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Arraisonné à Belep, braqué à Nouméa

C’est une drôle de saga que vivent les membres d’équipage du bateau de pêche vietnamien, arrêté pour pêche illégale. Bloqués à quai à Nouméa dans l’attente d’un procès, ils se sont fait attaqués et dépouillés par une bande de pirates qui en voulait à leurs holothuries. Les tribulations de nhà quê à Nouméa…

Le 23 juin dernier au large de Belep, dans la ZEE (Zone Économique Exclusive) de la Nouvelle-Calédonie et dans le cadre d’une vaste opération de contrôle, la marine nationale arraisonne un bateau de pêche vietnamien. On y découvre à bord une importante cargaison d’1,5 tonne d’holothuries pêchée illégalement. Le bateau est ramené à Nouméa et son équipage est consigné à bord.

Un drame humain

L’équipage du « QNG 90419 TS » est composé de quinze hommes : un capitaine de 26 ans et 14 membres d’équipage, tous originaires d’un petit village de la côte vietnamienne où ils sont pêcheurs et cultivateurs. Aucun d’entre eux ne parle français ou anglais et semble-t-il, c’est la première fois que ces hommes, âgés de 26 à 50 ans, allaient pêcher en haute mer. Le bateau sur lequel il travaillait appartient à un armateur vietnamien qui a tout du forban, à en croire les déclarations du capitaine. C’est en effet le propriétaire du navire qui leur a indiqué les lieux de pêche leur demandant de ne surtout pas arborer de pavillon et de ne pas emporter avec eux leurs papiers d’identité. Du Vietnam à la Calédonie, ils ont navigué durant 40 jours à bord d’un rafiot ayant eu une avarie de quille et prenant l’eau de toute part, c’est quasiment un miracle qu’il soit toujours à flot. L’objectif que leur avait assigné l’armateur était de pêcher au moins 3 tonnes d’holothuries. Dans des conditions de travail dangereuses, ils avaient accompli la moitié de la « mission ».

La sévérité de la justice

L’affaire a pris un tour judiciaire le 23 juin dernier lorsque le capitaine du bateau a comparu devant le tribunal correctionnel. Et s’est retrouvé en prison ! Une sévérité que le ministère public a expliquée par sa volonté de vouloir adresser un message aux pilleurs des mers.

« C’est un pillage des richesses de ce territoire et pour que l’on sache que la Nouvelle-Calédonie réagit, il a sa place en prison » (Hervé Ansquer, procureur de la République.-LNC 28 juin)

Une sévérité qui s’explique certes, mais que l’opinion n’a guère compris surtout lorsqu’elle s’applique à un homme qui, à l’évidence, n’est qu’un pion dans un dispositif organisé plus large. Ce qui explique qu’après quinze jours de cellule, le jeune homme a été remis en liberté sous contrôle judiciaire en attendant le procès fixé au 20 juillet prochain.

Des pirates à Nouméa

Les holothuries, que l’on appelle aussi concombres de mer ou biches de mer en Nouvelle-Calédonie, se vendent à prix d’or sur les marchés asiatiques, notamment chinois. Ce qui attise les convoitises. À tel point que le bateau vietnamien bloqué à quai à Nouméa, mais à l’évidence laissé sans surveillance ni protection de la part des autorités, a été la cible d’une attaque en règle ! Quinze individus arrivés à bord de deux voitures sont montés sur le bateau, ont malmené les quatre pauvres vietnamiens qui dormaient à bord et ont volé trois des sept fûts d’holothuries, une annexe et du matériel. Cet acte de piraterie en règle, sur lequel la police enquête, est survenu après plusieurs incidents et dégradations dont le bateau a été la cible.

Et maintenant ?

Après ces problèmes, le bateau et son équipage sont devenus encombrants. Sauf à ce que le 20 juillet prochain, le capitaine soit condamné à de la prison ferme et retourne au camp Est, une solution diplomatique est activement recherchée pour permettre à l’équipage, en situation irrégulière, de reprendre le chemin du Vietnam le plus vite possible. Quant à ce qu’il reste de sa précieuse cargaison, elle sera vendue aux enchères et finira de toute façon en Chine, mais cette fois de manière officielle. Reste le bateau incapable en l’état de reprendre la mer et que l’on pourrait bien retrouver en train de pourrir ici ou là. Signalons en conclusion que cette affaire n’est pas la première du genre, la marine nationale arraisonne de manière régulière des bateaux en situation de pêche illégale dans les eaux calédoniennes. Ainsi en mai 2007 un palangrier Taïwanais avait été interpellé avec dans ses soutes 5 tonnes de requin, 2,5 tonnes de calamar et une tonne d’ailerons de squale dans ses soutes et en novembre 2013, il avait été mis fin aux agissements du « Hu Yu 911 », un palangrier chinois qui transportait 40 tonnes de thon albacore et 4 tonnes de requin et d’ailerons.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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24 Commentaires sur "Arraisonné à Belep, braqué à Nouméa"

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Donc en gros les vietnamiens nous baisent avec leurs pêches illégale et on doit garder leur m***e de bateau pourri 😉

Sans doutes il sera vendu une misère aux enchères.

Janloupe Pahune

Drôle de justice… La marchandise saisie va être vendue aux enchères pour repartir chez les commanditaires de l’infraction… Vous avez dit “corrompus” ?

Barnabaque

Qui plus est, mais il faut un minimum de culture générale avant de pouvoir écrire, le “nha que” c par définition le paysan profondément attaché à sa terre, à sa rizière. C’est tout le contraire, l’opposé d’un marin ……..

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BarNhabaQue?

La morale de cette triste aventure, si morale il ya , c’est qu’il y a bien plus à craindre de la part de nos congénères , que d’une poignée de pauvres hères embarqués sur un rafiot pourri.
Inquiétant pour le futur d’une caledonie où le vol, le pillage, et la violence semblent devenir une fatalité voire une culture.
“Manger l’herbe d’autrui,quel crime abominable…”

Barnabaque

Alors Hubert, “enfant du pays” : pourquoi ce terme de “nha qué “? Tu serais encore un de ces misérables caldoches pétri de mépris colonial ? Même si la définition du mot ne l’est pas en vietnamien tu ne dois pas ignorer qu’il était ici la marque de dédain, pire d’indignité. Pauvre mec !!!!!!

Ben ouais la solution n’est pas de mettre ses pauvres mecs en taule, ni de garder ce nid à rat à quai… Tout çà est trop long et trop chiant…
Nan, plutôt dans un avion et de leur dire avant que s’ils se font re chopper, c’est: prison à vie!
Et le boat tiré sur la scorie et on y fout le feu avec tout ce qu’il y dedans et balancer la vidéo sur les réseaux sociaux viets. Çà calmera les armateurs.
Voilà, c’est facile et rapide à faire! What else ?

nomorsatu

OUBLIEZ pas que les viet ont Google traduction….quand ils vont savoir qu’ils risquent 10 jours de prison pour le capitaine, pour pêche illégale, et que les détenus sont nourri, logé,linge propre de marque….je vous garanti qu’ils vont sortir l’armada LOURDE…pour nous c’est 10kg, à 11kg tu ramasses et tu passes aux nouvelles…

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