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Au Fenua, la liberté de la presse est muselée ?

C’est dans une lettre très explicite datée du 19 mars 2015, que l’ONG Reporter Sans Frontière a interpellé le président Édouard Fritch par rapport à ses propos tenus en janvier dernier lors de ces vœux devant la presse. Rappel à l’ordre

Dans une lettre ouverte au président du gouvernement de la Polynésie Française, Reporter Sans frontières stigmatise ouvertement les journalistes de la Polynésie Française et Édouard Fritch en particulier. L’ONG célèbre pour son classement des pays qui respectent la liberté de la presse, pointe du doigt le « Fenua ». Lors de son discours de vœux devant la presse du 21 janvier 2015, l’ONG stigmatise le pouvoir local pour son emprise sur le monde médiatique.

Pour voir ce qu’il se passe dans la forêt, il faut être en dehors de la forêt  (Alex du Prel fondateur de Tahiti Pacifique).

Un conseil que beaucoup de journalistes polynésiens devraient suivre. Pour Reporter Sans Frontières, le métier de journaliste devient de plus en plus dur dans le microcosme tahitien avec des pressions en tout genre. Pour l’ONG, les petits territoires sont à la merci des intérêts économiques et politiques qui pullulent :

Nous convenons que le manque d’indépendance des médias vis-à-vis des pouvoirs économiques, politiques et religieux est un problème fréquent sur les petits territoires.

Pourtant un petit territoire polynésien qui n’a pas su happé l’américain Alex du Prel arrivé sur le Fenua il y a presque 23 ans et qui tel un Etienne Dutailly fût la bête noire du régime en place. Pour le fondateur de « Tahiti Pacifique » il faut appartenir à un clan pour faire sa place au soleil de cette terre si chère à Gauguin.

Le seul quotidien de l’archipel est montré du doigt « la pression économique des actionnaires sur les journaux impacte indéniablement le contenu éditorial, comme cela peut être le cas pour la Dépêche de Tahiti. » Un procès d’intention que l’unique quotidien a vivement démenti « un procès injuste » ce sont les termes employés par la rédaction du journal monopolistique de Papeete, répondant à l’ONG, que la censure est inexistante au sein de sa rédaction et que les pressions politiques de tout bord sont inopérantes.

La célèbre ONG reparle de la fermeture pour « raison économique » du seul média libre « les Nouvelles de Tahiti » qui a mis en sommeil ses rotatives l’année dernière. Pour l’ONG ce média était le seul qui avait une plume indépendante capable de se mettre au-dessus de la mélasse du Fenua.

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement. (Article 11 de la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789)

Ce principe fondamental, pilier de la démocratie, est loin de plaire au président de la Polynésie Française qui veut un monde médiatique à sa botte. Lors de ses vœux devant la presse, le 21 janvier dernier, Edouard Fritch affirmait « Il faut se garder, à mon sens, de donner trop d’ampleur à des agitations politico-médiatiques qui viennent saper la nécessaire confiance que doivent avoir les polynésiens, les chefs d’entreprises, les investisseurs, dans l’avenir de notre pays. » Avertissement ?

Reporter Sans Frontières a rappelé à l’ordre la tête de l’exécutif polynésien, en lui rappelant que le journaliste était indépendant et qu’il n’était pas sujet aux nombreuses pressions économiques et politiques, alors qu’Edouard Fritch parlait lui dans son discours de « respect » et de « loyauté », des notions qui devaient, selon l’ancien maire de Pirae, prendre la pas sur la déontologie journalistique. L’indépendance du journaliste, principe essentiel qui permet à un acteur médiatique d’être un personnage de la société civile averti, mais que le président polynésien semble remettre en cause car il ne faut pas ternir l’image du Fenua.

Un rappel à l’ordre, auquel Edouard Fritch a immédiatement répondu dans un communiqué de presse du 21 mars dernier. Pour le président du gouvernement, son discours lors des vœux devant la presse n’était qu’un « point de vue » qui « n’était pas constitutif d’éventuelles pressions ».

Après cette lettre de remontrance à l’encontre d’Edouard Fritch, la Nouvelle-Calédonie sera-t-elle dans le viseur de la célèbre ONG, qui depuis 1985 défend la liberté de la presse ?

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Jeune internaute tout frais sorti d'un œuf de la discorde, Machiavel à la plume alerte des jeunes pousses. Techno-connecté, s'exprimant sur tous les réseaux sociaux, Machiavel représente cette génération 2.0 qui occupe naturellement le Net. Marqué à droite, ses premiers écrits tranchent avec le politiquement correct habituel en Calédonie. A n'en pas douter, au fil du temps, le plus jeune de nos contributeurs saura prendre sa place parmi les "grands".



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2 Commentaires sur "Au Fenua, la liberté de la presse est muselée ?"

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Presse indépendante??

Claude Victor

Transfère l’article 27 sur l’audiovisuel, mon gars, et tu seras pas déçu de la liberté des médias en Nouvelle Calédonie.”Chef, chef. on a un scoop sur des pots de vins au Gouvernement. On fait quoi ?  “”Ben Nous rien. Mais toi tu prends l’avion.”

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