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Le boycott de l’UC

Davantage que la réélection du bureau et de Daniel Goa à la présidence du mouvement, c’est l’annonce de la non-participation de l’Union Calédonienne aux échéances électorales nationales qui aura fait l’actualité du congrès de Houaïlou. Décryptage…

Lors d’un congrès organisé en terre du nord et où les gens du sud semblaient absents (« Roch Wamytan est encore en voyage » dixit Daniel Goa), les militants ont été invités à se prononcer pour ou contre la participation de l’Union Calédonienne aux prochaines élections. Le Non aura été franc et massif. Est-il pour autant si étonnant que cela ?

Plutôt le référendum que les législatives

À Houaïlou, l’UC a fait le choix de l’impasse que l’on peut résumer ainsi : pas de participation, pas de candidat, pas de vote. Peut-être un peu trop hâtivement, les commentateurs ont mis en avant le « boycott » des échéances électorales nationales par l’Union Calédonienne, avec ses relents d’urnes brisées et de 1984 ! La stratégie officielle optée par l’UC pour expliquer cette non-participation, est de concentrer l’électorat indépendantiste en général et celui de l’UC en particulier, sur le référendum d’autodétermination. Ce qu’explique Gérard Régnier, reconduit dans ses fonctions de secrétaire général :

« À un an de la sortie de l’accord de Nouméa, notre travail prioritaire est bien de préparer au mieux l’accession du pays à la pleine souveraineté. La volonté de détachement de la France, ancrée et très forte à l’Union calédonienne, nous n’avons donc pas besoin d’aller à ces élections » (LNC-14 nov)

Et cela s’entend en effet : comment dire « Kanaky 2018 » et se présenter aux législatives ? L’UC estime vital de ne pas devoir s’épuiser dans une campagne électorale pour une élection « qui ne la concerne pas », au détriment du rendez-vous majeur de novembre 2018. Les militants de l’Union Calédonienne se cherchent une sorte de cohérence.

Ne pas désespérer l’UC

Pour autant, les raisons à cette non-participation sont sans doute autres. D’abord pour l’UC, ces échéances nationales, notamment les législatives, sont un piège en ce qu’elles permettraient aux uns et aux autres, quel que soit le résultat, de mesurer l’état des forces en présence et donc de faire le constat encore une fois qu’il n’y a pas de majorité pour l’indépendance. Auquel cas, à un an du référendum, l’UC ne veut pas prendre le risque d’une démobilisation et d’une démotivation de l’électorat indépendantiste… Le mieux est donc de faire comme si l’on n’était pas concerné et ainsi de ne pas désespérer les militants ! C’est aussi une vieille technique de l’UC que de créer l’incertitude autour d’un succédané de boycott qui ravive de vieux et pénibles souvenirs et le message passe bien auprès des militants. Et puis, au-delà de cela, l’hypothèse d’une candidature indépendantiste unique, notamment dans la 2ème circonscription, n’était pas évidente. Il se dit en effet que le leader du Palika, Paul Néaoutyine, plus du tout en phase avec ses camarades du FLNKS, aurait opposé une fin de non-recevoir aux sollicitations d’union.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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5 Commentaires sur "Le boycott de l’UC"

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XXX
Dans un communiqué, le haut-commissariat indique que les « gendarmes ont été pris pour cible (vendredi soir, NDLR) par une dizaine d’individus lourdement armés et qui ont fait feu à plusieurs reprises dans leur direction ». (Site des Nouvelles le 10/12 – 15h31) Nul doute que ces criminels en puissance utilisent, par un raccourci rapide, la cause indépendantiste pour légitimer leurs actes ; c’est le propre des voyous que de savoir se nourrir du contexte. Que des adolescents expriment leur révolte après la mort violente d’un de leurs pairs est classique, c’est ainsi de par le vaste monde, tout au… Lire la suite »
Clark

Entre l’UC de Goa et Wamytan, et le PT de LKU: les indépendantistes sont mal barrés… autant que les autres, avec la bande à Frogier, et les philippignolades.

ditou

De toutes évidence, il y a bien boycott, mais c’est sur cette article.
Deux malheureux commentaires.
Boycott réussi.

… 40 ans que certains de l’UC, du LR, du FN et autres
survivent et rentabilisent une “pro ou anti-Indépendance” obsolète !
Quelques uns s’envolent déjà bien gras vers la Goll’Coss’,
pendant que le pays se dégrade lentement (béton, CB, médias, culture…)

Le monde change, coagule, se globalise, chauffe… et surchauffe déjà !
Des peuples entiers émigrent, s’appauvrissent ou disparaissent.
A quand notre tour ? A quand une politique réellement visionnaire ?…

Un boycotte peut en cacher un autre.

Font rigoler à l’UC. ils déclarent publiquement ne pas vouloir participer à certains scrutins, mais en même temps ils ne confirment pas leur participation au référendum de 2018.

On sent que c’est une éventualité dans le grand domaine du “peut-être” où broutent et gambadent des troupeaux de licornes..

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