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Le Miel de la corruption : une histoire de petite abeille

Comment le travail d’une petite abeille peut nous aider à comprendre notre situation actuelle et les solutions pour en sortir ? Humble et travailleuse, l’abeille récolte le nectar pour sa ruche. Mais que se passe-t-il quand les ressources sont détournées, mal utilisées et redistribuées injustement ? La ruche se meurt, tout comme notre économie actuelle, où les profiteurs s’engraissent tandis que ceux qui produisent sont écrasés. Nous devons rétablir l’équilibre, valoriser le travail et encourager l’initiative individuelle. La solution ? Libérer la ruche et permettre à chacun de contribuer à la prospérité collective. C’est en réunissant nos forces que nous pourrons sortir de cette impasse. En essaim.

Un système en dérive

L’économie de la Nouvelle-Calédonie, comme celle de la France, est profondément influencée par les ressources publiques (57% du PIB français, 62% du PIB calédonien), lesquelles devraient être au service de tous. Cependant, ces dernières années, nous constatons un détournement systématique de ces ressources à travers de multiples scandales, tant au niveau local qu’au niveau national. En Outre-mer, en Nouvelle-Calédonie, en Métropole, des affaires récurrentes comme celle du CDAD en Martinique, les affaires de détournement de fonds publics à Nouméa, ou encore les scandales politiques en Métropole (Marine Le Pen, Mélenchon, Bayrou,…), révèlent une vérité accablante : les ressources publiques sont mal utilisées, détournées, ou redistribuées de manière opaque et injuste.

Ces exemples révèlent un phénomène plus large, où le miel public, censé nourrir la société, est accaparé par des acteurs qui ne participent pas à la création de richesse. Ce système nourrit des profiteurs et des passagers clandestins, laissant les travailleurs acharnés s’épuiser. La question centrale devient : comment éviter que la ruche ne se meure sous le poids de ses propres abus ?

La métaphore de la petite abeille

Imaginons une petite abeille de la Foa, humble et travailleuse, qui butine le nectar des fleurs de niaouli, produisant un miel de grande qualité, reconnu pour ses vertus. Ce miel, précieux et pur, représente le travail acharné des producteurs dans notre société : ceux qui, au quotidien, créent de la richesse par leur labeur.

Mais que se passe-t-il quand cette petite abeille, au lieu de conserver son miel pour elle-même, doit le verser dans un pot commun ? Ce pot, censé servir le bien de tous, est supervisé par des guêpes, agents assermentés de la puissance publique, qui en contrôlent la répartition, souvent selon des règles opaques ou injustes.

La tentation du Miel et l’invasion des passagers clandestins

Au fur et à mesure, le pot de miel attire non seulement les abeilles travailleuses, mais aussi une multitude d’insectes, de tous les horizons, qui viennent s’en nourrir sans jamais avoir pris la peine de récolter le nectar eux-mêmes. Ces insectes ne produisent pas de miel, mais viennent en profiter sans effort, souvent au détriment des abeilles qui, elles, travaillent dur pour le produire.

Les abeilles fainéantes et les profiteurs viennent puiser sans se soucier de l’équilibre de la ruche. À ce stade, le système devient insoutenable : les abeilles travailleuses, épuisées, ne peuvent plus produire autant qu’elles devraient. Les ressources sont pillées, et les mécanismes de régulation se cassent.

Les conséquences : la rupture de l’équilibre

Dans une ruche bien gérée, chaque abeille a sa place, et le miel est équitablement partagé entre celles qui travaillent et celles qui consomment ce qui est produit. Mais lorsque le système économique devient trop centralisé et qu’il y a trop de redistribution injuste ou de détournement, le modèle se brise. Nous vivons dans un système où l’argent public est mal alloué, détourné ou gaspillé, créant une dépendance et une exploitation du travail des autres. Les abeilles travailleuses finissent par se fatiguer et disparaissent, laissant place à ceux qui profitent sans contribuer.

En Nouvelle-Calédonie, nous observons une gestion des subventions inefficace et une répartition opaque des ressources publiques, qui accablent les acteurs productifs, tandis que les profiteurs trouvent toujours de nouvelles façons de siphonner l’argent public. Ce phénomène est bien documenté par des exemples multiples, qui illustrent parfaitement un processus inévitable : plus il y a de miel public, plus le risque de corruption grandit.

Le retour à la liberté et à l’ordre naturel

Ce que nous devons comprendre, c’est que dans une économie saine, tout comme dans une ruche productive, la liberté de chaque abeille est essentielle à la prospérité de l’ensemble. Le miel, ou les ressources collectées, doivent être partagés de manière juste et équitable, mais c’est le travail, la créativité et l’innovation des individus qui doivent être au cœur de la création de richesse. Le droit de propriété, le risque entrepreneurial et la récompense du travail bien fait sont les véritables fondations de la prospérité.

Tout comme la ruche a besoin de ses abeilles travailleuses pour prospérer, la société doit encourager ceux qui créent de la richesse, les protéger, et leur permettre de récolter les fruits de leur travail sans être écrasés par des systèmes inefficaces. Car si nous continuons de détourner les ressources et de concentrer trop de pouvoir dans les mains de ceux qui ne produisent pas, nous condamnerons notre société à l’effondrement, comme cette ruche où les abeilles meurent d’épuisement.

L’emblème de la ruche : un modèle économique à suivre

La petite abeille de brousse, par son travail incessant et son sacrifice, incarne bien plus qu’une simple métaphore : elle est le symbole intemporel de l’ordre, de la prospérité et de l’harmonie collective. La société qui valorise le travail, qui encourage chacun à produire, et qui redistribue les richesses de manière juste et équitable, est celle qui s’épanouit véritablement. Ce modèle, où chaque individu contribue à la richesse commune, est la seule voie vers une prospérité durable pour notre société.

Il n’est d’ailleurs pas anodin que, depuis les Mérovingiens jusqu’à l’Empire, la France se soit longuement reposée sur l’image de l’abeille. Des abeilles en or ont ainsi été retrouvées dans la tombe de Childéric Ier, le père de Clovis, soulignant déjà le lien sacré entre l’abeille et la naissance du Royaume Franc. En 1804, Napoléon Ier reprend ce symbole pour sa couronne impériale, brodant des abeilles dorées sur son manteau, ses tapisseries et ses armoiries. Il fait de l’abeille l’emblème d’un pouvoir ordonné, fécond et légitime, incarnant un peuple travailleur, prospère et industrieux. Napoléon III, un an avant de prendre possession de la Nouvelle-Calédonie, choisit lui aussi ce symbole pour son sacre, faisant des abeilles l’image d’un peuple engagé dans l’effort collectif au service de l’Empire.

Ainsi, notre petite abeille n’est pas un simple symbole décoratif. Elle est pour la France et les Français, depuis plus de quinze siècles, l’emblème d’une économie saine, où le travail, la liberté individuelle et le respect des droits sont la clé d’une société qui réussit.

Et voici ce que l’abeille nous enseigne :

Les ressources publiques doivent être utilisées avec discernement, et l’intervention collectiviste doit être réduite, pour permettre aux abeilles travailleuses de prospérer, sans être écrasées par le poids d’un système inefficace.

Ce n’est qu’en adoptant ce modèle, celui des abeilles qui, sans parasitisme ni exploitation, créent ensemble un avenir commun, que nous pourrons éviter que notre ruche, tout comme notre société, ne se meure sous les coups des profiteurs. En célébrant le travail productif, la liberté d’entreprendre et la juste répartition des richesses, nous redonnerons vie à une société où chacun, à sa manière, peut contribuer à un avenir prospère. Le destin de la ruche repose toujours entre les mains de tous ses habitants.

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Nota Bene : Le lien vers le miel de niaouli bio des Délices d’Éli est fourni à titre indicatif et de manière non commerciale. Il est important de souligner que de nombreux apiculteurs locaux, qui produisent un miel de très grande qualité, mériteraient également cet hommage.

Parmi eux, des producteurs comme Monsieur Kevin de Sonneville de Ouégoa, Monsieur Patrick Lecren du Mont-Dore, ou encore le Rucher Sauvage de Madame Caroline Faivre, tous récompensés par leurs pairs pour leurs miels, méritent tout particulièrement d’être mis en avant.

La diversité des producteurs locaux est essentielle et mérite en effet d’être valorisée.

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Mc Clane

Jeune entrepreneur originaire de la brousse, énergique, impliqué dans la vie associative, Mc Clane partage désormais ses coups de gueule et ses réflexions dans Caledosphere.

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oups2 x
oups2
2 avril 2025 22:35

Quelle histoire! On devrais aussi parler des abeilles qui exportent leur miel dans des banques a miel etrangeres. Elles butinent dans la fonction publique et mettent a l’abri de la redistribution les surplus. Et aussi les dirigeantes et patrones qui encore plus investissent dans des ruches a l’etranger les surplus en subsides de leurs ventes en NC. Bref si l’on supprime l’investissement public et les impots qui l’alimente on peut fermer les mieleries. Le miel qui rapporte est celui qui est vendu a l’export, et comme on n’exporte meme plus avec benefice le miel de mines… comment faire tourner les… Lire la suite »

ditou
ditou
2 avril 2025 19:17

Cet article met en avant l’abeille, vu du bon coté.

Je ne crois pas, qu’il faut tirer un enseignement des abeilles.
Elles aussi comme nos médecins et soignants
plient bagage.
Qui copie l’autre?.
Est ce les hommes qui s’imprègnent des abeilles ou les abeilles qui imitent l’homme?.
Effondrement des colonies chez les abeilles et effondrement sociétal chez l’homme.
Aucune raison d’ envier les abeilles.

 la majorité des abeilles ouvrières abandonnent soudainement la colonie, laissant derrière elles la reine et quelques abeilles nourricières.”

https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2025/04/01/hecatombe-chez-abeilles

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