Philippe Gomès a été condamné hier à cinq mois de prison avec sursis et deux millions d’amende dans l’affaire dite « des climatiseurs de Goro ». Sans surprise, il va faire appel de cette décision car pour lui, c’est une question d’honneur. Une décision qui tombe bien mal pour le leader de Calédonie Ensemble en pleine campagne pour les Législatives et comme je l’avais indiqué dans mon précédent billet, c’est à se demander si tout cela n’est pas orchestré pour faire très mal au plus grand contradicteur de la coalition en place. Bref, quoi qu’on en pense, pour l’heure, l’ancien président de la province Sud a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêt. Cependant, le tribunal a laissé sur le bord du chemin les poursuites d’abus de biens sociaux ce qui reste une bonne nouvelle en soit pour sa compagne de l’époque qui a été relaxée du chef d’accusation de recel d’abus de biens sociaux. Rappelons que dans cette histoire comme NC1ère le souligne: Il lui était reproché d’avoir été actionnaire majoritaire d’une société de climatiseurs, Spot, qui avait obtenu en 2005 et 2006 des marchés avec un sous-traitant de la compagnie minière Goro Nickel, aujourd’hui filiale du géant brésilien Vale. Ces contrats représentaient environ 125 millions CFP (1 million d’euros). Or, à cette époque, Philippe Gomes, leader du parti Calédonie Ensemble et candidat aux législatives de juin prochain, était président de la Province sud, où se trouve Nouméa, et avait à ce titre accordé des autorisations administratives à l’industriel.
Cependant, cette affaire n’empêche pas Philippe Gomès de faire campagne !!!!
ici, des images du dernier Congrès Calédonie Ensemble
REACTION DE PHILIPPE GOMES SUR SON SITE INTERNET
Le 26 avril 2006, le comité Rebu Nuu déposait plainte contre moi, au motif que la société dont j’étais alors actionnaire (Spot) avait conclu, avec Goro-Nickel, deux marchés concernant la pose de climatiseurs sur sa base-vie.
Au cours des 6 années de procédure, à deux moments distincts, 2 juges d’instruction (M. Ludovic Friat et M. Serge Durand), après avoir entendu des dizaines d’acteurs du dossier, ont décidé de ne pas me mettre en examen, c’est-à-dire ont considéré qu’il n’existait pas d’éléments « graves et concordants » permettant de considérer que j’avais commis un délit.
Ces deux magistrats – indépendants et expérimentés – ont pris cette décision « en leur intime conviction ». Le second, M. Serge Durand, a même rendu, le 26 octobre 2009, du fait de l’insistance du procureur, une « ordonnance de refus de mise en examen de M. Gomès, des chefs requis par Monsieur le Procureur de la République. »
Si ces deux professionnels du droit ont décidé, successivement, en leur âme et conscience, que les éléments constitutifs du délit qui m’était reproché n’étaient pas réunis, pour quelle raison le tribunal correctionnel vient-il d’en décider autrement ? Comment notre société pourrait-elle accepter qu’un même fait soit condamnable aux yeux de certains juges, alors qu’il ne l’est pas aux yeux de certains autres ?
Où est le droit et la justice, lorsque trois instances différentes (2 juges d’instruction et le tribunal correctionnel) prennent sur une même affaire, au vu des mêmes éléments, des décisions totalement opposées ?
Chacun, en l’espèce, sera juge.
En tout état de cause, j’ai décidé de faire appel du jugement. Il en va de mon honneur. Il en va aussi d’une certaine idée de la justice de mon pays.
Philippe GOMES






