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2026, l’année pivot
Jamais les élus calédoniens n’ont autant voté ensemble. Jamais le pays n’a été aussi proche de l’asphyxie budgétaire. Cette unanimité, présentée comme un signe de maturité politique, est en réalité le symptôme d’une peur partagée : celle d’être le premier à dire que le système ne tient plus. 2026 ne sera pas une année de rupture spectaculaire, mais celle où le mensonge collectif cessera de fonctionner.
Il y a parfois des votes qui disent plus que tous les discours. Et parfois, ils disent exactement l’inverse de ce qu’ils prétendent montrer.
En décembre, le débat d’orientation budgétaire de la Nouvelle-Calédonie a été adopté à l’unanimité. Unanimité au gouvernement collégial. Unanimité au Congrès, toutes sensibilités confondues.
Socialistes et libéraux. Autonomistes et indépendantistes. Loyalistes et Marxistes. Centristes, collectivistes, démocrates-chrétiens. Les partisans du gel, du dégel, de son élargissement ou de son abandon. Les représentants des îles, des clans, des communes, des provinces. Tous d’accord. Tous votant la même chose : le même budget, les mêmes amendements, la même politique.
En démocratie, ce spectacle est souvent présenté comme un signe de maturité politique. En vérité, il ne l’est pas. Quand des camps irréconciliables votent exactement la même chose, ce n’est pas l’unité d’un projet. C’est l’unité d’une peur. Cette unanimité n’est pas le fruit d’un compromis politique mûri, mais d’un silence partagé face à une réalité que plus personne ne veut assumer seul.
Une unanimité qui n’a plus de sens
Personne ne croit sérieusement que ces 54 élus partagent une vision commune de l’avenir du pays. Ils ne partagent ni le même diagnostic, ni les mêmes valeurs, ni les mêmes objectifs politiques.
Ce qu’ils partagent, en revanche, est beaucoup plus simple : la certitude que le système ne tient plus, et la volonté collective de ne pas être celui qui dira quand et comment il tombera.
Le débat d’orientation budgétaire de 2026 n’a rien d’un texte idéologique. C’est un document de survie. Il dit, noir sur blanc, ce que tout le monde sait désormais : les déficits cumulés des régimes sociaux, de l’énergie, des aides et des retraites ne sont pas financés. Le montant évoqué tourne autour de 30 milliards de francs CFP.
Ce chiffre fait désormais écho à ce que les acteurs économiques et sociaux disent publiquement depuis plusieurs semaines : une reprise qui ne vient pas, des pertes d’emplois massives, et des opérateurs publics qui reconnaissent eux-mêmes ne plus tenir sans perfusion. Ce chiffre n’est pas une projection alarmiste. Il est écrit. Reconnu. Assumé en séance publique. De facto, le budget 2026 de la Nouvelle-Calédonie est insincère. Et pourtant, tout le monde le vote.
Ce que les élus savent parfaitement
Les élus ne sont pas naïfs. Ils savent que la Nouvelle-Calédonie n’est plus en équilibre budgétaire réel. Ils savent que le système tient par reports, avances, décalages, bricolages comptables.
Comme certaines multinationales vivent sur des montagnes de dettes sans jamais régler la note, la collectivité fonctionne aujourd’hui dans une économie d’artifice permanent. Mais à la différence des géants privés, la Nouvelle-Calédonie n’a pas accès à des marchés infinis ni à une création monétaire souveraine.
La vraie question, celle que personne n’ose formuler publiquement, est beaucoup plus triviale : en 2026, quel mois ça ne passera plus ? Ce mois où :
- Enercal devra couper certaines zones ou certaines heures.
- Les pensions ne tomberont pas.
- Les agents publics territoriaux ne seront plus payés.
- Les hôpitaux n’auront plus la trésorerie pour fonctionner normalement.
Lorsque même la compagnie aérienne domestique explique publiquement qu’elle ne survivrait pas à une nouvelle crise sans aide directe de la collectivité, c’est toute la chaîne logistique du pays qui apparaît pour ce qu’elle est devenue : fragile, dépendante, sous contrainte. C’est cette peur-là qui structure aujourd’hui le comportement politique. Pas une peur idéologique. Une peur opérationnelle.
Attendre que ça casse… ensemble
Face à cette situation, une stratégie implicite s’est installée. Attendre. Observer. Le silence politique observé depuis plusieurs semaines, y compris sur des sujets pourtant structurants, n’est pas un apaisement. C’est un symptôme. Celui d’un système qui sait qu’il arrive au bout, et qui espère que l’accident surviendra après les prochaines échéances.
Savoir quel domino tombera en premier. Puis, juste avant l’impact, prévenir l’opinion publique. Tous ensemble. Avec une parole commune. :
« Attention, ça ne tient plus ! »
« L’État doit intervenir ! »
« Ce n’est pas de notre faute ! »
L’unanimité des élus calédoniens n’est pas un courage collectif. C’est un parapluie partagé.
La tutelle que personne ne veut nommer
Il faut appeler les choses par leur nom. La Nouvelle-Calédonie est aujourd’hui sous tutelle de l’Etat. Une tutelle de fait, pas une tutelle juridique, proclamée. Une tutelle budgétaire, silencieuse, assumée par l’État… sans jamais être revendiquée. L’État finance. L’État garantit. L’État conditionne. L’État arbitre. Et les élus locaux gèrent les conséquences.
Et pourquoi ce silence ? Parce que l’État ne veut pas assumer politiquement une tutelle qu’il exerce déjà. Parce que les élus, à quelques mois des provinciales, ne veulent pas être ceux qui diront à leurs électeurs que la souveraineté budgétaire est terminée.
Alors on vote à l’unanimité. On fait semblant que c’est normal.
Pourquoi 2026 est une année pivot
Contrairement à ce que certains prétendent, l’État n’abandonnera pas la Nouvelle-Calédonie demain. Il ne peut pas le faire sans provoquer un chaos social et politique majeur. Mais il y a une différence entre tenir encore et tenir toujours.
La France elle-même entre dans une période de contraintes budgétaires historiques. La charge de sa dette, les taux, les arbitrages à venir rendent illusoire la poursuite indéfinie des transferts non régaliens.
2026 est donc une année pivot non pas parce que tout va s’effondrer brutalement, mais parce que le mensonge collectif ne pourra plus se maintenir au-delà. Quand même les syndicats, les chambres économiques et les directions d’entreprises ne parlent plus de relance mais de survie, le déni devient impossible à tenir politiquement.
Les provinciales : des élus sans marge
Après les élections provinciales, quel que soit le camp vainqueur, quelles que soient les alliances, les exécutifs issus du corps électoral gelé n’auront aucune marge de manœuvre réelle.
Ils seront des caisses enregistreuses de décisions prises à Paris. Des gestionnaires de pénurie. Des amortisseurs politiques. Le vrai clivage politique à venir ne sera donc plus institutionnel. Il sera moral.
Entre ceux qui diront la vérité sur la situation du pays. Et ceux qui continueront à nier le réel pour gagner du temps.
Tout ce qu’ils refusent de faire… ils devront le faire
Sur le papier, il reste d’autres options : nouveaux prêts, avances de l’État, subventions exceptionnelles, rééchelonnements de dettes. Elles ont toutes déjà été utilisées. Elles ne font plus que gagner du temps.
Augmenter les impôts ne réglera rien. L’économie est trop affaiblie, la population diminue, la base fiscale se contracte, les recettes ne suivent plus. Il ne reste donc qu’une seule variable réelle : les dépenses publiques de fonctionnement.
Pas des économies de façade. Mais une réduction structurelle, de l’ordre de 25 %, soit environ 80 Milliards de francs CFP en l’espace d’une mandature. Cela signifie moins de services, moins d’emplois publics, moins de prestations, et des arbitrages brutaux que personne n’a voulu porter jusqu’ici.
Les élus ne veulent pas l’assumer aujourd’hui. Alors demain, durant la prochaine mandature, l’État l’imposera.
La fin de l’illusion
L’unanimité budgétaire n’est pas belle. Elle est inquiétante. Elle dit que le système politique sait qu’il a atteint ses limites, mais qu’il préfère attendre l’accident plutôt que d’assumer la rupture.
2026 ne sera pas une année comme les autres. Elle dira si la Nouvelle-Calédonie choisit d’anticiper la fin d’un monde… ou de la subir en faisant semblant de ne pas la voir.
Le temps des récits confortables est terminé. Reste une question simple : Qui aura le courage de dire la vérité avant qu’elle ne s’impose par la force des faits ?
Bonne année à tous.

Voila ce qui arrive quand on adoube un fou furieux comme Trump.
Toutes les barrières ont sautées. Aujourd’hui le Vénézuela demain le Groenland?
Demain la pièce maitresse et majeure de l’Otan annexerait un territoire d’une autre nation de l’Otan?
Que fait t’on. Demande on l’intervention de l’Otan contre l’agresseur qui est membre de l’Otan? On vois dans quelle merde on est en élisant un barge d’extrême drouate et la taille de nain que nous avons militairement.
L’otan était en voie de mort cérébrale, le certificat de décès va bientôt être signé.
oups2 “Voila ce qui arrive quand on adoube un fou furieux comme Trump.Toutes les barrières ont sautées“ L’UE voire même nous, pauvres 264.596 néo-calédoniens (recensés en 2025 😀), sommes en rien responsables de l’élection de Trump. Ce fut de la responsabilité du seul peuple Américain. Mais malheureusement, vu le boxon qu’il met chez lui comme à l’international, nous allons tous payer l’addition de ses conneries. Le Groenland est un pays constitutif du royaume de Danemark et un territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne. Donc si Trump s’empare du Groenland, il déclarerait en quelque sorte la guerre au Danemark mais à… Lire la suite »
Nous ne sommes peut être pas responsable de son election mais seront nous assez con de mettre en plce chez nous ce type de politiciens capable de te promettre la lune pour finalement faire le contraire?
Parce que eux, ceux classés extrême drouate qui rêvent du pouvoir n’ont pas hésité à le trouver super modèle à suivre.
Voici le pessimisme de notre président Ponga, dont je vous avais parlé dans un de mes commentaires sur le précédent article. C’est un plaisir de revoir ce moment fabuleux. Est ce un rite, d’apparaitre au JT, pour nous faire fléchir, pour accepter les prochaines taxes et prélèvements obligatoires, que le gouvernement a en tête?. Le véritable problème vient surtout du 18ème gouvernement qui est sous le signe (comme je vous l’avais écrit ) de mauvaises surprises. Tant que ce gouvernement sera en place les mauvaises nouvelles fleuriront. Et çà n’a rien avoir avec les membres du gouvernement. https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/2026-sera-autant-compliquee-que-2025-voire-plus-previent-alcide-ponga-president-du-gouvernement-caledonien-1658435.html Pourquoi ce… Lire la suite »
Les élus dont il est question ici auraient pu commencer par réduire leurs émoluments pour montrer l’exemple.
Combien touche un élu du Congrès ?
Un petit hors sujet, mais important.
La semaine dernière, dans mon lit, j’ai été réveillée par un tremblement de terre.
Mon lit tremblait, j’ai cru, que j’allai atterrir à l’étage du dessous.
Mon mari dans le salon n’a rien senti et n’a rien vu se déplacer.
Aucune info n’est apparu dans les journaux télévisés, ni dans la presse écrite et ni sur internet.
C’est certainement une prémonition d’un prochain séisme.
Vous voilà prévenu.
Surtout qu’à la même période la Calédonie en avait eu un dans le passé.
A suivre.
C’est ton cerveau qui bouge. C’a a chauffé trop fort, manque de liquide de refroidissement. L’axe est foutu y a du jeu.
On verra bien.
Je partage entièrement…
Vous partagez quoi?.
En fait être calédonien se résume à ne rien accepter.
S’il y a unanimité, on ne l’accepte pas. Puisque c’est louche.
S’il n’y a pas unanimité, on ne l’accepte pas aussi.
Mais quand est ce que les Calédoniens acceptent quelque chose?.
A part les rentrées d’argent et aides venant de l’Etat français.
Tout d’abord, merci à Sirius d’avoir tenu sa promesse de revenir pour le 5 janvier. L’exactitude, j’ apprécie beaucoup. Quand à l’article ci dessus. Je tiens à vous signaler, que l’article correspond exactement au mois de janvier 2026. Un mois consacré aux finances en berne, comme je l’ai écrit auparavant. Normal que Sirius suive le mouvement, il créé un article à l’image du mois. Les politiciens sont obligés de voter un budget à l’unanimité. Sinon c’est gare à la tutelle de la France, qui les attends et çà les indépendantistes ne le veulent pas, tout comme les loyalistes. Parfois l’égo… Lire la suite »
La Calédonie va être mise sous tutelle de la France qui sera mise sous tutelle du FMI.
Je vous l’ai dit, le temps des vaches maigres est venu.
Je ne crois pas, que la France sera sous tutelle du FMI. Le rusé Macron va certainement dévier cette possibilité par une de ses astuces. On peut lui faire confiance pour détourner légalement ce risque. Il pourrait inventer un 49.3 pour que la France ne soit pas sous la tutelle du FMI. Quand à la Calédonie sous tutelle pour son budget, çà c’est déjà produit dans le passé et il n’y a pas mort d’homme. En fait s’il n’y a pas de budget de l’Etat, il n’y aura plus ce risque que la Calédonie soit sous tutelle pour son budget.… Lire la suite »
La Calédonie sous tutelle de l’Etat, tous les élus du Congrès sont démis de leur mandat, fini leurs émoluments, ce serait bien.
“La Calédonie sous tutelle de l’Etat, tous les élus du Congrès sont démis de leur mandat,”
Tu veux dire démis à vie, ou seulement le temps de refaire des élections?.
Car en Calédonie les élus sont toujours les même.
Pas grand choix.
Lemec Dici “La Calédonie sous tutelle de l’Etat, tous les élus du Congrès sont démis de leur mandat, fini leurs émoluments, ce serait bien.” Suppression des trois provinces et de leurs assemblées respectives. Une Assemblée territoriale avec des représentants élus dans chaque région (Nord, Sud et Îles) en lieu et place des provinces. Pour voter des lois locales… sur la chasse aux cerfs, la pêche aux crabes… [bref, sur le tout-venant]. Un Haut-commissaire | Préfet | Gouverneur pour gérer la totalité des services administratifs du Pays en collaboration avec les mairies et surtout, pour tenir les cordons de la bourse.… Lire la suite »
C’est 264 596 habitants en 2025.
https://www.isee.nc/population/recensement/structure-de-la-population-et-evolutions
ditou “C’est 264 596 habitants en 2025. [ https://www.isee.nc/population/recensement/structure-de-la-population-et-evolutions ]”
Plus de 250.000, 264.594 dans les faits.
Pas de quoi fouetter un chat.
Il serait peut-être temps que ravalions notre morgue sur cette bande de terre.
Nous représentons peau de balle (je reste poli) dans notre Monde multipolaire globalisé poutinien trumpiste.
Certes, comparaison n’est pas raison néanmoins, les Rolling Stones en 2006, en un seul concert ont rassemblé 1,5 millions de spectateurs à Copacabana au Brésil !
https://www.youtube.com/watch?v=NjdC7ti8LaI&list=RDNjdC7ti8LaI&start_radio=1
Bonus : “Sympathy For The Devil” https://youtu.be/rHCZN9EYt_8?list=RDrHCZN9EYt_8
Les vaches maigres peut être bien.
Mais les calédoniens maigres, là je n’y crois pas.
Avez vous remarqué?.
Plus on pleure sur les finances au plus bas, et la vie chère, plus les calédoniens sont obèses.
Même la période covid et la guerre en Ukraine n’ont pas empêché les calédoniens de faire basculer la balance vers l’obésité.
https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/obesite-juvenile-en-caledonie-et-en-polynesie-les-chambres-territoriales-des-comptes-preconisent-une-action-renforcee-1571713.html
Personne n’aura le courage de dire la vérité, ce n’est dans les gènes d’aucun politicien d’oser.
La Calédonie est dans la même situation que la Métropole, personne ne veux assumer les réalités et ne fait qu’espérer un miracle.
Il existe toujours Lourde en dernier recours. . Un pèlerinage de chaque politicien de chez nous serait peut être un investissement. Y’a bien encore quelques ronds pour des voyages tout frais payés.
Bon il fait froid en ce moment, c’est pas la bonne saison.
“Personne n’aura le courage de dire la vérité, ce n’est dans les gènes d’aucun politicien d’oser.”
Il faut dire que les élections, c’est ce qui comptent pour tous les élus . Alors dire une vérité, que personne ne veut entendre en période d’élection, ce n’est pas bon pour une réélection.