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Calédosphère

La colonne cérébrale de Franck

Mais à quoi sert donc le « machin » de l’Université de la Nouvelle-Calédonie ?

Le journal télévisé de NC 1° du mardi 6 février a été une fois de plus la preuve d’une immense capacité d’analyse et de recherche de la part de nos chers journalistes du Mont Couffin (et ce n’est pas une coquille…). En effet, il a été abordé le sujet de la rentrée à l’Université de la Nouvelle-Calédonie, à l’occasion de sa 30° bougie, sous l’angle « Chouette, c’est super on a plus de 3000 étudiants », « Magnifique il y a l’option anglais/japonais en LEA », et « Splendide une antenne dans le Nord ».

A aucun moment n’ont été évoqués deux points clés concernant l’université de la Nouvelle-Calédonie, à savoir :

  • Remplit-elle sa principale mission ?
  • Devons-nous la transférer à la Nouvelle-Calédonie comme le permet l’Art. 27 de la LO du 19 mars 1999 ?

La première mission de l’UNC est sans conteste de permettre aux étudiants calédoniens d’obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur afin de s’insérer professionnellement. Elle est censée contribuer à la formation de cette élite intellectuelle calédonienne qui nous fait tant défaut. Or le taux de réussite des étudiants de l’UNC est catastrophique.
En 2015 le taux de réussite en licence sur 3 ans était de 13 % (Source : Note Flash du MESESR), faisant de la Nouvelle-Calédonie l’une des dernières universités françaises (72° sur les 75 existantes). Aussi nos chers journalistes auraient dû dire que sur ces 3000 étudiants environ seulement 390 risquent d’avoir leur licence au bout de 3 ans… C’est sûr que là du coup c’est moins « funny », même si c’est la réalité.

L’Université de la Nouvelle-Calédonie aura beau indiquer que ces chiffres sont dus à un grand nombre de bacs professionnels, ou aux départs d’étudiants pour la rentrée métropolitaine de septembre, ce n’est absolument pas suffisant pour justifier ces chiffres calamiteux. En effet, en France il y a également de grandes déperditions en première année puisque 31 % des étudiants inscrits en L1 renoncent dès cette première année et que seuls 8 % des bacheliers professionnels parviennent en L2 après un ou deux ans en L1 (Source). Nous sommes également parmi les derniers uniquement en terme de réussite en 3° année de licence, et là on ne peut invoquer la rentrée de septembre en métropole ou encore les bac pros qui sont quasiment inexistants.

Ainsi le taux moyen de réussite en licence des universités françaises est de 28% et celui de l’Université de la Nouvelle-Calédonie de 13%, soit plus de deux fois moins.

Le taux de réussite des étudiants calédoniens (près de 2400) dans les filières post-bac hors université (BTS, EGC et CCI) sont quant à eux largement meilleurs, preuve que le problème ne vient pas forcément des étudiants. On peut légitimement se demander : L’UNC est-elle une université pour les étudiants ou bien pour les enseignants ?

Si l’UNC veut réellement améliorer sa réussite il va falloir cesser de se chercher des excuses et se remettre davantage en question. S’il est nécessaire d’interroger la motivation des étudiants cela passe aussi par des interrogations sur son modèle pédagogique et notamment la qualité des enseignements dispensés, des enseignants recrutés ou encore du modèle de gouvernance.

Il serait également intéressant d’avoir un point sur la question de la « calédonisation » des postes d’enseignant-chercheurs. Depuis 30 ans il y a bien des calédoniens qui ont eu des doctorats et qui se sont dirigés vers l’enseignement-recherche. L’université de la Nouvelle-Calédonie leur laisse-t-elle leur chance ? Les récentes « difficultés » rencontrées au sein du département de droit, suite notamment au décès de Guy Agniel, seraient à ce titre très instructrices.

A l’aube d’un possible transfert de l’UNC à la Nouvelle-Calédonie il était intéressant de savoir si l’établissement était remonté dans le classement des universités. Le constat est que nous avons disparu des statistiques du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche alors qu’à titre d’exemple la Polynésie Française y figure toujours.

LIEN 1

LIEN 2

On pourrait se demander s’il n’y a pas eu une demande expresse, au regard du classement récurrent de l’UNC en bas de tableau, et de son possible transfert, de supprimer les données la concernant. En effet, serait-il judicieux, et porteur politiquement, de transférer à la Nouvelle-Calédonie un établissement très coûteux, dans les derniers de la classe et qui n’arrive pas à améliorer la réussite de ses étudiants ?

Si l’université a bénéficié ces dernières années de financements conséquents pour la construction de bâtiments et l’ouverture de filières on ne peut que faire le constat de son insuffisance à construire les Hommes. Comme l’avait signifié très justement il y a quelques années l’ancien vice-recteur Michel BARRAT à l’attention du président de l’université de l’époque « Il est plus facile de construire des bâtiments que des temples humains ».

L’autre point qu’auraient pu évoquer les journalistes tient à la possibilité de transférer l’UNC à la Nouvelle-Calédonie. En effet l’article 27 de la LO de 1999 dispose que « le congrès peut, à partir du début de son mandat commençant en 2009, adopter une résolution tendant à ce que lui soient transférées, par une loi organique ultérieure, les compétences suivantes :

– règles relatives à l’administration des provinces, des communes et de leurs établissements publics, contrôle de légalité des provinces, des communes et de leurs établissements publics, régime comptable et financier des collectivités publiques et de leurs établissements publics ;

– enseignement supérieur ;

– communication audiovisuelle ».

Le Conseil d’Etat, saisi sur la question de ce transfert, a d’ailleurs donné son avis. Ses conclusions ne peuvent d’ailleurs que nous pousser à la réflexion. Il rappelle qu’en cas de transfert certains principes constitutionnels resteront en vigueur :

  • Principe d’égalité d’accès au service public de l’enseignement,
  • Principe de laïcité,
  • Principe de gratuité pour les enseignements supérieurs dispensés dans les établissements de l’enseignement secondaire,
  • La liberté de l’enseignement,
  • L’indépendance des professeurs d’université et celle des enseignants chercheurs.

Notons qu’en cas d’indépendance ces principes ne seront pas forcément garantis.

Le Conseil d’Etat rappelle qu’en cas de transfert l’université deviendrait un établissement public de la Nouvelle-Calédonie et ne « représenterait plus une université au sens du code de l’éducation ». Cette perte de statut amènerait à de nombreuses difficultés juridiques.

  • L’UNC pourrait ainsi très bien perdre son statut d’autonomie vu que ce n’est pas un principe constitutionnel,
  • C’est le Haut-Commissaire qui devrait assurer son contrôle budgétaire et de légalité,
  • La Nouvelle-Calédonie devrait créer également ses propres écoles de professorat et l’IUT (récemment créé) se verrait également dissout suite à la perte de son statut d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP),
  • L’UNC ne pourrait alors délivrer que des diplômes qui lui sont propres, ne pouvant s’en prévaloir au niveau national. Nous aurions du coup réellement droit non pas au bac cocotier mais à la licence et au master cocotier, sauf à s’associer à un autre EPSCP !

Ben voyons, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

Je laisse tout un chacun réfléchir sur la base de ces éléments, à la question du transfert de l’enseignement supérieur, et de l’UNC, à la Nouvelle-Calédonie. Comme l’aurait dit prosaïquement De Gaulle, à quoi bon transférer « le machin » ? Est-ce que cela améliorera le taux de réussite ? Rien n’est moins sûr, cela pourrait même être l’inverse.

Quant aux journalistes de NC1° il faut rappeler qu’ils sont les suivants de liste sur l’article 27. Peut-être qu’ils se sentiront un peu plus concernés par la thématique et que le sujet sera mieux traité ? Ou pas…

Bébert de WALPOLE

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Créateur le 18 octobre 2006 du blog Calédosphère, Franck Thériaux est papa à temps plein d'une petite fille née le 1er Juin 2012. Selon son entourage, il passe beaucoup trop de temps sur internet… Membre émérite de la rédaction, il vit aujourd'hui en métropole après 23 belles années passées sur le Caillou. Il est en contact quotidien avec l’équipe et continue à participer à la vie de son « bébé numérique »



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253 Commentaires sur "Mais à quoi sert donc le « machin » de l’Université de la Nouvelle-Calédonie ?"

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Jibene

Une question : Concernant les étudiants partis poursuivre leurs études en Métropole, quel est le pourcentage de ceux qui reviennent diplômés ?

Jibene : “quel est le pourcentage de ceux qui reviennent diplômés ?”

Et parmi ceux qui obtiennent un diplôme “sérieux” (avocat, médecin, ingénieur), quelle est la proportion de ceux qui reviennent rapidement (moins de cinq ans : une spécialisation, une première expérience, etc.) ?

“Au fait, t’en penses quoi, du “bricolage” de l’escadrille ?”

Ça va se régler par une interdiction de vol plus ou moins longue dans l’espace aérien de calédosphère.
D’ailleurs sa VHF n’émet plus depuis 19 h 07… Imagine sa frustration ! Elle pourrait bien exploser en vol, mais en silence pour nous, pour une fois.
Car la bougresse a persisté (moins vulgairement quand même) et signé.

A moins que tu ne fasses allusion à ce “bricolage”-ci ? :
http://www.liberation.fr/debats/2018/02/13/sanaa-el-aji-au-maroc-l-imperatif-de-la-virginite-des-filles-conduit-a-du-bricolage-sexuel_1629462

Inforétif : “A moins que tu ne fasses allusion à ce “bricolage”-ci ?”

Meuh non, comment un vieux loup de mer anglophone comme toi peut-il ne pas connaître la “formule” ?
http://h7.alamy.com/comp/E8EN2R/hand-job-nails-spa-castro-street-san-francisco-E8EN2R.jpg

Faut tout leur expliquer, aux jeunots.
Et pour plus d’infos, ajoute “tips” à ta recherche.

doublon

Yvan La Méche

VIVE L ECOLE POPULAIRE KANAC !HUN ??? ……certain m’auront compris.

kaya

Alikantitra essaie pas de comprendre t’es pas d’ici et tu t’intègres pas parmi nous alors tes remarques et tes commentaires à deux balles garde les pour toi car là tu fais honte à tes semblables en provenance de ton pays qu’est si bien la Zoreillie, donc si tu veux que ce soit pareil que la bas ben t’as juste à prendre un billet et retourner chez toi même si je pense que t’es déjà la bas pour parler ainsi de chez les nouz’aut you anderstand what i mean see you later

kaya : “Alikantitra essaie pas de comprendre…tes remarques et tes commentaires à deux balles garde les pour toi” Tant que la France assurera un minimum de respect de la liberté de parole sur le territoire, je continuerais à donner mon point de vue. “t’as juste à prendre un billet et retourner chez toi” Sans vouloir trop me répéter, je suis ici chez moi, et c’est mon gouvernement qui empêche ce pays de couler. “you anderstand what i mean see you later” Je constate sans surprise que dans l’escadrille Kolere, la langue de travail est l’anglais (du moins les quelques mots… Lire la suite »

“langue de travail est l’anglais (du moins les quelques mots qu’on en apprend en 6ème). ”

Oui mais ça ne nous dit pas si le tailor de Kolere is rich ou pas, c’est frustrant.
Quant à anderstand, c’est carrément du bichelamar, didon !

Inforétif : “Quant à anderstand, c’est carrément du bichelamar, didon !”

Ouais, ce jargon, c’est vraiment du bricolage de débutantes.

It is bad hand job they are performing, these Kolere’s sisters.

“Ouais, ce jargon, c’est vraiment du bricolage de débutantes.”

Tu n’imagines pas comme ça a été dur de remonter jusque là, vu le bazar pour retrouver les posts depuis quelques semaines : un vrai bricolage, calédosphère, mais là en tout mal tout honneur.

Inforétif : “Tu n’imagines pas comme ça a été dur de remonter jusque là”

Et tu dis quoi de l’adresse à Frisco ?

“Et tu dis quoi de l’adresse à Frisco ?”

Je ne me souviens pas d’y être allé, sinon j’aurais forcément aussi le souvenir de t’avoir déjà vu, ce qui n’est point le cas …

ditou

kaya
“en provenance de ton pays ”
Qui est aussi le tiens, vu que tu es française.

“je pense que t’es déjà la bas pour parler ainsi de chez les nouz’aut ”

Et pendant ce temps-là,
chez les nouz’aut,
le peuple (?) kanak
se fout sur la gueule :

http://www.lnc.nc/article/pays/faits-divers/a-n-de-bagarre-generale-et-gendarmes-caillasses

Quelll borrrrdelll !

Inforétif : “Et pendant ce temps-là, chez les nouz’aut, le peuple (?) kanak se fout sur la gueule”

Il y a quinze jours, j’ai pris cette route qui traverse la tribu de N’dé pour aller à Naïa, Timbia, etc.

Une tribu si sympathique et des lotissements “de luxe”.
Manquerait plus qu’ils la jouent façon Saint Louis.

“Manquerait plus qu’ils la jouent façon Saint Louis.” Je ne vois pas ce qu’il manque à cette tribu (et à beaucoup d’autres en NC), parfaitement située et dotée : chasse, pêche et traditions, bonne terre arable, travail rémunéré non déclaré à gogo chez leurs voisins des marinas, suffisamment éloignées cependant pour que le colonisateur leur fiche une paix royale. Et bourses généreuses, logés nourris blanchis (je parle des vêtements) pour leurs enfants qui voudraient réellement se former au lycée du Grand-Nouméa puis à la fac à une demi-heure de bus. Mais pour Melchisedek, tout cela est secondaire (comme si 160… Lire la suite »
obelix

kaya, arrêtes donc ta xenophobie de bas étage; tes propos sont minables, à la limite du racisme anti-français

ditou

Cette année en métropole c’est fini le bac de rattrapage.
On facilite tout à notre époque.
https://www.capital.fr/votre-carriere/grand-oral-fin-des-filieres-du-rattrapage-ce-que-prevoit-la-reforme-du-bac-1267709

“fini le bac de rattrapage.
On facilite tout ”

Au contraire, ditou : si on supprime une possibilité de rattrapage, on rend plus difficile l’obtention du bac, non ?
(pas lu l’article, grosse flemme)

ditou

Inforétif
Non puisqu’à la place du rattrapage il font appellent au dossier scolaire.
Chose facile à truquer que ce soit les notes ou appréciations. Je sens déjà les gonflages de notes .

“Non puisqu’à la place du rattrapage il font appellent au dossier scolaire.”

En effet. Manifestement le but est de finir de transformer cet examen couteux en une simple formalité, et à terme de le supprimer pour arriver à 100 % de contrôle continu dans l’accès à l’enseignement supérieur.

ditou

Inforétif
Oui c’est ça, le bac ne vaudra pas plus que le brève des collèges et le certificat de scolarité qui a disparu.
Ce qui veut dire pour avoir un vrai diplôme dans le futur il faudra aller au delà du lycée.

Inforétif : “pour arriver à 100 % de contrôle continu dans l’accès à l’enseignement supérieur”

Et à 100% de réussite en 1ère année à la fac ?

“Et à 100% de réussite en 1ère année à la fac ?”

J’ai des doutes…
Mais le bac étant déjà une passoire, les résultats en fin de 1° année du supérieur si on le supprime ne seront pas beaucoup plus mauvais qu’aujourd’hui.

ditou

Quand je pense qu’il y a eu des histoires à cause du voile à l’école. On en voit plus le bout de ces histoires.
Maintenant c’est le voile dans the voice qui fait polémique. Pauvre fille, elle qui avait si bien chanté. Et surtout si jolie, mais bon elle aurait dû s’empêcher de dire qu’elle était Syrienne.
Du coup ça a jeté un froid.
On a pas ce genre de problème en Calédonie. En tous cas j’en entend jamais parler ni dans les écoles ni ailleurs. Comme quoi c’est bien la Calédonie.

http://www.atlantico.fr/decryptage/mennel-ibtissem-et-defenseurs-indefendables-contre-obsedes-islam-duel-identitaires-contre-identitaires-dans-lequel-france-est-en-3304521.html

vince

Bonjour, c’est pas son identité qui jettes un froid, c’est le fait qu’elle a qualifier l’état français de terroristes pendant les attentats de Nîmes…

ditou

vince
Merci, j’ai loupé ce passage.

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