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Tourisme : les causes d’un échec

Jamais la Nouvelle-Calédonie, en dépit de ses multiples atouts, n’est parvenue à faire de son tourisme une industrie susceptible de prendre la place du nickel dans notre PIB. Les années se suivent et se ressemblent sur le mode morose.

Et ce n’est pas nous qui le disons, mais l’ISEE (Institut de la Statistique et des Études Économiques) qui révèle qu’après avoir baissé de 4 % en 2013, le tourisme a perdu encore 0,5 % l’année dernière. Pourquoi cela ne marche-t-il pas ? D’abord et avant tout que le coût de l’aérien est prohibitif. Dans un rapport publié en novembre dernier et intitulé « quel avenir pour notre tourisme ? », le Conseil Économique Social et Environnemental souligne que

Les touristes préfèrent les pays de la zone dont le coût de l’approche aérienne est inférieur

Une phrase joliment tournée pour expliquer que le frein moteur au développement du tourisme demeure le prix du billet d’avion. Et ça n’est pas prêt de s’arranger puisque l’ISEE souligne qu’en janvier dernier les services sont en hausse de plus de 0,5 % :

Du fait notamment des tarifs des transports aériens internationaux qui ont augmenté de 6,3 % en cette période de vacances scolaires

Les choses peuvent-elles changer ? Sans doute. Changeront-elles ? Sans doute pas.

Un marché pas rentable

Il faut savoir que l’éloignement de la destination couplée à l’étroitesse du marché fait que, pour une compagnie aérienne, poser un avion à Tontouta et utiliser les structures de l’aéroport ne sont pas rentable. Toutes les compagnies s’étant essayé à l’aventure, d’AOM à Air Austral en passant par Air France, ont finalement quitté la piste pour cause de déficit. Ce n’est qu’en passant des accords avantageux que des compagnies comme Quantas acceptent encore de desservir le caillou. Mais cela a bien sûr un coût et c’est le voyageur calédonien qui en fait les frais. Nos billets sont chers pour permettre de diminuer un peu ceux des touristes étrangers, les Australiens, Néo-zélandais et Japonais. Mais un point de situation s’impose. Partout dans le monde, les compagnies aériennes ont opéré des restructurations majeures en termes de destination, de personnel et de budget. La Calédonie est volontairement restée à l’écart de ces grands mouvements, prenant même une direction opposée, en ne faisant porter son développement touristique que sur sa propre compagnie, Air Calédonie International. Dès lors dans un marché aérien en pleine restructuration, ACI non seulement est épargnée, mais a un fonctionnement que toutes les autres compagnies jugent aujourd’hui impossible à tenir.

Une situation particulière

Partout dans le monde, les compagnies aériennes ont donc réduit leur personnel, leur flotte et leurs destinations, parce qu’elles ne peuvent plus faire face. En revanche, la plupart ont misé sur le low cost, qui permet d’offrir un service simple, débarrassé du superflu, et donc moins cher. Comment comprendre dans ces conditions que la Calédonie finance une compagnie qui fait voler 4 avions assurant 22 vols par semaine vers 11 destinations, donc multiplie ses frais de redevance aéronautique, mais également finance sa maintenance, et ses frais d’équipage ? Sans parler de choix stratégiques dont on ignore de quoi il retourne en termes de rentabilité.

Des solutions ?

Il en existe bien sûr, mais elles vont réclamer un vrai courage politique et des initiatives. Tout d’abord il faut trouver de nouveaux débouchés et le président de l’UHNC, Union des Hôtels de Nouvelle-Calédonie, Jean Rambaud, invité de NC1ère, a raison de s’indigner que le marché chinois n’ait jamais été prospecté ! Ensuite la réflexion, portée au niveau régional, viserait à la création de l’aéroport Kingsford Smith de Sydney 40 millions de passagers et 290 000 mouvements d’avion par an, en Hub, ouvrant ainsi sur le monde (Europe, Asie, Amérique). Pour la Calédonie, cela signifierait une destination unique, permettant cependant de voyager partout, donc de réduire considérablement le coût du billet au départ ou à destination de la Tontouta. L’augmentation significative du nombre de touristes créée par cette situation créerait des emplois dans le secteur du tourisme qui compenserait la réduction des effectifs d’ACI. On comprend évidemment dans ces conditions combien il est difficile aujourd’hui, dans la mentalité calédonienne, de prendre en compte les révolutions auxquelles il faudrait parvenir.

Crédit photo : Destination îles Loyauté

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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68 Commentaires sur "Tourisme : les causes d’un échec"

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Il se dit que, dernièrement le directeur de la Cie AIR VIETNAM s’est dérangé dans le but d’obtenir un accord pour une liaison NOUMEA/HANOÏ qui pourrait aussi rayonner vers l’Asie et les métropoles d’Europe dont Paris. La réponse aurait été, « si cette ligne concurrence AIRCALIN, nous établirons une taxe spéciale ! » C’est bien la peine de foutre des milliards dans un aéroport qui reste vide et triste à mourir parce que nos politiciens qui nous font croire qu’ils veulent développer le tourisme font tout pour décourager la concurrence et ainsi protéger Aircalin. Le tourisme de ce pays n’a aucun avenir et… Lire la suite »
Il est difficile de répondre pragmatiquement à article aussi truffé d’approximations, de raccourcis et de contrevérités. Votre analyse, Monsieur, est symptomatique de la méconnaissance totale du sujet que vous abordez. La faute donc à Aircalin, cette compagnie (calédonienne au demeurant), responsable selon vous de tous les maux du tourisme dans notre pays. Permettez moi donc de rappeler quelques vérités, tout à fait vérifiables, elles. Aircalin figure dans les 5 premières entreprises du pays. Elle reverse près de 12 milliards CFP annuellement dans l’économie locale. À l’échelle de notre pays c’est une entreprise importante, qui emploie 500 personnes et répond aux meilleurs standards… Lire la suite »
DECENNIE
preuve est faite qu’il y a tout de même des personnes pour défendre l’indéfendable a airpalpebien, dit moi c’est vrai qu’on a le “touché” le plus chère du monde ? et si oui pourquoi ? et par la même combien payes tu tes billets parceque si tu nous fait les éloges de “ta” compagnie la plus chère du monde alors que tu ne payes que quelques pourcents y’a conflit d’intéret ! elle reverse 12 milliards ? sous quelle forme ? n’est t’elle pas subventionné ?…….maintenant quand ma famille, mes amis de france me diront qu’ils ne peuvent venir a cause… Lire la suite »

Je veux bien qu’on discute sur les idées, mais pas dans le caniveau. A ta disposition si tu veux parler du fond des choses. Mais relis le texte avant, TOUT le texte, et pas seulement ce qui t’intéresse. 

serpentar

Alors cessons les raccourcis, soutenons notre outil industriel, soutenons la réforme des mentalités, le développement de l’accueil, du sourire, des compétences et travaillons à l’amélioration constante de l’outil de production touristique. C’est à ce prix que les calédoniens bénéficieront à juste titre de meilleurs tarifs, tous secteurs confondus._____________________yes !!!

Le Questionneur

Le problème de la rentabilité des compagnies aérienne externes ne vient il pas de la position de monopole de Air Calin qui impose des tarifs trop chers pour permettre à ces compagnies de remplir leurs avions et des tracasseries leur interdisant d’offrir d’autres services  qui pourraient assurer leur rentabilité ? l

dodo

Dommage toutes les fautes de grammaires et de français…

melody
Bof…. les mêmes causes que tout le monde sait, cet article n’apporte rien de nouveau, il y a pls raisons au déclin du tourisme en NC et quelques pistes d’action:- transformer l’aéroport de Tontouta en hub qu’il ne soit pas seulement un terminus mais un lieu d’escale et développer le réseau de transport commun depuis l’aéroport- une formation professionnelle adaptée aux spécificités du territoire à mettre en place pour les hôteliers mais également une formation pour les petites structures hôtelière comme les gîtes, chambre d’hôte et accueils en tribu.- une structure de coordination des 3 provinces pour pls aspects :… Lire la suite »
serpentar

 y a des coins vraiment laissés à l’abandon comme l’esplanade (vue à 360 % sur la ville de Nouméa) de l’antenne de montravel par exemple … ouais, les politiques n’ont vraiement rien à foutre du tourisme.

tigrou

Tontouta en hub, il ne faut pas rêver, c’est un aéroport de campagne avec une piste gros porteur uniquement…  de plus qu’elle est l’intérêt d’un hub alors qu’il existe un voisin australien avec un énorme hub pour la region Océanie. soyons réaliste.

Lisa
Mais c’est bien sûr!Avec un billet moins cher, à nous les touristes!Les Européens d’abord, bien evidemment qu’ils ont envie de se tapper 30h de vol! Le jetlag c’est rien, 2 semaines pour s’en remettre pleinement, c’est déjà le retour.Les Nords-Américains, c’est bien connu, ont tous plus de 2 semaines de congés payés et veulent eux aussi se farcir plus de 30h de vol et un décalage horaire indécent.Après tout, les Caraïbes ou le Mexique c’est tellement surfait! On y parle parfaitement anglais, les prestations ne coûtent pas cher, les amis comprennent de quoi on parle lorsqu’on en revient, il n’y… Lire la suite »
Rigoberto

Fidji attire chaque année 60 000 touristes américains (Fiji Airways opère un vol quotidien Los Angeles Honolulu Fidji), 28 000 chinois(Fiji Airways opère trois vols par semaine Hong Kong Fidji) et 10 000 coréens, par contre ils n’ont que 5 000 japonais, soit moins qu’en NC.

tigrou

Soyons un peu réaliste, il est très facile de taper sur le dos d’air câlin par rapport au manque d’attractivité du territoire mais les prestations offertes par la nouvelle caledonie sont vraiment bas de gamme ou alors il faut mettre des prix déraisonnables… un touriste aura vite fait son choix pour aller en vacance entre l’Asie du sud est ou les prix sont approximativement 5 à 7 fois moins chère…. et même s’il lui venait l’envie de venir dans notre coin d’Océanie , il irait au vanuatu avec des gens souriants et acceuillants et des prix bien plus compétitifs…

NoComment

des prestations bas de gamme pour des tarifs haut de gamme et c’est bien là le problème…..

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