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Saint-Louis : le Procureur met en garde les complices des tireurs !

Recherché depuis plusieurs semaines, Yohan KAMODJI a été arrêté hier et inculpé pour tentative de meurtre et tentative d’assassinat. Reste encore deux autres tireurs identifiés qui n’ont pas encore été interpellés. Dans un communiqué, le Procureur de la République rappelle que les personnes qui les aident et les cachent pourraient être arrêtées pour « délit de recel de malfaiteur ». Encore deux…

Entre le 29 octobre 2016 (affaire Décoiré) et le 29 janvier dernier, dans le cadre des très graves exactions commises aux abords et dans la tribu de Saint-Louis, notamment avec des tirs par armes à feu sur des automobilistes et des gendarmes, 73 personnes ont été interpellées. Parmi elles, 16 sont actuellement emprisonnées au Camp Est auxquelles se rajoute désormais Yohan Kamodji, très défavorablement connu des services de police. Il est suspecté d’avoir participé en bande organisée à des tentatives de meurtre et d’assassinat sur des gendarmes et serait donc – même si cette information n’a pas encore été officialisée – l’un des trois « tireurs en puissance » ayant dernièrement sévi et semé la terreur autour de Saint-Louis et le long de la route provinciale n°1. Durant son futur procès, si sa culpabilité est avérée et s’il est condamné pour ces faits, il risque la prison à perpétuité. Dans un communiqué, le procureur Alexis Bouroz rappelle que, s’agissant des troubles à l’ordre public perpétrés aux abords de Saint-Louis, 17 autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire et que 42 autres ont été mises en examen.

Appel à témoin

Cette arrestation, attendue par une large part de la population, notamment les habitants du Mont-Dore, a été l’occasion pour le procureur de lancer un appel à témoin, à l’instar de celui qui en décembre dernier visait à appréhender feu Ramon Noraro, considéré comme l’un des leaders des troubles organisés après la mort de William Décoiré, en octobre 2016. La justice a ainsi décidé de faire connaitre les noms et les visages des deux derniers tireurs du fait de leur dangerosité et parce qu’ils seraient armés : il s’agit de Pascal GNIBEKAN et de Samuel MOEKIA. Tous les deux sont recherchés pour tentative d’assassinat sur agent de la force publique. Avec Ramon Noraro, ils se seraient en effet « promis » de n’arrêter leurs exactions que lorsqu’ils auraient réussi à tuer un gendarme. Samuel Moekia n’est en fait pas un inconnu pour celles et ceux qui suivent les affaires du tribunal correctionnel. En septembre 2014, il avait avec Brice Kamodji et Rock Victorin Wamytan (désormais emprisonnés en métropole pour l’un et au Camp Est pour l’autre) tendu une embuscade aux gendarmes en les entrainant dans l’intérieur de la tribu avec une voiture volée afin de les caillasser. L’un des soldats de la gendarmerie avait été blessé dans la course-poursuite et lors de son audience, Samuel Moekia avait déclaré aux juges : « On a bien rigolé en pensant à ce que l’on a fait aux gendarmes ». A savoir comment tout cela allait finir, le prévenu avait simplement répondu au président du tribunal : « Par un mort ». Mais, condamné à deux ans de prison, Samuel Moekia s’était évadé du Camp Est le 24 novembre 2015 et depuis lors (et comme Brice Kamodji à son époque) il se cachait au sein de la tribu de Saint-Louis.

Dangereux, armés…. et protégés ?

Dernièrement, des tirs ont également été perpétrés contre des automobilistes aux abords de la tribu de Bangou. Mais 24 heures plus tard, avec l’aide des habitants et des coutumiers qui avaient donné toutes les informations nécessaires aux forces de l’ordre, tous les auteurs avaient été rapidement appréhendés au cours d’une large opération de police. En revanche, à Saint-Louis, ce n’est pas la même affaire. Car, il s’avère que les criminels qui s’y cachent encore sont en fait protégés et aidés par « certains de leurs proches ». C’est ainsi qu’ils peuvent éviter ou fuir les forces de l’ordre lorsque celles-ci sont renseignées sur leur position. Raison pour laquelle le procureur de la République a lancé un appel lourd de sens à celles et ceux qui aident encore Pascal Gnibekan et Samuel Moekia :

« Ces individus dangereux et susceptibles d’être armés sont réfugiés en tribu de Saint-Louis où ils reçoivent manifestement le soutien de certains proches, entravant ainsi l’action de la Justice et des forces de l’ordre (…) L’aide fournie à ces criminels, de quelque manière que ce soit (logement, transport, alimentation, prêt de téléphone…), constitue le délit de recel de malfaiteur, puni de 3 ans d’emprisonnement et de 5 000 000 XPF d’amende. Ces peines sont portées à 5 ans et 9 000 000 millions XPF d’amende lorsque l’infraction est commise de manière habituelle. S’agissant de Samuel MOEKIA, la complicité d’évasion pourra également être retenue (communiqué du Procureur de la République, 13/04/17) »

Une déclaration de la justice visant à faire savoir que plus l’enquête avance et plus les forces de l’ordre accumulent des preuves contre celles et ceux qui se rendent complices des agissements des deux fugitifs. En définitive, si la justice est bien plus lente que ce que l’opinion publique attend souvent d’elle, plus le temps passe et plus le parquet se rend apte à arrêter et à mettre en examen les « proches » qui actuellement nourrissent, hébergent ou soutiennent les deux criminels. Une façon également de faire pression sur les familles qui pourraient voir certains de leurs membres risquer des peines de prison alors que ces derniers n’ont pas directement participé aux différentes exactions, barrages, caillassages et aux tirs à armes à feu. Si lors de son passage en Nouvelle-Calédonie, le ministre de la Justice avait lui-même condamné le fait qu’aucune information n’avait été transmise par les familles suite au premier appel à témoin, Alexis Bouroz en a néanmoins réitéré un autre hier « pour rétablir la paix publique » dans la zone :

« Afin de rétablir la paix publique sur cette zone, nous invitons ces derniers fugitifs à se rendre et toute personne qui disposerait de renseignements sur ces criminels à contacter sans délai la gendarmerie en composant le 17 (communiqué du Procureur de la République, 13/04/17) » »

La dernière fois, en décembre 2016, l’appel à témoin officiel visant Ramon Noraro s’était soldé par la mort de celui-ci. En effet, quelques jours après l’annonce, des anciens et une partie de la population avaient tenté de le ramener à la raison afin qu’il se rende. Plusieurs altercations s’étaient produites et finalement une fusillade entre deux bandes rivales avait conduit à la mort de Ramon Noraro, tué par un habitant de la tribu.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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201 Commentaires sur "Saint-Louis : le Procureur met en garde les complices des tireurs !"

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Sur l’accident mortel de ce jour à SL. Selon France INFO,la Gendarmerie n’aurait pas pu intervenir sur les lieux de l’accident situé au fond de la tribu bikoz elle n’avait pas le droit (autorisation) d’y pénétrer????? Seul les pompiers auraient pu intervenir sur le sinistre sans se faire caillasser. “Les pompiers ont pu intervenir rapidement. En revanche, les gendarmes ont été caillassés et n’ont par conséquent pas pu procéder hier soir aux constatations d’usage pour les besoins de l’enquête.” Ben voyons, KOUA SA? Si cette info est vraie, cela confirme bien le caractère de “sanctuaire” (dixit le Proc) ou de… Lire la suite »

Encore heureux que les pompiers aient pu intervenir sans dommages 😉

Ils ne s’étaient pas fait tirer dessus il y a quelques temps du côté de Païta ?

Ils ont pas caillassé les pompiers comme des sauvages cette fois ?

J’ai appris hier que l’annexe du IAC à Saint Louis avait déménagé à l’IRD, il paraît que des individus armés venaient y jouer au cow boy, circulaient sans être invités sur le site et en profitaient pour faire quelques dégâts au passage.

Du coup, il a été décidé de quitter définitivement les lieux, dommage, ils n’ont pas pu emporter toutes leurs plantes etc….4 hectares, ce n’est pas rien…. !!!!

Un Montdorien a-t-il des infos à ce sujet ?

Jouer à la guerre, ils savent, travailler la terre pour se donner les moyens, ça c’est autre chose..

Ben non, je n’ai pas d’infos sur le sujet. Alors de l’intox peut-être??? Mais c’est vrai quand on passe devant les locaux on ne voit plus de véhicules de service ou d’employés sur le parking visible depuis la RP1. Bizarre quand même. Comme vide ou abandonné tout ça.

M’étonnerais que ce soit de l’intox, c’est quelqu’un qui bosse pour eux qui m’a informée….et oui, on ne nous dit pas tout 😉

Merci simla pour l’info. Encore une preuve que cette affaire de SL est loin d’être réglée. Pas seulement ce fumeux Sanctuaire à SL perdure dans le temps, mais en plus les services de l’Etat et du Pays (IRD-IAC) reculent. C’est franchement lamentable. La création de l’IAC relève de la démarche engagée par l’Accord de Nouméa et la loi organique relative au statut de la Nouvelle Calédonie, notamment au titre du partage de la compétence en matière de recherche. L’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC) a tenu son premier conseil d’administration le 1er décembre 1999, après adoption de ses statuts par les assemblées… Lire la suite »

Et le Harold ? I’court toujours ???…

ditou
Nouméa Bagdad, vous rappelez vous de cette article? Car moi si, je me rappelle avoir écris quelque chose comme des militaires de Calédonie vont peut être se rendre à Bagdad. En fait je viens d’avoir la réponse ou l’une des réponses par cette phrase ci dessous : “« Dans quelques jours, quatre véhicules blindés de la gendarmerie en provenance de l’Afghanistan arriveront sur le territoire” Bon c’est pas loin de la vérité à part que c’est l’Afghanistan et comme tout le monde sait que les gendarmes sont des militaires, de ce coté là pas de problème. Alors ils partent pas… Lire la suite »
memory

Ce qui me gène le plus dans l’intervention de ce mec, c’est :” Que les personnes qui aident et les cachent,… POURRAIENT être arrêtées..” MAIS DE QUI SE MOQUE -T-ON ? Comment ça, pourraient c’est quoi cette justice de MERDE !!!!! IL FAUT LES ARRËTER, avec LES FLICS VEREUX DE CETTE COMMUNAUTE!!! St Louis, n’est, et ne sera jamais une TRIBU !! Ce n’est qu’un ramassis de mélanésiens indésirables dans LEURS VRAIS TRIBUS……. d’où cette aide apportée aux hors la Loi…

antonini

il parait très qu’il y a a la tribu de St Louis plusieurs agents de la police Nationale ,est ce vrai? si oui quelle sera la sentence pour ces ” flics”

ditou
” L’aide fournie à ces criminels, de quelque manière que ce soit (logement, transport, alimentation, prêt de téléphone…), constitue le délit de recel de malfaiteur, puni de 3 ans d’emprisonnement et de 5 000 000 XPF d’amende…” Si les malfaiteurs sont chez leur parents et qu’ils sont mineurs. Il me semble qu’il n’y a pas de ” délit de recel de malfaiteur ».” Etant donné que le droit et devoir des parents, vient à l’encontre de ce délit de recel de malfaiteur, car il est bien stipulé que les parents ont un droit de garde. “L’enfant a ainsi l’obligation d’habiter… Lire la suite »

Ditou : “ces derniers ont un droit et un devoir de « garde »”

Ils sont aussi civilement responsables, c’est à dire qu’ils peuvent faire l’objet d’une demande d’indemnisation par les victimes des débordements de leurs rejetons.

ditou

Alikantitra
En général il y a une assurance responsabilité civile qui indemnise les victimes des débordements de leurs rejetons. Bien sûr s’ils en ont une.

Ditou : “une assurance responsabilité civile qui indemnise les victimes”

Pas sûr que ça marche en cas de dégâts intentionnels, mais je ne suis pas juriste.

ditou

Alikantitra
J’ai connu une personne dont le fils a mis le feu intentionnellement et l’assurance a payer. Tout dépend de ce qui est marqué sur ton contrat.

Puisqu’ils les gardent chez eux, ils sont censés les remettre à la police à partir du moment où ils savent que leurs enfants sont des délinquants recherchés.

ditou

Eliot Nenesse
Tu es sûr de ce que tu dis? car faire le déplacement jusqu’au poste de police, je ne crois pas. Mais si la police est à la porte du domicile oui.Il faut se renseigner là.

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