Connect with us

Calédosphère

Actualité

Nouvelle-Calédonie : le coup d’Etat manqué ?

C’est une histoire de coup d’Etat manqué par des leaders débordés. C’est surtout une histoire très triste. Une histoire tragique. C’est une histoire de vieux seigneurs ayant goûté au pouvoir et qui craignaient de le perdre. C’est une histoire qui parle de morts et de héros. De furies destructrices et de petits gestes d’amour. De braves et de martyrs. Une histoire très humaine. Une histoire calédonienne.

Temps de lecture : 25 min

La crise

En avril 1941, à bord d’un avion prêté par Churchill, le Général de Gaulle écrivit dans son carnet : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. » Aussi, invoquons le Général et essayons de faire de même avec la Nouvelle-Calédonie compliquée. Regardons-la comme si nous volions loin au-dessus d’elle avec des idées simples. Nous allons, en effet, « imaginer » que la « crise » que nous connaissons est issue d’une guerre menée par une partie de la population kanak contre la présence française en Nouvelle-Calédonie. En termes stratégiques et militaires, la situation actuelle se traduirait ainsi : en l’espace d’une nuit, l’agglomération nouméenne et une partie de la brousse ont subi des invasions de territoire, le blocage des principales voies de communication, la destruction méthodique et furieuse de la quasi-totalité des outils économiques de l’archipel et, bien sûr, les prémices d’une guerre civile. Le coup a été porté et il a fait des victimes. Des deux côtés. Mais l’attaque a été stoppée. Les renforts sont arrivés. Une sorte de cessez-le-feu a depuis lors été instauré sans qu’aucun armistice ne soit signé. L’affaire est tellement grave que le Président de la République est en chemin. Fin du compte-rendu.

Cependant, nous savons – malheureusement ou heureusement ? – que la situation pourrait être bien pire encore. Nous savons déjà que certains des émeutiers-blessés, admis au CHT, présentaient des traces importantes de drogues et d’amphétamines retrouvées dans leur sang. Nous savons que des « cachets » leur étaient distribués, que des « cibles » leur étaient données et que les consignes étaient de « tout ravager ». Nous savons déjà que les émeutiers (ou combattants) ont échoué à faire exploser les réserves d’hydrocarbures du pays (à Ducos) ou encore les réserves d’Hydrogène sous-pression (à l’usine Le froid). Nous savons également que la conséquence de la perte des réserves d’hydrocarbures aurait entrainé à court terme la coupure de tout le réseau électrique calédonien. Couplé à la prise du port et des aéroports (qui n’ont heureusement pas eu lieu) et à la destruction des réserves alimentaires et de médicaments (qui ont eu lieu), chacun sait ce qu’il serait advenu de la Nouvelle-Calédonie. L’aéroport étant indispensable pour faire venir des renforts, le port pour acheminer des vivres et du matériel. Après tout, comme disait nos arrière-grands-parents : « l’humanité s’est toujours tenue à trois repas de l’anarchie. » Or, l’anarchie (ou un climat totalement insurrectionnel) constitue une étape préalable indispensable visant à réussir un coup d’Etat, c’est-à-dire un renversement total des pouvoirs. A partir de là, imaginons simplement que, depuis trente ans (« ils ont l’heure, nous avons le temps… »), l’objectif eu été uniquement de pratiquer des méthodes de subversion. Démoraliser en attendant l’heure fatidique permettant de déclencher une période de déstabilisation, laquelle entraine la phase clef de la crise qui, seule, peut permettre l’instauration d’un nouveau pouvoir.

La démoralisation

Avant d’attaquer, pour démoraliser, selon Sun Tzu, il faut tout d’abord « désacraliser ou tourner en ridicule les traditions de l’ennemi ». Il faut aussi « entrainer les leaders dans des activités criminelles pour pouvoir, plus tard, les jeter à la merci d’une population en colère ». Il faut « perturber le travail du pouvoir légitime, de l’Etat et des institutions en place par tous les moyens ». Il ne faut pas « refuser la collaboration et l’aide des traitres dans les rangs adverses ». Et enfin, il faut par tous les moyens « accroitre la discorde et l’isolation au sein des populations visées ». Or, cette phase, tous les Calédoniens l’ont vécue ces dernières années : preuve en est que la démoralisation gagnait.

La déstabilisation

Sans le savoir, il est donc tout-à-fait possible que, depuis la fin des trois référendums, nous étions collectivement rentrés dans une autre phase, celle de la déstabilisation. Or, celle-ci présente des processus et des domaines d’application beaucoup plus restreints que ceux de la démoralisation. Elle se concentre essentiellement sur les luttes de pouvoir, l’économie, la loi et les services de l’ordre et enfin sur les médias. Dans cet ordre-là.

« La règle primordiale de l’art de la guerre est de ne pas combattre du tout, mais de subvertir quelque chose de valeur présente dans le pays de votre ennemi, jusqu’au moment où la perception de votre ennemi est pervertie au point qu’il ne vous perçoit plus comme un ennemi. C’est l’objectif final. L’étape finale de la subversion, après laquelle vous pouvez conquérir votre ennemi sans même qu’un seul coup de feu n’ait été tiré. (Yuri Bezmenov) »

L’hypothèse du coup d’Etat manqué ou programmé

Les critiques diront que les évènements auxquels nous venons d’assister n’étaient pas un coup d’Etat, pour la simple et bonne raison qu’il n’y en a pas eu. Pour autant, que ce serait-il produit si, d’une part, le port de Nouméa et l’aéroport international de la Tontouta avaient été attaqués et si, d’autre part, le pays avait manqué de carburant et d’électricité ? Comment se seraient organisés les pouvoir publics locaux et les citoyens sans moyen de communication dépendants de l’électricité ? Combien de temps dure la charge de votre smartphone ? Il apparait évident que ce qu’il s’est produit dans la nuit du lundi 13 mai 2024 étaient, non pas un coup d’Etat, non pas même une tentative de coup d’Etat, mais simplement une étape ou une répétition de celui-ci. Un coup d’Etat depuis longtemps préparé et dont la phase active et violente a peut-être démarré trop tôt ou qu’il s’est tout simplement mal passé, débordant ses stratèges et ses maîtres d’œuvre. Car l’étape de la destruction du système économique, comme toutes les destructions, est un phénomène violent qui nécessite de combattre. De façon imparable, inverser un tel processus de déstabilisation requiert un effort d’une importance colossale qui ne peut être obtenu que par l’emploi de la force militaire. Mais comment les forces de l’armée françaises auraient-elles pu arriver (il faut bien le dire) pour sauver la situation si l’aéroport de la Tontouta n’avait pas pu être sécurisé et que toutes les forces de l’ordre présentes sur le sol calédonien avaient été débordées par les conséquences de l’anarchie ainsi créée ?

Autrement dit, soit les évènements de la semaine dernière ont apporté à leurs instigateurs les résultats escomptés : destruction de l’économie, exodes de populations effrayées, conquête de territoires et retour d’informations précieuses sur les réflexes de défense de l’adversaire, tout cela au prix de l’appauvrissement généralisé de la population… Soit ceux-ci n’ont pas été entièrement atteints du fait de la sauvegarde des outils vitaux de la société calédonienne (carburants, eau, électricité, outils de communication), lesquels permettent encore aux structures sociales de tenir, aux renforts d’arriver et à la solidarité de s’exercer.

« Celui qui sait quand il faut combattre et quand il ne le faut pas, sera victorieux » Sun Tzu, L’art de la Guerre, III – La stratégie offensive, précepte 25

L’exemple calédonien

Revenons donc un peu en arrière. En septembre 2021, alors que la crise du Coronavirus dure depuis dix-sept mois et que le premier mort kanak survient, les élus du FLNKS obtiennent du sénat coutumier l’établissement du deuil kanak, lequel dure un an. L’objectif est de créer un prétexte plausible pour pouvoir demander un report du dernier référendum et que celui-ci ne soit pas accepté par l’Etat. Le précédent scrutin d’autodétermination de 2020 ayant permis de mobiliser davantage la population indépendantiste (71 000 électeurs du OUI), il restait toujours un différentiel de plus de 10 000 voix avec les partisans du maintien dans la France (81 000 voix pour le NON). Le corps électoral référendaire étant, lui aussi, gelé et restreint, personne à l’époque n’estime que six mois ou un an de plus ou de moins pour un dernier scrutin changeront les résultats. Comme prévu, l’Etat maintient son calendrier et veut, au plus vite, se débarrasser du dossier calédonien. Les coutumiers décrètent donc le deuil kanak qui doit durer jusqu’à septembre 2022. Ils demandent également à l’Etat ce que leurs alter egos politiciens ne peuvent pas faire officiellement sans passer pour des idiots, c’est-à-dire des modifications du fameux document sur les conséquences du OUI et du NON à l’indépendance. L’analyse de ce dernier ne servant pas vraiment la cause du OUI. La suite est connue : l’Etat confirme la date du 21 décembre 2021 (qui avait été choisie « consensuellement » quelques mois plus tôt à Paris mais pas par tous les indépendantistes) et ne modifie en rien le dit-document et donc son positionnement dans le cas où une majorité des électeurs Calédoniens inscrits sur la liste référendaire voterait favorablement à l’indépendance. Le boycott est alors appelé non-participation par le FLNKS pour faire oublier qu’il s’agit d’un boycott. Celui-ci permet d’éviter une autre défaite et de créer les conditions pour, d’une part, reprocher à la France une attitude méprisante ou dominatrice vis-à-vis des kanaks indépendantistes et, d’autre part, cela participe à décrédibiliser le système démocratique français. En annonçant ce boycott, les indépendantistes démontraient en fait qu’ils comptaient obtenir, autrement que par les urnes, l’avènement de la Kanaky. Et ce serait par le départ ou la soumission des Français de Nouvelle-Calédonie. Une simple affaire de temps. Ensuite, le référendum a lieu ainsi que le boycott. Les indépendantistes ignorent son existence. Quatre mois plus tard, en avril, surfant sur la contestation du référendum perdu et boycotté par une très large majorité de leurs électeurs, ils appellent également à bouder l’élection présidentielle. L’absentéisme à cette élection augmente alors de 28% par rapport à l’élection de 2017 en Nouvelle-Calédonie, principalement en brousse.

Cependant, les chiffres de l’absentéisme sont tels qu’ils donnent une opportunité aux leaders du FLNKS. En effet, en posant l’hypothèse que l’abstention correspond peu ou prou au poids des électeurs indépendantistes, il apparait que ceux-ci, au fil des ans et des migrations internes, sont devenus majoritaires dans la seconde circonscription de Nouvelle-Calédonie et qu’un poste de député est donc à leur portée. Alors que le deuil kanak n’est pas encore terminé et qu’il doit se finir quatre mois plus tard, l’UC décide tout de même de faire campagne et obtient l’union du monde indépendantiste pour ces élections. En pleine période de deuil (parait-il) le parti laisse la 1ère circonscription – inintéressante pour elle – à son partenaire du Palika car, constituée de Nouméa et des Iles Loyauté, l’ancien siège de feu Jacques Lafleur est pratiquement impossible à gagner pour les indépendantistes. L’UC présente donc son propre candidat, Gérard Reigner, dans la 2nde circonscription qu’elle estime pouvoir remporter. Celui qui a occupé durant dix ans les fonctions de secrétaire général de l’UC (2007-2017) est un homme de gauche, marié à la sœur d’Eloi Machoro et d’origine européenne. Il fait bien l’affaire et a été rappelé de sa retraite pour l’occasion. Il sera finalement remercié par l’UC au lendemain de sa défaite contre Nicolas Metzdorf car, sur les 122.000 électeurs de sa circonscription, 5.000 voix séparent encore les deux hommes. En effet, la base indépendantiste ne s’est pas suffisamment sentie concernée par ce scrutin législatif et le taux de participation de plus de 80% obtenu lors des référendums s’effondre à un petit 45%. L’électorat indépendantiste était, il est vrai, toujours soumis pour partie à la période de deuil kanak et n’a pas trouvé, semble-t-il, d’intérêt à cette élection qu’il a d’ailleurs l’habitude d’ignorer depuis les années 80.

Au lendemain de leur double défaite aux élections législatives, confrontés également aux difficultés budgétaires des collectivités qu’ils contrôlent et à la crise du nickel, les leaders indépendantistes ont décidé d’attendre, faisant ici ou là semblant de participer à quelques colloques et réunions. Signant quelques promesses sur les morceaux de papier qu’on leur présentait, mais jamais de façon unanime, de sorte qu’il y eu toujours une nouvelle faction indépendantiste à convaincre et que tout le monde tourne en rond dans l’expectative et ce dans une belle phase de démoralisation. Le tout au son des portes qui claquent et des arguties habituelles. Parallèlement, se servant de l’institution qu’il dirige et à la recherche de soutiens internationaux, le président du congrès Roch Wamytan (UC) s’est rapproché (ou est approché) par le Mouvement des Non-Alignés (qui regroupe 122 pays et a été créé à l’origine pour « se protéger de l’influence des États-Unis et de l’Union Soviétique »). Début juillet 2023, le chef coutumier de St-Louis (dont la directrice de cabinet fut un temps responsable de l’amicale sino-calédonienne) réussit à se faire inviter à Bakou par le gouvernement de l’Azerbaïdjan. Il y participe, avec d’autres responsables et parlementaires indépendantistes de l’outre-mer français, à une rencontre qui a pour thème : « Vers l’élimination complète du colonialisme ». Question intéressante s’il en est : comment éliminer un colon ? Quelques jours plus tard, à 10.000 km de là, escorté par des Rafales, le Président de la République se rend en visite en Nouvelle-Calédonie et, comme prévu, il confirme les choix démocratiques effectués par les Calédoniens en déclarant que “La Nouvelle-Calédonie est française parce qu’elle a choisi de rester française”.

Mais les leaders de l’UC décident de boycotter sa visite et de préparer le Grand Soir. Chacun sachant, en l’absence d’accord, que la réforme constitutionnelle évoquée par le Chef de l’Etat ne concernerait que le dégel du corps électoral, lequel sonnerait à la fois le retour de la Nouvelle-Calédonie dans la République Française, la défaite des leaders du FLNKS et la perte probable du pouvoir pour les seigneurs de Djubéa-Kaponé. Il est probable que, le soutien de Bakou étant finalisé, c’est à cette période que la décision de monter en pression a été prise et qu’un plan a été élaboré. Par qui ? Bien malin qui pourrait le dire. Reste que, quatre mois après la visite d’Emmanuel Macron, alors que Gérald Darmanin et Bruno Lemaire se rendent sur le caillou, ce dernier propose aux Calédoniens le fameux « Pacte Nickel », lequel conditionne une aide de l’Etat pour les trois usines en échange de la garantie de l’abandon de la doctrine nickel par les indépendantistes (laquelle ayant mené le secteur du nickel calédonien à une impasse et à des dettes monstrueuses). C’est le moment que choisissent les indépendantistes pour annoncer la création de la CCAT. Le 27 novembre 2023, des membres du bureau de l’UC de seconde division annoncent ainsi la création de la fameuse Cellule de Coordination des Actions de Terrain. A l’époque France télévision remarque « l’absence du Palika et de l’UPM à cette réunion » sans comprendre ou sans admettre qu’elle est en vérité une structure contrôlée essentiellement par les dirigeants de l’Union Calédonienne. Elle rassemble également des personnalités indépendantistes éparses sans légitimité électorale mais ayant en commun d’être très ambitieuses et parmi les plus radicales au sein du monde indépendantiste.

La nouvelle structure évoque un plan en trois phases : la première étant la mobilisation, la seconde l’occupation pacifique des territoires et des principaux axes de communication. La phase 3 devait entrainer la désobéissance civique des populations kanak vis-à-vis des autorités constituées, le retrait des enfants kanaks des écoles du territoires, le boycott des élections et enfin la démission des élus indépendantistes de toutes les institutions jugées illégitimes, puisque républicaines. Mais la phase 3 n’est jamais arrivée.

A la rentrée, alors que chacun a pu profiter de l’été, en février 2024, la multinationale Glencore annonce par surprise son retrait de l’usine du Nord et la recherche d’un repreneur. La multinationale annonce également que les salaires ne pourront être versés que jusqu’en aout de cette année. C’est la douche froide pour les indépendantistes (notamment du Palika, plus modérés) qui pensaient que cet outil à 12 milliards de dollars pourrait, un jour, financer l’indépendance kanak socialiste. Mais quand les modérés échouent, les radicaux les remplacent. Le désarroi et la colère augmentent encore chez les indépendantistes. Les responsables de la CCAT sont alors en plein dans la phase n°1 et chauffent leur troupe en organisant partout des réunions dans les quartiers nord et la brousse, surfant sur la crise sociale et économique, sur l’inflation et sur le désespoir. Plusieurs d’entre eux (Roch Haocas, Ariel Tutugoro et Romuald Pidjot) se rendent à Istanbul à une conférence organisée par le GIB afin d’y évoquer la « décolonisation ». France 24 souligne alors que « la Turquie et l’Azerbaïdjan font une promotion tous azimuts des revendications d’une nouvelle structure baptisée « groupe d’Initiative de Bakou ». Ses membres, des indépendantistes de territoires et régions français – comme la Guyane, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie ou encore la Guadeloupe – ne manquent pas une occasion, depuis plus de six mois, de dénoncer la “politique colonialiste” de la France ».

Début mars, la pression monte encore en Nouvelle-Calédonie. Paul Néaoutyine (Palika), Président de la province Nord annonce, quatre mois après en avoir pris connaissance, que concernant le pacte nickel il avait fini par le lire et son couperet tombe : pour lui, « c’est niet ». Plus d’espoir pour les opérateurs du nickel. Le tempo devient magique. Les responsables économiques et industriels ne cachent pas leur désarroi et se démoralisent encore un peu plus. Du fait de la fermeture annoncée des usines et des pertes d’emplois colossales qu’elles représenteraient à l’échelle du territoire, l’inquiétude et la rancœur progressent au sein de la population calédonienne alors que le texte sur le dégel continue, parallèlement, son parcours législatif. L’Assemblée Nationale choisit Philippe Dunoyer (député de la 1ère circonscription) comme rapporteur du projet de loi organique reportant de mai à décembre, au plus tard, les élections provinciales et, se faisant, ouvre la voie au dégel.

Mais si la nomination d’un député calédonien comme rapporteur d’une loi touchant la Nouvelle-Calédonie n’a alors fait réagir personne, quelques jours plus tard seulement, début avril, la nomination du député Nicolas Metzdorf comme rapporteur du projet de réforme constitutionnelle du corps électoral provincial donne – du fait de son origine caldoche et de son positionnement clair pour le dégel – un prétexte à la CCAT pour chauffer encore ses troupes. La CCAT et le monde indépendantiste d’une part et les Loyalistes d’autre part, organisent chacun de grandes manifestations le 13 avril dernier visant pour l’une au maintien du gel du corps électoral et pour l’autre à son ouverture. On se compte. Et si des dizaines de milliers de Calédoniens marchent ce jour-là dans les rues de Nouméa, le nombre des adversaires du dégel incite les stratèges de la CCAT à continuer leur lent travail de sape. Quelques jours plus tard, à Bakou, un accord est scellé, sans l’accord des membres de l’institution, entre le congrès de la Nouvelle-Calédonie et le parlement de l’Azerbaïdjan. Le tout via une élue indépendantiste, représentante officielle de Roch Wamytan, le président du congrès. Du côté de la Nouvelle-Calédonie, la pusillanimité, les polémiques et les clashs politiques s’accroissent. Aucun accord n’est trouvé entre les partenaires. Le pacte nickel proposé par le Gouvernement français est à la fois demandé par le gouvernement dirigé par des élus indépendantistes (du Palika et de l’UC) et en même temps refusé par l’ensemble des partis constituant le FLNKS (le Palika et l’UC). A cet instant, les Loyalistes et le Gouvernement Français perdent toute leur énergie et tout leur temps à essayer de convaincre des gens qui ne veulent pas être convaincus mais qui font semblant de pouvoir l’être. L’important pour la CCAT est surtout qu’aucun de ces deux-là ne se soucie de la question de l’ordre public. Alors que nos élus s’engueulent au congrès, le nombre de bataillons de gendarmerie, au nombre de dix-sept durant les référendums, n’est plus que de six sur l’ensemble du territoire. L’organisation et la sécurisation des prochains Jeux Olympiques à Paris monopolisent beaucoup de moyens. Que voulez-vous, la guerre c’est aussi une affaire de diversion.

Mai arrive et représente pour la CCAT le mois de toutes les possibilités. L’histoire récente de la Nouvelle-Calédonie a, en effet, été marquée par le drame d’Ouvéa lequel a pris fin le 5 mai 1988. De plus, le 4 mai de l’année suivante, est le jour anniversaire de la mort de Jean-Marie Tjibaou. Cette date représente ainsi à la fois le jour du levé de deuil des 19 martyrs de la cause indépendantiste (puisque le deuil kanak dure un an quand on le respecte) et le jour de l’assassinat des deux leaders indépendantistes par Djubelly Wéa. De même, la signature de l’Accord de Nouméa a été conclue le 5 mai 1998. De plus, c’est ce dimanche 12 mai qu’auraient dû avoir lieu les élections provinciales pour renouveler le congrès, si le parlement ne les avait pas repoussées. Sachant que chaque jour qui passait éloignaient la possibilité de conserver le pouvoir, le 3 mai 2024, la CCAT a lancé un mouvement appelé « dix jours pour Kanaky ». Ce mouvement devait les emmener au 13 mai, jour du vote de la Loi Constitutionnelle par l’Assemblée Nationale. Mais ce n’était pas seulement une phase, c’était un compte à rebours. Dix jours, tic-tac, tic-tac, avant la Kanaky. Le 8 mai, la CCAT pousse quelques milliers de ses troupes à occuper les quartiers Sud de Nouméa, les baies et les zones touristiques et à y faire grand bruit. L’Etat, persuadé qu’il s’agissait de sympathiques manifestations populaires leur laissa faire ce que les citoyens ordinaires n’ont, eux, pas le droit de faire : c’est-à-dire privatiser un espace public et y mettre le bordel (déstabilisation + démoralisation). Car en fait, il s’agissait surtout de repérage. Tout était prêt pour le 13 mai. Les troupes de la CCAT étaient chauffées à blanc (c’est le cas de le dire), les Loyalistes attendaient et les autres (les Calédoniens-qui-s’en-cognent soit l’écrasante majorité de la population) suivaient de loin les séances de l’Assemblée Nationale en espérant que tout ce bazar finirait bientôt.

Mines bloquées, barrages filtrants, manifestations un peu partout sur le territoire, gardes à vue des militants de la CCAT suspectés d’actes de violences et premières agressions (motarde à Saint-Louis et véhicules de la gendarmerie), la situation devenait ingérable. L’examen du texte à l’Assemblée Nationale a allumé l’étincelle qui ne demandait qu’à l’être. La veille, semble-t-il un peu débordée et n’ayant pas bien mesuré le caractère inflammable de sa création, la CCAT s’est bien vite retrouvée face à l’ébullition de troupes gavées de discours de haine, de ressentiment, de frustration et de beaucoup d’alcool. Parce qu’il fallait bien démontrer que tout cela était contrôlé, et (peut-être ?) parce qu’il fallait attendre, encore un peu, le vote final des députés (qui n’aura finalement lieu que le sur-lendemain, mardi 14 mai en métropole) le porte-parole de la CCAT a cru bon de monter la pression en déclarant ouverte le passage à la phase « 2,5 ». Une nouvelle étape de son invention qui aura été comprise par ses troupes que comme une étape supérieure (après 2, c’est forcément 3 non ?), c’est-à-dire par le passage à l’acte. Effet Kaamelott. Un peu trop tôt peut-être ? Voyant que le coup était déjà parti et qu’il était l’heure, quelqu’un, quelque part, a donné une consigne. Une de celles que ceux qui les subissent n’entendront jamais. Elle a été suivie et le plan s’est mis en œuvre avant même que les députés ne finissent d’examiner la loi et que celle-ci soit adoptée. À minuit, ce mardi 14 mai, plus de 200 incendies ravageaient déjà le Grand Nouméa. Les émeutiers ont d’abord pillé les ressources à leur disposition, particulièrement la nourriture, les médicaments et les armes avant d’incendier et de détruire méthodiquement les infrastructures de distribution. La suite on la connait. Méthodique vous dit-on.

Qui nous pousse à l’amer ?

Des Historiens calédoniens travailleront peut-être sur cette période tragique et sur le déroulé exact des faits. Peut-être qu’un jour, on découvrira les commanditaires, les organisateurs et le nom du stratège de ce coup d’Etat manqué. On se les murmurera, j’espère, entre Calédoniens. Quoi qu’il en soit, si l’on réfléchit en terme militaire et stratégique, il apparait que tous les objectifs des troupes d’émeutiers n’ont pas été totalement atteints. Les tentatives de destruction des réserves de carburants et d’hydrocarbures, organisées au même moment que le déclenchement d’une mutinerie à la prison, ont échoué. Les tentatives visant à occuper l’ensemble des secteurs résidentiels du Grand Nouméa ont échoué. En moins de 48 heures, les citoyens se sont organisés et se sont défendus eux-mêmes, permettant aux forces de l’ordre de protéger l’essentiel. Ils voulaient détruire davantage et ils voulaient avancer plus loin.

Quant aux circonstances du décès du jeune et brave gendarme Nicolas Molinari, ils font penser à une exécution sommaire, du fait du piège qui lui a été tendu. Cet assassinat indique que la cible des émeutiers était bien les forces de l’ordre et qu’il a été visé en pleine tête à dessein. L’objectif étant certainement, au soir du mercredi 15 mai (le jour du vote du dégel par le parlement français et après la mort de deux émeutiers tués par un habitant de Nouméa) de pousser les policiers et les gendarmes, dépassées par les évènements et les incendies dans l’agglomération, à tirer à vue sur de jeunes kanak imbibés d’alcool et pillant ou brûlant ce qu’ils trouvaient devant eux. Car c’est comme cela qu’on fabrique des symboles et des nouveaux martyrs morts au combat contre « la puissance colonisatrice ». Pour la cause. Ceux-là même qui avaient été autorisés, par leurs grands frères et par la génération de leurs pères, à tout ravager. Mais ces fameux « 1000 jeunes kanaks » que les élus du FLNKS disaient être capables de sacrifier ne sont en fait pas tous les jeunes kanaks pris au hasard. Il n’y a pas à douter que les fils et les neveux des principaux leaders indépendantistes et des responsables de la CCAT n’ont pas été envoyés comme chair à canon en première ligne mais qu’ils étaient plutôt à la clim’ dans de gros pick-up, servant de relais ici ou là. Au Palais du Luxembourg ou à Saint-Louis. Le profil des trois jeunes tués durant ces émeutes ne trompe pas : la CCAT s’est servie de délinquants et aussi de jeunes kanaks les plus mal dans leur peau ou les plus violents pour exécuter son plan.

Ouah, mi-temps !

Le coup s’est aussi, peut-être, mal déroulé parce que pour remporter une victoire, il faut un général connu et respecté par ses troupes. Pour qu’un ordre soit respecté, il faut que le donneur d’ordre soit respectable aux yeux de celui qui est censé lui obéir. Un stratège doit aller au front s’il veut s’assurer de la loyauté et de l’obéissance de ses hommes. Il ne peut pas toujours se cacher. Eloi Machoro était un combattant. Comme le dit le désormais célèbre Jack Angaraa, « Eloi Machoro, il était pas complètement cuité lorsqu’il menait la lutte pour la Kanaky ». Et même si boire donne du courage (ce n’est pas français que de nier cet état de fait), cela ne suffit pas. Les soldats, même d’une armée imaginaire, se battent évidemment pour un idéal, mais aussi pour une figure tangible et concrète qu’ils peuvent admirer, suivre et respecter. Ataï, Machoro, toutes ses figures guerrières qui appartiennent à l’imaginaire kanak se sont battues et sont mortes les armes à la main, ce qui leur vaut, et c’est normal, la reconnaissance et le respect de tout leur peuple, qui est avant tout un peuple guerrier. Or, lorsque les émeutiers ont continué leur œuvre, ils se sont retrouvés face à des caldoches armés ayant peur pour leur vie et pour leur famille et qui savaient qu’un gendarme venait d’être abattu. Et il faut savoir que rien n’effraie plus un kanak qu’un caldoche armé. Les émeutiers ont alors semble-t-il échappé au contrôle de leurs donneurs d’ordre. Mais là, aucun leader, aucun général ne s’est montré. Personne dans le monde indépendantiste n’a eu l’autorité suffisante pour faire cesser les actes de violence. Le président de la province Nord ne s’est pas senti concerné, occupé qu’il est à compter la dette de KNS. Et le coup s’est terminé, repoussé par les forces de l’ordre. La dictature de la Kanaky attendra donc un peu son avènement. Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable ?

Car, ne soyons pas dupes, l’ensemble des leaders indépendantistes actuels avaient déjà des responsabilités au sein du FLNKS quand ses deux dirigeants ont été tués par un indépendantiste radical qui leur reprochait d’avoir signé l’Accord de Matignon avec les représentants de l’Etat. Vu des partisans de l’indépendance, c’est à cela qu’a servi le sacrifice de Djubelly Wéa : empêcher ce que beaucoup considéreraient comme une nouvelle traitrise (« l’esclave a serré la main du maître », disait Léopold Jorédié en 1988). Ces mêmes hommes, beaucoup plus âgés et beaucoup plus bourgeois aujourd’hui, refuseront donc toujours catégoriquement de prendre un tel risque. Il n’y aura donc aucun accord possible qui respecterait les résultats des trois référendums et donc la légitimité de la démocratie.

Une histoire calédonienne

Machiavel expliquait qu’il y a sur cette terre trois formes d’intelligence. La première est celle de ceux qui comprennent par eux-mêmes. Elle est rare et donc précieuse. La seconde, beaucoup plus répandue et dont l’auteur de ses lignes appartient, est celle de ceux qui comprennent lorsqu’on leur explique (et parfois il faut beaucoup de temps). La troisième, très minoritaire, est constituée par les gens qui ne comprennent jamais rien à rien. Or, à moins de vouloir se retrouver bloqué dans cette dernière catégorie, il appartient à chacun de comprendre que lorsque nos croyances se confrontent au réel et que c’est ce dernier qui l’emporte, cela signifie que c’est le réel qui a raison et non pas nos croyances. Aussi, lorsqu’on vous parle de “vivre ensemble”, rappelez-vous que ceux qui le veulent et le proposent ne sont pas ceux qui le subissent. Car en Nouvelle-Calédonie, parfois depuis 171 ans, vivre, ensemble, il faut choisir.

« La souffrance en commun unit plus que la joie. Elle forme des peuples. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun. (Ernest Renan) »

Coup d’Etat – Subversion

Coup : Etymologiquement, un « coup » réunit des caractères de rapidité, surprise et choc brusque pouvant provoquer une douleur physique et/ou morale, et entretient donc un rapport à la violence.

Un “coup d’État” est un renversement du pouvoir par une personne ou un groupe de personnes investis d’une autorité, de façon illégale et souvent brutale. On le distingue d’une révolution en ce que celle-ci est populaire. Le putsch est un coup d’État réalisé par la force des armes. D’un point de vue historique, et y compris dans l’époque contemporaine, le coup d’État a été l’un des moyens les plus fréquemment utilisés pour accéder au pouvoir. Dix-sept coup d’Etat ont eu lieu sur la planète depuis 2020. WIKIPEDIA

Subversion : action de bouleverser, de détruire les institutions, les principes, de renverser l’ordre établi. (Synonymes : renversement, révolution, sédition)

L’art de la subversion est de tous les arts, l’un des plus difficiles. Inventé par Sun Tzu il y a plus de 2500 ans, il a été érigé au rang de chef-d’œuvre par les services de renseignements de l’Union Soviétique. Dans ses conférences, l’ancien espion du KGB, Yuri Bezmenov, explique ainsi que dans le milieu des années 1980, plus de la moitié des gouvernements dans le monde étaient issus d’un coup d’État. A cette époque, environ 85% des dépenses du KGB étaient assignées à des opérations de subversion aussi appelées : mesures actives. Ces mesures s’inscrivant dans un plan en quatre étapes, bien connu des spécialistes qui inclut : la démoralisation, la déstabilisation, la crise et la normalisation. L’ensemble de ces processus sont parfaitement observables et les acteurs qui perpétuent des actes de subversion pourtant destructeurs ne sont pas des terroristes mais le plus souvent des diplomates, des journalistes, des intellectuels, des professeurs ou autres parmi lesquels certains n’ont pas forcément conscience de la portée de leurs actions…

Afficher la suite
JNC

Ancien journaliste, aujourd’hui à la retraite, JNC a été l’un des tous premiers contributeurs officiels du média. Curieux, travailleur, attentif aux soubresauts de l’actualité, il sait conserver une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Volontiers pédagogue, jamais caricatural, souvent indigné, il conserve intact sa capacité à remettre en question la société calédonienne qu’il connait et décrit au jour le jour. Son crédo : « c’est l’actualité qui décide, pas nous »

0 0 voter
Évaluation de l'article
guest
256 Commentaires
plus récents
plus anciens plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments
LedZep4096
LedZep4096
15 juin 2024 10:09

Un rapport avec ce coup d’état manqué (?). Une soldate de l’ombre (chinoise celle-ci, manipulée par X Dada et non celle plus qu’honorable de la résistance durant la seconde guerre mondiale) mise sur la touche. Mais pour combien de temps (*) ? On ne sait jamais si par “bonheur” (⚠️ du nième °) la NUPES – LFI et autres socialo-bobo-écolo-communiste-de-salon-parisiens mettaient la main sur la France à la suite des prochains élections législatives. Il se dit, dans ces mêmes salons, que ce serait la “verte” Sandrine Rousseau qui serait nommée Ministre de l’Intérieur en cas de cohabitation avec Jupiter. Pas… Lire la suite »

XYY .
XYY
Répondre à   LedZep4096
15 juin 2024 17:37

LedZep.
“manipulée par X Dada”.
Pendanr ce temps là, moins paranos et plus pragmatiques, nos voisins…
https://apnews.com/article/australia-new-zealand-china-li-qiang-bae15f02ff6af9b3384d33a54347e71e

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XYY
15 juin 2024 17:59

XYY “Pendant ce temps là, moins paranos et plus pragmatiques, nos voisins… [ https://apnews.com/article/australia-new-zealand-china-li-qiang-bae15f02ff6af9b3384d33a54347e71e ]” “Chinese premier flies to Australia after New Zealand visit” (Le Premier ministre chinois s’envole pour l’Australie après sa visite en Nouvelle-Zélande). Moins paranos, nos voisins ? Préoccupés ? Certainement : https://www.diploweb.com/Quels-sont-les-effets-boomerang-du-sharp-power-chinois-en-Australie.html “Quels sont les effets boomerang du « sharp power » chinois en Australie ?” “L’objectif du sharp power chinois est de neutraliser toutes les remises en cause de la représentation que le régime chinois se fait de lui-même. Il s’agit d’obtenir une cooptation d’étrangers pour façonner les processus décisionnels et soutenir les objectifs stratégiques de Pékin. Ce faisant,… Lire la suite »

Dernière modification 3 jours plus tôt par LedZep4096
XYY .
XYY
Répondre à   LedZep4096
15 juin 2024 21:43

LedZep.
“Préoccupés ? Certainement”.
Date de l’article: 21 mai 2023 😊
Ressucée d’un mémoire de Master 1, année 2020/2021 😊

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XYY
16 juin 2024 08:08

XYY “Préoccupés ? Certainement”. “Date de l’article: 21 mai 2023” “Resucé d’un mémoire de Master 1, année 2020/2021” Et alors ? Toujours d’actualité SMHO si ce n’est, encore plus vu l’implication de plus en plus marquée de la Chine dans le Pacifique Océanien. https://www.diploweb.com/Quels-sont-les-effets-boomerang-du-sharp-power-chinois-en-Australie.html “Raphaël Mineau est diplômé de l’Institut Français de Géopolitique (IFG) de l’Université Vincennes-Saint-Denis (Paris 8). Il s’intéresse aux enjeux géopolitiques de l’Océanie et à l’influence chinoise dans cette région. Cet article se base sur son mémoire de recherche de master : « Le  sharp power  chinois en Australie : enjeux d’influence et de représentations », sous la direction d’Isabelle Saint-Mézard,… Lire la suite »

XYY .
XYY
Répondre à   LedZep4096
16 juin 2024 15:47

LedZep.
“Et alors ?
Toujours d’actualité…”.
???
Comme disait Bob Zimmerman : “For the times they are a-changin“.

Même pas peur…
https://abcnews.go.com/International/wireStory/chinese-premier-flies-australia-after-new-zealand-visit-111145059
https://apnews.com/article/china-new-zealand-premier-li-qiang-australia-fec24a408a01d13de2465100a4bcc575

SMHO ©️ LedZep, la Chine a mieux à faire avec Taiwan et la Mer de Chine.

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XYY
17 juin 2024 10:59

XYY “SMHO ©️ LedZep, la Chine a mieux à faire avec Taiwan et la Mer de Chine.” C’est bien mal connaître Xi Dada. Eléments de réflexion : https://www.lcanews.com/le-premier-ministre-chinois-appelle-a-eviter-un-gouffre-avec-la-nouvelle-zelande/ “Le Premier ministre chinois appelle à éviter un « gouffre » avec la Nouvelle-Zélande”  “La Chine, premier partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande, importe viande, vin et lait néo-zélandais.” “Le nouveau gouvernement néo-zélandais a resserré ses relations avec l’Australie et les Etats-Unis. Il envisage également de participer à l’alliance militaire Aukus, conclue entre Washington, Canberra et Londres, ce qui est vu d’un mauvais œil par la Chine.” “Pour M. Miller, le Premier ministre chinois pourrait faire… Lire la suite »

Dernière modification 2 jours plus tôt par LedZep4096
XYY .
XYY
Répondre à   LedZep4096
17 juin 2024 14:17
LedZep4096
LedZep4096
13 juin 2024 20:46

“Nouvelle-Calédonie : le coup d’Etat manqué ? Certainement. Par contre, un qui y songe encore mais, de façon plus “édulcorée”, avec la complicité de l’Etat (?), en espérant pouvoir triturer à pleine main la Constitution de la RF, c’est bien notre Charly local, la preuve (SMHO) : https://voixducaillou.nc/2024/06/13/pour-le-palika-il-est-temps-dentamer-le-dialogue/ « Considérant ainsi la caducité de la loi constitutionnelle du fait du changement dans le calendrier institutionnel, dit le communiqué, le BP du Palika propose que soit mis à profit ce temps ouvert pour traiter la question de la citoyenneté calédonienne et ainsi finaliser le projet politique global qui, dans la lignée des accords de Matignon-Oudinot… Lire la suite »

Electron Libre
Electron Libre
4 juin 2024 19:20

Nous avons de grands poètes

1000003711.jpg
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Electron Libre
4 juin 2024 20:08

Electron “Nous avons de grands poètes”.

Et surtout, qui maitrisent la grammaire !
Comment accorder l’objet “saucisse” avec l’article “la”.
Quant à l’usage de la préposition “À”.
Que vive la Kanaky (heureusement sans “s”), libre et interdépendante aux plus offrants (là je m’aventure peut-être quant aux nombres de nations qui s’intéresseraient à cette bande de terre une fois passée dans les mains de nos cancres). Il est vrai que la langue dite de Molière est pleine de nuances grammaticales, pour ne pas dire de pièges grammaticaux. 👀

Dernière modification 14 jours plus tôt par LedZep4096
Alika Antitra
Alika Antitra
4 juin 2024 11:31

La “restitution” de sa mission de grand reporter (une dizaine de jours) en NC par Régine Delfour sur CNews (l’Heure des Pros, 03/06, matin) : https://www.dailymotion.com/video/x8zk0v8 (de 50:30 à 58:40 Extrait (53:35) : “… quand je parlais avec des indépendantistes en leur disant “Mais, vous vous rendez compte que vous avez tout incendié, au niveau économique, même pour vous ça va vous impacter”, et là ils me répondaient “Ben non, parce qu’en fait, nous on va faire venir un bateau de Maré, donc c’est en face, avec des fruits et légumes, on chasse, on pêche, on n’a pas besoin de cette… Lire la suite »

Dernière modification 14 jours plus tôt par Alika Antitra
Minie
Minie
Répondre à   Alika Antitra
4 juin 2024 14:01

“On chasse ,on pêche on n’a pas besoin de cette économie ” N’importe quoi en effet ! Faire venir des denrées de Mare!Les poules aux iles Lyt. c’est pas dans les poulaillers la plupart du temps mais au ” magasin ” et surgelées, et la seule fois où tu les rencontres vivantes c’est quand elle traversent la route et sortent des broussailles. Etxsu’on les écrase parfois!Je caricature mais cela m’est arrivé. Ce qui ne retire pas le mérite des apiculteurs ni des cultivateurs de vanille et d’ avocats. Mais quant à l’autarcie alimentaire et à plus forte raison avec des… Lire la suite »

XYY .
XYY .
Répondre à   Alika Antitra
4 juin 2024 14:42

Alik. “Une remarque égocentrique : jamais on ne parle des Zoreilles,” Et pour cause, vers 55′: Praud: On est d’accord que dans les professions bourgeoises, si j’ose dire, ou de notables, vous retrouvez peu de kanaks, c-a-d des notaires, des avocats, des médecins, etc. c’est des professions qui sont trusté par les caldoches. Acquiescement de la grand reporter 😂… qui rajoute: Moi, j’ai eu des indépendantistes qui m’ont dit: “On a envoyé nos enfants en métropole pour faire des études pour avoir un autre avenir. Quand ils sont revenus, ils n’ont pas eu accès à certains métiers”. 😂 😂 Add:… Lire la suite »

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
4 juin 2024 15:31

Alik “Si je commence à douter de l’objectivité de CNews sur la NC, je vais mettre en doute leurs analyses métropolitaines … Mon monde s’écroule …” SMHO, il y a belle lurette que ce Monde globalisé – multipolaire – poutinien s’est écroulé. C News, l’une des trois chaînes de TV de ce trio infernal (LCI, C NEWS BFM TV) du PAF hexagonal de nos deux Tycoon Bolloré – Bouygues (pas très Macron compatibles) qui passe son temps d’antenne, à faire du Macron – Bashing bien orchestré en cela, par Pascal Praud. Alors, le sujet de la NC du pain béni… Lire la suite »

2024-06-04_151041.jpg
Dernière modification 14 jours plus tôt par LedZep4096
Michel Antoine
Inforétif
Répondre à   Alika Antitra
5 juin 2024 06:28

“Mon monde s’écroule …” C’est le moins que tu puisses écrire, et mieux vaut tard que jamais : ça fait des années que tu soutiens Poutine et ses agissements criminels en Ukraine et v’la maintenant que tu t’aperçois qu’il agit de même, en Calédonie*** et par kanaks décérébrés interposés, contre ta propre petite personne, y a en effet de quoi te botter toi-même le cul si tu le pouvais ! Désinformation: France, Allemagne et Pologne cible d'”attaques permanentes” de la Russie (msn.com) ““D’après l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO), avant les élections, il y a trois grands pays attaqués en… Lire la suite »

Electron Libre
Electron Libre
Répondre à   Inforétif
5 juin 2024 06:47

Mon monde occidental s’écroule …

https://www.lnc.nc/article/pacifique/australie/l-australie-va-recruter-des-etrangers-pour-son-armee

Le même problème pour l’Angleterre, l’Allemagne.
(L’argument du “sous-peuplement” pour l’Australie est donc nul).

Développer le sujet, expliquer les raisons, c’est forcément sortir du politiquement correct.

Michel Antoine
Inforétif
Répondre à   Electron Libre
5 juin 2024 16:59

Le même problème pour l’Angleterre, l’Allemagne.”

Et surtout la Russie : très peu de Russes de “race pure” (blancs tirant sur le rose très clair) dans l’armée russe mais essentiellement des “Russes” périphériques + mercenaires étrangers asiatiques, tous piégés par des promesses d’enrichissement rapide et sans risques.

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 16:03

Alik “Info ou intox [Air Vanuatu 👎] ?”. https://www.dailypost.vu/features/air-vanuatu-is-dead-long-live-air-vanuatu/article_c3746f0e-f0fb-52f1-9e4e-ec9aa361e873.html “Air Vanuatu est mort, vive Air Vanuatu !” “L’annonce de la liquidation de notre compagnie aérienne nationale a peut-être choqué certains, mais ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne succombe aux abus incessants auxquels notre classe politique la soumet depuis des décennies. C’est la même histoire qui se produit partout dans le monde lorsque les gouvernements commencent à gérer les compagnies aériennes : cela se termine presque toujours mal.” … “La leçon à retenir ici est qu’Air Vanuatu était condamnée du simple fait que le gouvernement était son actionnaire majoritaire.… Lire la suite »

casse-tête.jpg
Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 16:31

.

Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 16:31

Alik “Info ou intox ? [suite]” https://www.dailypost.vu/features/air-vanuatu-is-dead-long-live-air-vanuatu/article_c3746f0e-f0fb-52f1-9e4e-ec9aa361e873.html “Air Vanuatu is dead, long live Air Vanuatu! Y’a plus qu’à relancer cette “industrie”, fortement lucrative, pour ce copain du GFLM [souvenir de 2014] : https://www.paradisfj.info/Vanuatu-un-passeport-salvateur.html “Au Vanuatu, le nouveau Premier ministre, élu jeudi dernier, va revoir le système de vente des passeports vanuatais. « Le pays doit vivre selon ses moyens », a déclaré Joe Natuman, au micro d’Hilaire Bule, pour la radio néo-zélandaise internationale. Il fait référence, entre autres, au projet de construction d’un deuxième aéroport international à Port-Vila, que beaucoup considèrent comme un gouffre financier. « Nous sommes à court d’argent et nous… Lire la suite »

Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096
Alika Antitra
Alika Antitra
Répondre à   LedZep4096
3 juin 2024 16:43

LedZep : Dailypost : “Air Vanuatu is dead, long live Air Vanuatu!

C’est le moment de relancer Air Oceania :
https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/projet-air-oceania-se-sent-pousser-ailes-764257.html

Souvenirs …
https://www.province-iles.nc/actualite/air-oceania-est-creee

Dernière modification 15 jours plus tôt par Alika Antitra
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 17:16

.

Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 17:17

.

Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096
LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   Alika Antitra
3 juin 2024 17:19

Alik “C’est le moment de relancer Air Oceania : https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/projet-air-oceania-se-sent-pousser-ailes-764257.html” “La province des Iles Loyauté autorise son bras économique, la Sodil, à créer une filiale pour chapeauter la future compagnie Air Océania.” Comme le temps passe. Je l’avais oublié ce superbe projet îlien. Et puis, arriva ce rapport de la Chambre Territoriale des comptes de “la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances” : https://www.ccomptes.fr/fr/documents/54245 sur la : “Société de développement et d’investissement des Îles (Sodil)” Qui sans aucun doute stoppa net le projet. Comme le mima si bien en son temps, le grand Jacques (par la taille, pour le reste…), ça fit (*)… Lire la suite »

Dernière modification 15 jours plus tôt par LedZep4096

Voir plus dans Actualité

Top du moment

Commentaires récents

To Top