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Léoni et Cornaille : il frappe ses parents, elle viole la loi…

Candidats aux élections provinciales pour « renouveler la classe politique », Edouard Léoni et Martine Cornaille vont avoir fort à faire pour séduire les électeurs. Alors que le premier a plusieurs fois été condamné pour des faits de violences, notamment sur ses parents grabataires, la seconde enfreint le code électoral concernant le financement de sa campagne. Bricolo et Bricolette en route pour les élections ?

Si le qualificatif de « petits candidats » peut parfois être utilisé dans les médias de façon dénigrante pour dénommer celles et ceux qui, jamais élus, affichent pour ambition de redonner du sens à la vie politique locale, il correspond néanmoins assez bien à deux des figures locales, plus ou moins connues, qui vont bientôt tenter de séduire les Calédoniens. Pas tous naturellement, puisque ces « petits candidats » ont déjà fait savoir qu’ils ne se présenteront que là où ils habitent et là où ils ont le plus de chance de récolter des voix : c’est-à-dire en province Sud. Ainsi, à la tête de deux groupuscules créés pour l’occasion (la Calédonie Nouvelle et Réunie (CNR) et l’Alliance Citoyenne Pour la Transition Démocratique, Ecologique et Solidaire, ACT), Edouard Léoni et Martine Cornaille affichent leurs intentions : ils entendent réunir tous les Calédoniens autour d’eux et répondre aux nombreux défis que doit relever la Nouvelle-Calédonie. Malheureusement pour eux, leur passé et le décalage entre leurs actes et leurs paroles ne plaident pas franchement en leur faveur. Revue d’étape.

Edouard Léoni condamné pour avoir tabassé ses parents

Président autoproclamé de son mouvement, Edouard Léoni était jusqu’alors un de ses obscurs apparatchiks du monde politique local, inconnu du grand public et naviguant au gré des élections et de ses intérêts. Recruté naguère par la province Sud, le fonctionnaire s’était déjà fait remarquer fin 2008, lors du pot de fin d’année offert aux agents de la collectivité. Complètement ivre, celui qui aime à se présenter comme un « économiste » avait alors insulté, frappé et jeté à terre un collègue à lui, à une heure avancée de la soirée sous les yeux interloqués des invités présents dans la salle de réception de la province. L’incident avait à l’époque provoqué une procédure disciplinaire et finalement entrainé sa mise à pied début 2009, quelques semaines avant les élections provinciales. Voyant son avenir compromis du côté de Calédonie Ensemble et ne trouvant pas de place au Rassemblement-UMP, Edouard Léoni s’était alors rapproché de feu Jacques Lafleur qui l’avait positionné sur sa liste. Mais suite aux élections, l’ancien député avait refusé de recruter le sieur Léoni comme collaborateur. Pas content, Edouard Léoni s’était alors offert aux indépendantistes qui l’avaient placé au cabinet de Yann Devillers, membre UC du gouvernement. Proche de feu Charlie Pidjot, le futur candidat aux provinciales est ainsi passé du camp loyaliste au camp indépendantiste en trois semaines top-chrono. Renvoyé du gouvernement après les élections de 2014, Edouard Léoni a ensuite demandé une aide financière au territoire afin de finir sa thèse sur l’autonomie financière de la Nouvelle-Calédonie (il lui a fallu dix ans pour la faire valider par l’université de Clermont-Ferrand). Vivant très mal son échec au sein des institutions, l’homme a recommencé à boire plus que de raison et s’est malheureusement livré à d’autres accès de violence. C’est ainsi qu’en 2015, il a frappé un septuagénaire : son propre père… Des faits qui se sont répétés un an plus tard lorsque cette fois-ci, en décembre 2016, Edouard Léoni a frappé son père mais aussi sa mère grabataire. Ces faits ayant été depuis jugé par le tribunal de Nouméa, le président de la CNR a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour « violence sur personne vulnérable » et à verser des dommages et intérêts à ses deux parents. Une condamnation qui n’empêche pas cet individu de déclarer que les Calédoniens ne doivent plus « voter pour des mis en examen, des gaspilleurs et des mauvais négociateurs » :

Reste à savoir si malgré ce comportement de cogneur et ses antécédents judiciaires, Edouard Léoni réussira à convaincre des électeurs de lui faire confiance. L’avantage étant qu’avec un tel personnage, on pourra peut-être demain organiser des séances du congrès en direct des cellules de garde à vue du commissariat, notamment si de l’alcool est présent lors des débats budgétaires…

Martine Cornaille en toute impunité

Dans un tout autre genre, la très médiatique présidente de EPLP s’est, elle aussi, lancée en politique et a fait savoir qu’elle sera candidate aux provinciales. En effet, son parcours censé être au service de l’écologie associative a été marqué par deux déceptions lors de cette mandature : sa non-élection à la tête du Conseil Economique et Social et la condamnation de son mari Thierry Cornaille pour délit d’ingérence. En effet, en juillet 2016, sous le coup d’une enquête de la brigade financière de la police nationale et face à un possible scandale, le mari de Martine Cornaille avait dû démissionner de son poste de membre du gouvernement en charge du budget. L’ancien président de la SIC avait en effet décidé de multiplier par dix le montant de la subvention dévolue à l’association EPLP, dirigée par sa femme (la passant de 500.000 F à 5.000.000 F) et avait participé et défendu la mesure lors d’une séance du gouvernement, ce que la loi interdit formellement. Cette affaire, mal vécue par Martine Cornaille qui estimait sa subvention méritée et même insuffisante, l’a alors fait entrer dans l’opposition systématique à tous les partis politiques existants. Et c’est donc fort des moyens et de l’audience de son association que sa présidente a récemment fait connaitre ses intentions :

« On a constitué un groupe de réflexion qui a estimé qu’eu égard à l’urgence et à la gravité de la situation, non seulement calédonienne mais aussi mondiale, il fallait préparer la résilience* (Martine CORNAILLE, 05/02/19 ; sources : RRB) »

L’objectif affiché par l’Alliance Citoyenne Pour la Transition Démocratique, Ecologique et Solidaire, (ACT) étant de sauver la Calédonie, mais aussi le monde de « la catastrophe écologique qui se prépare ». Elue par elle-même présidente de son nouveau parti, Martine Cornaille a donc récemment lancé une page Facebook officielle pour faire connaitre son programme. Mais alors que la loi encadrant le financement des campagnes électorales est très précise et que, dans notre République, la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP) diffuse et fait connaitre l’ensemble des règles à respecter par tous les candidats, Martine Cornaille utilise les fonds de son association pour « sponsoriser » ses diffusions et ses communiqués, ce qui est totalement interdit. En effet, selon l’article L 48-1 du code électoral, il est « interdit de recourir à des fins de propagande électorale à tout procédé de publicité commerciale par voie de presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle pendant les 6 mois précédent le premier jour de l’élection ». Une interdiction applicable à « tout message ayant le caractère de propagande électorale »  et donc aux réseaux sociaux, faute de quoi, la CNCCFP devra en cas de recours annuler l’élection du candidat ayant violé la loi mais aussi le condamner à l’inéligibilité. Mais Martine Cornaille semble bien mépriser ses quelques règles communes à tous comme en fait foi cette publication :

Sa campagne étant d’ores et déjà en dehors des clous légaux, les personnes présentes sur la liste de l’ACT ne pourront, quoi qu’il arrive, pas siéger dans les assemblées puisque leurs comptes de campagne ne seront pas validés, leur élection risquant d’être, in fine, invalidée suite à un quelconque recours. Par conséquent, toutes les voix portées sur cette liste seront bel et bien perdues. Ayant pourtant l’ambition de « tout changer », Martine Cornaille commence donc sa campagne en violant la loi, d’autant plus qu’elle le fait avec les fonds de son association, eux-mêmes vraisemblablement issus de subventions publiques octroyées par… son propre mari.

Il n’y a pas à dire, pour renouveler la classe politique, entre un cogneur et une fraudeuse, les Calédoniens ont vraiment trop de la chance !

* Le terme résilience n’est pas anodin puisqu’il décrit « le phénomène psychologique qui consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus, ou ne pas, avoir à vivre dans la dépression et se reconstruire ». Dès lors, faut-il croire que ce ne sont pas les Calédoniens qui ont besoin de résilience mais plutôt uniquement Martine Cornaille, laquelle aurait mal vécue son échec à gravir les échelons des institutions durant cette mandature? Car en cas d’état dépressif, un traitement psychiatrique et un peu de repos semblent peut-être plus indiqués qu’une campagne électorale semble-t-il déjà perdue d’avance.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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totor

J’ai fait un commentaire et je suis étonné qu’il ne soit pas encore publié. Quelque chose gênerait Calédosphère?

totor

Je trouve votre attente de modérationun peu longue à venir et je me demande si ce n’est pas tout simplement de la censure!

totor

Je vous ai écrit que je vous soupçonnais de censure et vous avez aussitôt effacé ce que j’avais écrit en attente . Donc c’est bien de la censure.

Eliot Nenesse

Depuis plusieurs semaines il s’en passe des choses dans l’actualité politique, économique et en vue des élections provinciales mais il ne se passe plus rien sur Caledosphere on se demande pourquoi.

LedZep
LedZep

Ce dimanche à l’occasion d’un entretien de RRB avec Martine Cornaille, Après Martine en colère (contre les écolos de pacotille locaux) désormais Martine en “pétard”. La parole était claire, compréhensible donc Martine avait tout son esprit et n’était donc pas apparemment sous l’emprise d’un « pétard » dont elle souhaite désormais légaliser l’usage. Dans un premier temps, à usage thérapeutique. Pourquoi pas, d’autres pays l’ont fait. Pour ce qui est de chez nous, c’est déjà en pratique, il n’y a qu’à se déplacer dans le hall (de gare) d’accueil du Medipole pour s’en convaincre. Ça fleure bon plus une « certaine herbe » que… Lire la suite »

Eliot Nenesse

Ceux qui n’attendent plus rien de la politique mais ne demandent que la legalisation du cannabis voteront pour elle.
Qui sait peut-être que pleins de jeunes électeurs kanaks voteront pour sa liste.

LedZep
LedZep

@Eliot Nenesse
En ce moment, ce soir donc, rediffusion de l’entretien RRB vs Martine Cornaille. Donneuse de leçon, bientôt sa déclaration sur le Cannabis.

LedZep
LedZep

@Eliot Nenesse “Ceux qui n’attendent plus rien de la politique mais ne demandent que la légalisation du cannabis voteront pour elle.”. Martine et son Cannabis, en podcast sur RRB à l’adresse ci-après et plus particulièrement vers 27:20. https://www.rrb.nc/podcast/transparence-12-04-19 Je n’avais pas tout retenu, la première fois que j’avais entendu cet entretien mais cette fois-ci je l’ai écouté attentivement. Hallucinant (sans jeu de mots) ! En substance (encore sans jeu de mots) elle ne serait pas contre la légalisation de la culture du Cannabis en NC, à des fins thérapeutiques et récréatif sous réserve de sélectionner les plants pour qu’il ne… Lire la suite »

totor

Le discours de Martine Cornaille est particulièrement hypocrite et démagogue. Elle promet le bon heur brut! certes pour elle et ses petits copains. Tout d’abord elle dit qu’il ne faudra pas être élu plus de 2 fois. pourquoi 2 fois et pas une? Parce que si elle est élue, elle pourra être réélue et toucher à son départ une retraite de plus de 600 000cfp par mois.D’autre part son programme promet de suivre les idées de Chouard pour attribuer des sièges au hasard à des citoyens à la proportion des abstentionnistes. Mais pour constituer sa liste, elle ,la tête de… Lire la suite »

Sagamore

Article débile qui ne remonte pas CLDSPH…

louis
louis

Conduite à titre expérimental jusqu’en décembre, l’opération ne sera pérennisée que si les usagers sont au rendez-vous
L’arnaque est là, ils n’ y seront pas !!!!! par temps de pluie et petit clapots se serait l’enfer et personne ne veut tremper d’eau salée un vélo , a Saont Louis on leurs dira de ne bloquer que par super beau temps et calme plat !

paul
paul

intéressante la double page du journal de hier mardi, oser le dire indique une prise de conscience étonnante , et enfin un journal d’investigation un peu plus intéressant ! L’article sur la fuite des capitaux, pas si nuls les calédoniens, ils investissent ailleurs ( enfin, s’ils ne se laissent pas berner par les 10% en Thaïlande comme par les réseaux où il fallait mettre des sous dans un pot et puis on tirait au sort et ils auraient le bingo !!!) et ils attendent les aides métropolitaines et européennes, cet article est édulcoré sur la chute de l’immobilier de moyen… Lire la suite »

XYY
XYY

paul.
“une prise de conscience étonnante , et enfin un journal d’investigation un peu plus intéressant !” C’est de l’ironie, je suppose. Ce pseudo article n’est qu’un copier-coller sommaire d’une publication de l’IEOM
https://www.ieom.fr/IMG/pdf/balance_des_paiements_nouvelle-caledonie_2017.pdf
publications que l’IEOM publie inlassablement année après année mais qui visiblement n’intéressent que ceux qui veulent bien s’y intéresser (comme disait ce bon vieux La Palice)

Alikantitra

XYY : “Ce pseudo article n’est qu’un copier-coller sommaire d’une publication de l’IEOM”

Mais le fait qu’il soit publié dans le journal le plus lu du territoire lui donne un retentissement quasi-mondial (via le Net).

Les publications de l’IEOM !
Il faut au moins avoir investi 49 patates dans l’immobilier hors-territoire pour s’y intéresser (ou dans des actions ERAMET, ou dans les deux).

XYY
XYY

Alik.
“49 patates”. Il ne les valait pas il y a 10 ans. C’est pourquoi je ne parlais pas de valeur mais de cotation. Malgré mon activité de marchand de sommeil, l’immobilier restera, pour partie, un mystère pour moi. J’observe avec curiosité et intérêt le réajustement qui est en train de s’opérer.

marie-ange
marie-ange

Surtout au Mont Dore après un nième blocage a Saint Louis, le rajustement de la bulle immobilière est clair et net la bas !

paul
paul

le commun des mortels calédonien lit juste le journal, et encore, si ce n’ est pas trop long ! Journal qui la plus part du temps affadit et édulcore les affaires afin de ne pas mettre de l’huile sur les braises, d’accord avec vous, copié -collé, mais le faire, c’est déjà un énorme pas pour un journal qui ne parle que sport et danses à la maternelles

ditou
ditou

paul
Dis moi combien de pages à ce journal. Car moi, on m’a dit que c’est deux ou trois pas plus.
Est ce que l’on peut appeler ça un journal?.

Nogius
Nogius

On dirait que la future Kanaky ça n’inspire pas beaucoup de monde.

La chute de l’immobilier ils s’ en foutent eux c’est pas leur monde, tant que le cours de l’igname tient pas de quoi s’inquiéter.

Alikantitra

Nogius : “tant que le cours de l’igname tient pas de quoi s’inquiéter.”

Sauf si des importations massives du Vanuatu venaient casser les prix pour le plus grand bénéfice des quelques consommateurs n’ayant pas de producteurs dans leur environnement coutumier.

Voir le reportage dans le JT du 06/03 de NC 1ère sur la mise sous vide de tubercules surgelés dans une usine de Port Vila.

Inforétif

“Sauf si des importations massives du Vanuatu venaient casser les prix ”

Sois sans inquiétude sur ce point, Alik, tu connais comment le prix de vente au con sommateur finit par être judicieusement “réajusté” en NC, et, cerise sur le gâteau au manioc, avec la bonne conscience de ceux qui protègent assidûment la production lokale.

ditou
ditou

Beaucoup de concurrence cette année, pour les provinciales.
https://www.lnc.nc/breve/le-rocp-en-route-pour-les-provinciales

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