Le redressement des comptes de la Province Sud était chose difficile et ne s’est pas fait tout seul. Cependant chacun a pu constater que les comptes de l’année 2011 étaient à nouveau excédentaires et que la situation s’était bien améliorée depuis le changement d’équipe en 2009. Maintenant, si l’on regarde le résultat des élections législatives, on peut se poser la question de savoir si ces efforts indispensables, de rigueur et de redressement ont bien été appréciés à leur juste valeur par les électeurs ?
Je pense à cet instant à la devise de la Royal Air Force, et de ses homologues australienne et canadienne : « Per ardua ad astra ». Cela veut dire « A travers les épreuves, vers les étoiles ». Eh bien, il semblerait qu’ici, en politique tout au moins, cela fonctionne à l’envers et que ce soit la facilité qui conduise à la félicité !
Le résultat des élections législatives semble montrer en effet que les Calédoniens ont choisi de suivre ceux qui leur proposaient la voie de la facilité. « Par la facilité, vers les étoiles ! ». Je m’explique :
Dire oui est facile, mais il est difficile de dire non !
Il est facile de dépenser, mais il est plus difficile d’épargner !
Il est facile d’accorder des subventions, mais il est difficile d’en refuser !
Il est facile de créer des postes, mais il est plus difficile de ne pas le faire !
Il est facile de financer des largesses quand les recettes augmentent, mais il est difficile de s’en sortir lorsqu’elles diminuent !
Il est si facile de critiquer ceux qui tendent la main vers l’autre alors qu’il est si difficile de faire le geste soi-même !
Puis il est facile de ranimer le feu qui couve sous la cendre et si difficile parfois de l’éteindre !
Il est si facile de détruire ce que d’autres ont tant peiné à construire.
Je pourrais continuer ainsi longtemps et opposer la facilité du succès à court terme à la difficulté de faire partager une vision à long terme… chacun aura compris à quoi je pense en prononçant ces paroles. Il y a des angles d’attaque trop faciles que des élus responsables devraient s’interdire !
Mais pour revenir à l’origine de cette réflexion, il était difficile de redresser la situation de la province… et les actions de l’exécutif ont porté leurs fruits, il fallait limiter les dépenses, fonctionner sans aucune création de postes nouveaux, et cela a permis de retrouver une capacité d’autofinancement et donc une capacité à emprunter…
A la légèreté et à la facilité, je préfère le sérieux de l’engagement et la responsabilité du choix. Comme le disait ce philosophe danois du 19ème siècle : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui doit être notre chemin ».
DIDIER LEROUX
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