
    la loi, la loi comme expression de la volonté générale » – et que vous n’avez
    pourtant cessé de dégrader pendant dix ans : en lui préférant le contrat en
    droit du travail, en l’utilisant comme support marketing sur le terrain pénal à la
    faveur de telle affaire tragique ou de tel fait divers, en la faisant remanier dans
    des proportions inédites et sans concertation pour entretenir l’illusion de votre
    activisme ou complaire à tel groupe de pression, jusqu’à la rendre illisible ou
    inapplicable (qu’on se souvienne de la loi sur l’inceste !), en refusant d’ailleurs
    parfois ouvertement de l’appliquer – comme celle du 5 mars 2007 sur la
    collégialité de l’instruction, votée à l’unanimité et restée lettre morte. Cette
    loi, surtout, que vous avez dépouillée de sa fonction essentielle de protection
    des droits de nos concitoyens ; quitte, souvent, à violer la Constitution. Cette
    loi, finalement, que vous avez passé le plus clair de votre temps à obscurcir.
    Au fond, vous avez fait croire aux Français qu’en sacrifiant une partie de leurs
    droits, ils seraient enfin « en sécurité ». Outre qu’un tel sacrifice est
    inacceptable en démocratie, nous avions de bonnes raisons de penser hier et
    nous savons aujourd’hui qu’il n’aura servi à rien. Qui peut croire en effet que
    les dizaines de lois régressives qui ont été votées depuis 2002 et dont vous
    êtes l’inspirateur revendiqué ont en quoi que ce soit fait reculer cette
    « insécurité » et ce « sentiment d’insécurité » que vous aviez promis
    d’éradiquer au lendemain du 21 avril 2002 ?
    Ce faisant également, vous avez alimenté la défiance à l’égard de la justice.
    Non seulement parce que vous l’avez constamment et mensongèrement
    accusée de « laxisme », avec la légitimité et l’autorité qui étaient la vôtre, mais
    7
    aussi parce que vous l’avez transformée en machine de guerre contre
    certaines catégories de la population qui la perçoivent selon une image
    négative inversée. Injuste aux yeux de tous ou presque, la justice au prisme du
    mirage sécuritaire est devenue un mauvais objet – ce qui vous arrange sans
    doute, mais pas la République.
    C’est pour l’ensemble de ces raisons, Monsieur le candidat, et tant d’autres
    qu’il serait trop long de détailler ici, que nous avons décidé en conscience
    d’appeler à voter contre vous au second tour de l’élection présidentielle. Ce
    n’est pas anodin, nous en sommes parfaitement conscients. Nous ne l’avons
    pas fait parce que vous êtes de droite, encore moins parce que nous serions
    affiliés à tel ou tel parti politique (notre totale indépendance n’est plus à
    démontrer, si toutefois les démonstrations sont de quelque utilité face aux
    procès en sorcellerie de ceux que cette indépendance dérange), mais parce
    que nous sommes conséquents : cela fait dix ans que nous dénonçons la
    particulière nocivité de votre politique pour la justice et les libertés dans ce
    pays, nous n’avons pas l’habitude d’avancer masqués, nous avions déjà appelé
    à voter contre vous en 2007 et nous avons davantage encore de raisons de le
    faire en 2012, votre bilan s’étant considérablement alourdi.
    Au demeurant, notre « devoir de réserve » ne nous l’interdit en rien
    contrairement à ce qu’affirme votre porte-parole « outrée », avec une
    mauvaise foi et une agressivité qui défient toute concurrence. Les magistrats
    sont des citoyens, ne vous en déplaise. Et rien n’interdit à un syndicat de
    prendre position à l’occasion d’une échéance qui, de fait, est lourde d’enjeux
    pour les principes et les intérêts qu’il défend. Ou alors, nous vous remercions
    de faire engager à notre encontre les poursuites qui s’imposent.
    Nous voulions par ailleurs vous ôter d’un doute : les tombereaux d’insultes et
    de menaces que nous recevons depuis quelques jours via des courriels-types
    envoyés par de courageux soutiens – souvent anonymes – de l’UMP, de
    l’Institut pour la Justice et du Front National, ne nous impressionnent en rien.
    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le candidat, l’expression de nos
    salutations déterminées.
    Pour le Syndicat de la magistrature,
    Matthieu Bonduelle, président

  • Pablo

    Encore un qui s’engraisse (!) sur le dos de la France, qui est utilise par les Lafleur et compagnie… une perte de temps, d’energie, imagine un peu le Caillou gouverné par ce mec la!