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Veuve Betoe : « Je dis non au projet de polyclinique, c’est fini »

Alors que le Copil se réunit cet après-midi au gouvernement, la veuve Betoe qui revendique les terres de Nouville refuse de discuter et de négocier quant au projet de construction de la polyclinique. Circulez, y-a rien à voir ?

Ce devait être, selon l’expression consacrée, une « journée décisive » dans le conflit qui oppose les squatteurs de la péninsule de Nouville et les autorités compétentes responsables de la construction d’une future polyclinique pour le territoire. En effet, depuis octobre le chantier est toujours bloqué car les entreprises ne s’estiment pas en sécurité sur les lieux, les ouvriers s’étant fait menacer ou agresser par certains habitants de la zone. Après l’avoir été une première fois en 1985, puis en 2007, les terrains de Nouville sont de nouveau revendiqués par le clan Betoe ; cette fois-ci Marie-Yvonnes Betoe et celles et ceux qui la soutiennent ne souhaitent pas négocier avec qui que ce soit. Afin de trouver une solution de sortie le gouvernement, en la personne d’Anthony Lecren, a donc décidé de constituer un Comité de Pilotage (Copil) avec l’ensemble des acteurs du dossier. Le mois dernier le Copil s’était réuni une première fois mais Anthony Lecren avait oublié d’y convier les représentants du clan contestateur et a ensuite cherché à les joindre sans succès. Un autre Copil doit donc se réunir à nouveau cet après-midi. Reste qu’il n’en sortira rien de nouveau non plus du fait de la décision unilatérale du clan Betoe…

Pas de clinique, 13 milliards à la poubelle et 400 emplois perdus

Malgré les interventions de plusieurs responsables politiques ou économiques ces derniers jours – notamment en la personne d’Harold Martin, l’ancien président du gouvernement – aucune avancée n’a été signalée. L’Etat représenté par le haut-Commissaire se refusant à envoyer les forces de l’ordre pour sécuriser le chantier. Car statutairement et légalement, les terrains voués à la construction de la polyclinique étaient depuis 2010 attribués aux trois cliniques de Nouméa dont la vétusté ne permet plus leur maintien en l’état. C’est seulement lors du commencement des travaux que le projet a été contesté par le clan Betoe, sa représentante déclarant à l’époque : « Je ne cautionnerai pas ce projet. En plus, on ne nous verse rien ». Le projet regroupant les trois cliniques est évalué à 13.2 milliards en fonds privés et devrait fournir entre 300 et 400 emplois durant la construction.

Cet après-midi, Anthony Lecren n’a pas non plus réussi à convaincre les représentants des contestateurs de venir discuter de leurs revendications qu’on ignore encore à l’heure actuelle. La principale intéressée envoyant une fin de non-recevoir aux médias ce matin :

Il n’y aura pas de suite. Je dis non au projet, et puis, c’est fini, comme ça (Marie-Yvonne Betoe)

La veuve Betoe évoque désormais l’absence de fouille archéologique et le problème de l’accès à la mer. Car si les squatteurs de Nouville n’occupent pas le terrain en construction, en revanche, ils l’empruntent pour accéder à la plage située tout à côté et ils voudraient conserver ce droit.

Anthony Lecren à la manœuvre (sic)

Responsable du dossier en tant que membre du gouvernement en charge des affaires coutumières, Anthony Lecren ne va donc pas avoir beaucoup de choses à dire aux responsables hospitaliers et aux représentants des employés et des entreprises impliquées dans le chantier. En l’absence des contestataires et sans même connaitre leurs revendications, la réunion de cet après-midi, prévue à 15h30 au premier étage de l’institution, devrait finalement tourner autour de l’inefficacité du gouvernement à trouver une solution de sortie au conflit et peut-être finir en eau de boudin.

Selon certains invités de cette grande messe, le membre du gouvernement pourrait « essayer de s’en sortir en évoquant un plan global d’aménagement de la péninsule de Nouville, en faisant l’impasse sur le chantier de la Polyclinique ». Une ficelle un peu grosse qui ne risque pas de fonctionner cette fois-ci, alors que les entreprises perdent des dizaines de millions chaque mois, d’autant plus que, pendant ce temps-là, les cliniques et leurs installations vieillissent…. sachant que le Haut-commissaire avait déclaré qu’il n’existait pas d’autre terrain dans l’agglomération susceptibles d’accueillir un tel projet, on peut également s’interroger sur le rôle de l’Etat. Depuis l’arrivée de Vincent Bouvier, le « pas-de-vague » semble être en effet la règle du côté du haussariat, quitte à en oublier les principes de sécurité, de libre circulation et de garantie des libertés publiques.

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Officiant en free-lance pour plusieurs périodiques et médias calédoniens, cette pigiste professionnelle a rejoint l’équipe des contributeurs de Calédosphère depuis 2013 sous son nom de plume « Rita ». Spécialisée dans l’actualité quotidienne, elle se plait à y dénicher des sujets non-traités par les autres médias et à couvrir les évènements sensibles. Synthétique, réactive et parfois provocatrice elle essaie toujours d’écrire de manière claire, précise mais avant tout vivante. Son crédo : « Si ça pique, c’est un bon sujet »



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102 Commentaires sur "Veuve Betoe : « Je dis non au projet de polyclinique, c’est fini »"

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Et si ce truc de prestige se construisait sur le golf de Tina ???…[… A part quelques vieux RUMP, ça dérangerait qui ?]

Clark

J’ai cru comprendre que Nouville était , dans la tradition, le “pays des morts”…. Si ils y tiennent tant: y’aurait bien une solution…

Bonobo

Après avoir obtenu ce qu’elle voulait (un terrain avec une maison et une indemnité pour Mme Betoé)  on a affaire à une prolongation dans la revendication foncière concernant ce terrain par une autre structure qui à l’approche de nouvelles échéances électorales ( et de sortie de l’accord de Néa) fait rejaillir ce qui a toujours été la stratégie préconisée par  Jean Guillard en matière de revendication des terres.

Une coutume avait été faite, la parole a été donnée, elle ne peut pas revenir dessus. Faudrait que les pontes du Sénat Coutumier se bougent et justifient leurs émoluments en donnant à cette dame une leçon de culture et de coutume kanak. De toute façon, y a pas de clan, y a pas de légitimité, tout ça c’est des inventions, quelle honte de se servir ainsi de la culture pour ses avantages personnels. 

max 98

Pour Oméga, quand j’insulte je le fais  à visage découvert. J’avoue avoir une haine viscérale à tous ce qui ressemble de près ou de loin à du racisme. Destin commun n’est pas prêt d’arriver !

Bof… c’est pas inédit comme situation.C’est à chaque fois pareil, avant chaque de construction il y a une étude, on entend parler du truc pendant des années avant même de voir le premier bulldozer sur le terrain, bref tout le monde sait qu’un truc va être construit et personne ne dit rien.Généralement le terrassement commence, et puis paf ! là quelqu’un se réveille et dans un éclair de lucidité manifeste son désaccord. Évidement ça arrive toujours lorsque les engagements financiers et les budgets du projet sont bouclés. Le projet ne peut plus être abandonné et c’est bien pour ça qu’on… Lire la suite »
Pepere

C’est le Sénat coutumier qui prouve, une fois de plus, sa totale inutilité…. Cette revendication hallucinante devrait engager nos élus à prendre en compte la nécessité d’une remise en question radicale de son “rôle”. Rappelez-vous déjà une “tribu dans la ville” où toutes les promesses coutumières avaient été bafouées… Sur Nouville, une enieme fois, la preuve est faite que dans cette coutume, jamais rien ne sera respecté !

Dans cette histoire bien gluante, il serait judicieux de mettre en lumière tous les protagonistes – kanak et surtout NON KANAK qui, anesthésiés dans le célèbre nakamal du coin et fumés à l’herbe locale, ont poussé à la roue pour aboutir à cette situation. Nos actes ont des conséquences et il serait bien ces “Don Quichotte” qui nesavent pas de quoi ils parlent apprennent à fermer leur gueule. A moins qu’ils aient de quoi dédommager les entreprises, leurs salariés et les cliniques. Vous feriez moins les malins si c’était votre argent. Mais, là, c’est différent, c’est l’argent de ‘nantis investisseurs’… Lire la suite »

Saladin, vous qui savez de quoi vous parlez, peut-être pourriez-vous nous éclairer au lieu de nous insulter, ce qui aurait tendance à vous discréditer. oh! maître intelligent, éclairez nos pauvres cervelles embuées par  ???? là je n’ai pas bien compris.

Tristan Derycke
Ayant lu, en commentaires de ce billet, un nombre assez considérable de contre-vérités, je rappelle quelques faits : 1) les squatteurs, par définition, occupent illégalement un espace public, réputé inconstructible. 2) La plage, dont ils réclament l’usufruit exclusif, appartient au domaine maritime, et donc ( cf Loi Organique) à la Province Sud. Nulle personne privée ne peut y faire valoir quelque droit que ce soit . 3) La clinique privée, financée par des fonds privés, participera à l’indispensable offre de soins en lits MCO ( Médecine Chirurgie Obstétrique) offerte aux patients Calédoniens, l’hôpital public (où j’exerce) ne pouvant, à lui… Lire la suite »
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