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Référendum : la stratégie du boycott

Entre combats d’arrière-garde et batailles juridico-politiques, les indépendantistes les plus radicaux vont tenter d’ici 2018 de faire passer l’organisation du futur scrutin référendaire comme insincère. L’objectif : ne pas avoir à reconnaître qu’une majorité de Calédoniens souhaitent rester dans la République. Explications.

Comment éviter de perdre à un jeu où l’on est sûr de ne pas pouvoir gagner ? Il suffit simplement de refuser d’y participer. En matière d’élections, ça s’appelle le boycott. Et c’est peut-être le seul moyen qui reste encore à ceux qui ne veulent pas avoir à expliquer à leurs militants que, malgré tous les discours ressassés depuis 35 ans sur l’avènement d’une Calédonie indépendante, environ les deux-tiers des habitants du territoire votent toujours pour des mouvements politiques de sensibilité non-indépendantistes et que, se faisant, le référendum de 2018 est, pour les indépendantistes, déjà perdu. Et s’ils ne sont jamais suivis des faits, pour autant, les slogans ont la vie dure. Ainsi Daniel Goa le président de l’Union Calédonienne déclarait en août 2013 : « “L’après-2014”, pour nous comme pour le FLNKS, c’est l’indépendance ». Quant à Louis Kotra Uregei, le président du Parti Travailliste avait basé depuis 2009 tout son programme électoral sur le thème « Kanaky-2014 ». Mais depuis lors, l’UC a échoué dans sa conquête du pouvoir lors des élections provinciales et le Parti Travailliste a perdu la moitié de ses sièges dans la Province des îles et a disparu purement et simplement de l’assemblée de la Province Nord. Quant à la Dynamique Unitaire Sud (DUS) également positionnée sur une ligne radicale, elle ne doit sa représentativité qu’à la place d’un de ses élus au sein de la liste d’union indépendantiste en Province Sud.

Fragilisés, ils se radicalisent

Si l’objectif final est partagé, il a toujours existé au sein du FLNKS élargi une ligne désirant gagner l’indépendance par les urnes quand une autre, plus dure, souhaitait l’imposer aux calédoniens, parfois manu militari. Or, les représentants de cette ligne dure au rang desquels Roch Wamytan, Sylvain Pabouty, ou encore Louis Kotra Uregei, mais aussi leurs supplétifs à savoir Mathias Chauchat, Gérard Reigner et feu Gérard Jodar, tout ceux-là ont perdu la bataille idéologique, politique et électorale. Et à l’instar de la CGT en métropole qui voit son assise s’amenuiser et son positionnement se fragiliser, ils se radicalisent. C’est ainsi que la manifestation habituelle du 1er mai organisée par l’USTKE – et donc par le Parti Travailliste – n’a réuni que 500 personnes cette année quand, en 2015, un millier se pressaient derrière son dirigeant. En 2008, ils étaient alors 2000. La barre à l’extrême gauche toute, le PT, la DUS et une partie de l’UC se préparent donc à se lancer dans une autre guerre politico-juridique afin d’en arriver à une sortie toute trouvée qui permettra à ces leaders de conserver les apparences : en expliquant aux électeurs indépendantistes qu’il ne faudra pas participer au référendum de 2018 puisque le scrutin serait « pipé ».

Bientôt l’appel au boycott ?

L’arme du boycott reste en effet ancrée dans l’histoire du FLNKS. C’est ainsi que le référendum d’autodétermination du 13 septembre 1987 voulu par le Gouvernement Chirac avait été boycotté par le FLNKS qui ne souhaitait voir y participer que les kanaks, et malgré un score de 98.3% pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, le taux de participation n’avait été que de 58%. Car les kanaks indépendantistes prônant alors le « boycott actif » n’avaient pas été voter. Huit mois plus tard, la tragédie d’Ouvéa et la signature des accords de Matignon-Oudinot soldèrent la période des événements. Nul doute qu’aujourd’hui il s’agit pour certains de retenter l’expérience afin, encore et toujours, de gagner du temps et surtout de forcer la main de l’Etat et de la population loyaliste. Or, ceux-là ont semble-t-il des relais au sein de la rédaction de Nouvelle-Calédonie 1ère.

Le jeu trouble de Nouvelle-Calédonie 1ère

La chaîne de France Télévision dont beaucoup jugeaient durant les événements qu’elle avait fait le choix de l’indépendance a, ces dix derniers jours et en pleine période de visite du Premier ministre, ouvert son plateau à Mathias Chauchat ainsi qu’à Louis Kotra Uregei pour que l’un après l’autre puissent dénoncer en tant qu’invités politiques de pseudos fraudes massives en menaçant de continuer le litige électoral et en appelant à la radiation de milliers d’électeurs non-indépendantistes. Et ce malgré le fait que le président de l’Union Calédonienne ait déclaré que « Mathias Chauchat ne parlait qu’en son nom propre » et sachant que le président du Parti Travailliste – opposé à l’application de l’accord de Nouméa – ne représente plus que 3.49% des électeurs du territoire. Comme on a pu le juger lors d’un rassemblement pro-indépendantiste qui dernièrement n’avait rassemblé au centre-ville de Nouméa et autour de LKU qu’une douzaine de personnes, ces individus ne représentent désormais plus qu’eux-mêmes. Mais dans le même temps, la station de RFO leur ouvre les bras et leur sert la soupe. Une situation particulièrement étonnante du fait que NCTV, la chaîne pourtant financée par la Province Nord et néanmoins concurrente de NC1ère se montre, elle, beaucoup plus mesurée dans sa ligne éditoriale et dans son suivi quotidien de l’actualité locale et politique. Car si la filiale de France Télévision choisit de donner la parole a des personnes sans aucune légitimité, pourquoi choisit-elle d’inviter parmi elles précisément ceux qui soufflent sur les braises à deux ans du référendum de 2018 ? A croire qu’au sein de la station du Mont-Coffyn, la complaisance et l’idéologie ont définitivement remplacé toute trace d’objectivité et de sens commun.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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76 Commentaires sur "Référendum : la stratégie du boycott"

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Tout le monde ne parle que du boycott des indépendantistes pour le référendum les kotra et Wamitan qui prédisent du ramdam qui parle à tous ces jeunes en deserance qui n’attendent que ça mais ils ont tellement les neurones brûlées par l’alcool et le cannabis que l’on risque de connaître les évènements puissance 10 !!! En sont ils conscients ! Si c’est le cas on est mal parti….

caledovrais

RIGO….LO arretes avec Pétélo qui a embauché comme Hylarion le malin sa famille comme collaborateurs ce qui n’est pas du tout le cas des élus CE c’est pas possible tu es l’amant caché de Babar pour être aussi con !

vahine
Clark, tout d’abord, je n’ai pas une vérité, si la décolonisation était un acte “si simple” on n’en serait pas “que” là 😉 … Je dis juste que certaines personnes “colonisées” et pas qu’en KNK ont choisi et c’est leur droit premier de refuser les instances “institutionnelles” du “colonisateur”, c’est un fait puisque j’en connais (pas moi, je suis la “colonisatrice”, lol, nan juste une citoyenne d’un monde) … D’autres les accepte en effet par la force des choses, pour ne pas “perdre leur droit international”. Tu as raison au sujet de peuple et pas ethnie sauf qu’à l’origine de… Lire la suite »
Clark
Tenez à propos, Philippe Blaise vient de publier un texte intéressant… Alors: on sait que les mots ont une valeur, spécialement quand on légifère.. Il est étonnant que d’autres n’aient pas soulevé cette question, quand même, non? Encore un piège comme celui du corps électoral? “Travaux sur l‘avenir institutionnel : le piège tendu du « préambule de la Loi Fondamentale » Les experts qui planchent sur l’avenir institutionnel ont diffusé un document de travail dont le but est de lister les sources juridiques pour inspirer un « Préambule » avec des « valeurs » propres à la Nouvelle-Calédonie En soi,… Lire la suite »
NoComment

merci, à suivre et a nous tenir au courant, please

Clark et Blaise ne font qu’un.

Bonobo

C’est quand même un peu ennuyeux que certains ne vont pas tous dans votre sens Floyd. Des grains de sable dans la machine ça bloque souvent le mécanisme. Ils ont un esprit critique et ils argumentent. Moi je trouve cela plutôt bien; un peu comme les lanceurs d’alerte.

Oulà elle a l’air bien tordu cette affaire…

Tryphon

Merci

Louis

Mon pauvre pauvre Clark, nul insipide et totalement vide le texte de ton gourou Blaise. Même pas du niveau primaire. Bourré d’erreurs en plus.
Incroyable le roman fleuve que tu te permets. Du nimporte quoi. Faut arreter la bouteille carré, pauvre Clark.
Tu dois bien t’entendre avec ton gourou bouleBlaise whisky aussi bête l’un que l’autre. Affligeant. Des inutiles.

un commentaire sur la vente des sous marins aux australiens
La caledonie ressemble a un porte avion en face de l’australie et celle ci est bien contente que la france occupe le terrain
imaginez un depard de l’armee Francaise ,croyez vous un seul instant que l’australie laissera la place a n’importe qui?
la caledonie ne peut pas etre indepedante militairement cela au moins c’est une certitude strategique.
Je me demande si le passage du premier ministre en Australie a la fin de son tour Caledonien …

Rigoberto

Tout ça confirme que Frogier avait raison, la seule sortie possible c’est la solution consensuelle, les indépendantistes n’iront pas au casse pipe du référendum.
Le référendum éclairé de Gomès c’était du pipeau attrape électeurs, rassurez vous 2017 approche.

Lebaron55

Incroyable le Rigo…lo serpillère des LR sévit encore , heureusement qu’il y a CE pour relever le niveau !

C’est sûr que les agitations de Wamy et Cie en ce moment ne peuvent qu’arranger les affaires de Frogier. Un troisième accord…pour Frogier, se retrouver au coeur de l’Histoire, il ne voudrait rien d’autre.
Entre amis, on s’ aide.

Non Rigo, les indépendantistes ne veulent pas de la “solution” Frogier si c’est pour rester dans la France. Au fait c’est quoi ta solution consensuelle, indépendance association il me semble.

Rigoberto

Gomès a annoncé qu’il était pour la solution consensuelle “éclairée”, il n’y a pas d’autre choix, qu’apporterait un référendum boycotté par les indépendantistes ? Que de la merde.
La solution c’est peut être la petite nation librement dans la grande.

Le choix des indépendantistes est simple. Boycotte des référendums issus de l’AdN et tout faire pour prendre le POUVOIR en 2019. Ensuite ce sera aux élus du Congrés en majorité indépendantiste de décider quand organiser un scrutin d’auto détermination. Les indépendantistes ne veulent pas être “enfermé” dans un 3eme accord ou un nouveau statut à la con. Plus rien ne sera inscrit dans le marbre, sauf l’indépendance, irreversible.

Rigoberto

Tu veux parler de ça ?

“L’Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d’une complète émancipation.”

Rigoberto

Donc CE n’a rien à proposer ?

C’est la simplicité et le pragmatisme qu’il faut proposer. L’après 2018 est pourtant clair. Pas de 3° accord, pas de solution consensuelle, RIEN et la Calédonie sera très largement autonome à la limite de l’indépendance… Le statu quo convient bien pour le moment et ça fait partie d’une des solutions de sortie de l’AdN. Tout sera comme d’habitude ou comme avant en attendant les élections provinciales de 2019 que les indépendantistes comptent remporter. Vaut mieux prendre le POUVOIR (démocratiquement) dans un Pays autonome qui “fonctionne” que dans un Pays indépendant et bordélique, non? En effet, le scrutin à la proportionnel… Lire la suite »
Rigoberto

CE n’a donc rien d’autre à proposer que de jouer la montre en attendant l’indépendance inéluctable.
Vous qui trouviez scandaleux qu’un indépendantiste soit au perchoir, vous accepteriez aujourd’hui de leur laisser les institutions, vous progressez, c’est bien.

???
Heu, je vais sans doute me répéter, mais on parle d’autonomie… C’est le principe des ADN qui arrivent à cet état de fait à l’issu dès transferts, non ???

Le Rigo confond indépendance et autonomie,pfffff

Rigoberto

Floyd : “Plus rien ne sera inscrit dans le marbre, sauf l’indépendance, irreversible.”
Rigo : c’est bien toi qui a écris cela ?

Ben c’est ce que t’as signé et PF et les autres aussi…
Sauf que çà veut juste dire qu’en cas de oui à l’indépendance (référendum) ben l’Etat ne peut pas s’opposer à ce choix…???
Ça reste une possibilité et c’est un peu pour çà qu’on discute, non ??? Notre but c’est bien de démontrer qu’au delà de l’idéologie y a la réalité et que les gens ont besoin de bouffer et pas seulement des mots…!!!

Rigoberto

En 2006 et 2007, à Tokelau, une île du Pacifique appartenant à la NZ, se tinrent sous l’égide de l’ONU deux référendums d’autodétermination.
La majorité qualifiée était de 66,66 % pour obtenir l’indépendance, les deux fois la barre ne put être franchie, 60% en 2006 et 64% en 2007 en faveur de l’indépendance qui ne fut pas accordée.
Les non indépendantistes en NC pourraient aussi faire de la surenchère en se basant sur ce fait historique validé par l’ONU.
Une majorité des deux tiers pour obtenir l’indépendance comme à Tokelau ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Référendum_d%27auto-détermination_des_Tokelau_de_2006#cite_note-2
https://fr.wikipedia.org/wiki/Référendum_d%27auto-détermination_des_Tokelau_de_2007#cite_note-3

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