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En Nouvelle-Calédonie, la République face aux contradictions de son Universalisme ?

En septembre prochain se réunira à Paris le dernier comité des signataires, actant de ce fait la fin de l’Accord de Nouméa. Alors que le clivage Indépendantistes/Loyalistes n’a pas changé, l’ensemble des observateurs attentifs de la politique calédonienne reconnait l’échec de d’accord, lequel était censé « dépasser » les clivages ethniques et instaurer en quelques décennies un « Destin Commun ». Désormais, la classe politique se divise entre ceux, pragmatiques, qui acceptent la réalité et ceux qui, par idéologie, la refusent. Universalisme Vs Différentialisme ?

« C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ». En Nouvelle-Calédonie, la maxime populaire n’a jamais été aussi vraie qu’en cette période marquée par des scrutins référendaires à répétition. Trente-cinq ans après Matignon et vingt-cinq ans après Nouméa, le résultat est là : grâce au mode de scrutin et à des institutions taillées pour elles, les élites indépendantistes détiennent désormais le pouvoir législatif (car ils président le congrès et y sont majoritaires) mais également le pouvoir exécutif (en président le gouvernement local et deux provinces sur trois). Pour autant, les kanak restent minoritaires au sein des différents corps électoraux et 90% des kanaks votent pour l’indépendance quand 90% des membres des autres communautés ont, par trois fois ces dernières années, choisi la France. Ainsi, l’accroissement de l’autonomie – inégalée pour une collectivité de la République – les transferts financiers, les transferts de compétences mais aussi le temps et toutes les mesures du monde n’ont rien changé à la nature intrinsèque de la situation calédonienne : la grande majorité des kanak refuse la présence Française en Nouvelle-Calédonie. Et c’est le principal rédacteur de l’Accord de Nouméa qui en a fait l’amer constat il y a quelques semaines devant les membres du sénat :

« Il y a un point sur lequel les Accords de Matignon et de Nouméa ont échoué, c’est que l’un et l’autre pensait qu’on dépasserait le clivage ethnique dans les votes. (Alain CHRISTNACHT, sources : Sénat/ Mission NC, 29/06/22) »

Car, en effet, à la fin de la foire, les observateurs attentifs de la politique calédonienne comptent les bouses et s’aperçoivent que l’Accord de Nouméa n’a pas été créé pour être un « accord de décolonisation », ainsi qu’il avait été présenté aux Indépendantistes ou comme un « accord d’émancipation ou d’autonomie », ainsi qu’il avait été présenté aux Loyalistes. Ce texte et les modifications institutionnelles qu’il établit avait en fait pour principal objectif de « dépasser les clivages ethniques ». L’idée de départ – qui peut paraitre attendrissante avec le recul – était qu’à la fin de l’accord, une grande partie des kanak indépendantistes (au moins 30 à 40% d’entre eux), touchés par les bienfaits du développement économique et par trente ans de discours républicains, allaient voter NON à l’indépendance et donc choisir de rester Français. Mais il n’en a rien été. Raison pour laquelle, en 2018, le fameux 70%/30% en faveur de la France n’a jamais été atteint. Et si l’on ne l’a pas bien réalisé à l’époque, cet échec de l’ADN marquait bien l’échec, plus inquiétant, d’un universalisme républicain des Lumières reposant sur le principe d’égalité et une forme d’indifférenciation entre les citoyens. Grand connaisseur du dossier calédonien, Ferdinand Mélin-Soucramanien a d’ailleurs ré-enfoncer le clou dans le cercueil de l’ADN en faisant, devant les sénateurs, cette incroyable déclaration :

« L’échec principal, c’est l’absence de construction d’un destin commun et un clivage ethnique qui s’est accentué (…) c’est un peu effrayant dans un pays comme le nôtre qui prône l’universalisme républicain et l’égalité. C’est vrai que, alors là, il y a aussi peut-être une question de rapport au temps mais je ne sais pas si le temps y fera quelque chose (Ferdinand MÉLIN-SOUCRAMANIEN, sources : Sénat/ Mission NC,  29/06/22) »

Ainsi, le nouveau patron de l’ENA* a insisté sur le « principal » échec de l’accord et a confirmé que celui-ci était conçu pour gommer les clivages ethniques. De plus, le haut-fonctionnaire a estimé que le clivage ethnique s’était même « accentué ». Cependant, rien n’est plus faux ! Toute l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, de la plus récente à la plus ancienne, témoigne que le clivage ethnique n’a tout simplement jamais changé. Mais, du fait des référendums successifs, celui-ci s’est rendu visible (alors qu’il avait été invisibilisé ou nié durant trente ans) et tout le monde a pu l’observer de ses propres yeux : le vote indépendantiste est ethnique, essentiellement identitaire et tout le monde l’a vu. Pour beaucoup, cela a constitué un choc psychologique puisque de nombreuses consciences ont alors percuté le mur de la réalité. Confronté à celui-ci, la plus prévisible des réactions est celle de Monsieur Ferdinand Mélin-Soucramanien qui, dans son propos, espère que « le temps » pourra y changer quelque chose, un jour, dans l’avenir, … “demain” peut-être ?

La situation calédonienne va à l’encontre du logiciel d’un Républicain

Pour imaginer « l’effroi » dont parle Ferdinand Mélin-Soucramanien face aux clivages ethniques, il faut comprendre que cet homme est un éminent républicain. Sa pensée est donc totalement soumise au discours des Lumières qui stipule que « tous les hommes naissent libres et égaux ». Comme tous les Républicains, ce professeur de Droit Public qui connait pourtant si bien nos spécificités locales, ne voit pas, ne comprend pas et n’imagine même pas de distinction possible entre les individus, notamment entre les citoyens Français.  Pour lui, parce qu’il est républicain et parce qu’il pense comme tel, le vote d’un citoyen se doit d’être déconnecté de son appartenance ethnique… D’où son émoi. Car c’est sur cette pensée philosophique selon laquelle nous serions tous égaux et donc indifférenciés que repose la légitimité de toute la République et de ses œuvres, dont la colonisation entamée au milieu du 19ème siècle et interrompue par forfait environ un siècle plus tard. Cette colonisation qui était censée, comme le clamait Victor Hugo au XIXème siècle, « apporter l’esprit des Lumières au monde ! » au nom de la « mission civilisatrice de la France ». Ainsi, la pensée de Ferdinand Mélin-Soucramanien s’inscrit parfaitement dans la ligne républicaine française historique, magnifiquement portée en son temps par Victor Hugo. Pour mémoire, le grand écrivain français disait d’ailleurs au sujet de la colonisation en Afrique :

Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra.” (Victor HUGO, discours sur l’Afrique 18 mai 1879)

Si l’on attend encore que l’Europe résolve ce problème, parce qu’ils ont été élevés dans ce discours, les Républicains sincères sont tous meurtris des résultats des référendums calédoniens car ces derniers prouvent dans les faits que leur idéal universaliste repose sur un magnifique mensonge et que seule compte l’identité des peuples, puisque dans les sociétés multiculturelles le vote est (en Calédonie comme ailleurs) essentiellement de nature ethnique. Or, les Français en général et les Calédoniens en particulier, préfèrent des mensonges qui font naitre des sourires à des vérités qui font couler des larmes. Raison pour laquelle, après les Événements, ils ont dans leur très grande majorité souscrit au discours vivre-ensembliste puisque celui-ci était censé les prémunir de toute nouvelle guerre civile. A l’instar d’un homme politique local qui promettait il y a quinze ans d’atteindre, au travers de l’application stricte de l’Accord de Nouméa, « l’inaccessible étoile du Destin Commun », les Calédoniens ont aimé rêver de « l’étoile » en oubliant opinément qu’elle était « inaccessible ». Préférez-vous une destination paradisiaque mais totalement inaccessible ou bien une destination médiocre mais facile d’accès ? En cas de vote, ne doutons pas qu’une majorité d’électeurs choisirait la première proposition… Reste que « la situation étant ainsi créée », le paysage politique calédonien se divise aujourd’hui entre ceux qui ont compris cet état de fait et ceux dont le logiciel mental les en empêche.

Les élus indépendantistes en PLS ?

Concernant le monde indépendantiste, seuls les coutumiers ont semble-t-il compris l’impasse que constituait l’indépendance prévue par l’accord de Nouméa et surtout « le piège » de l’universalisme républicain. Il est probable que durant la crise sanitaire et face à l’absence de réaction des élus indépendantistes (qui n’avaient rien à opposer au discours et aux actions de l’Etat contre le virus), les coutumiers ont décidé de reprendre la main au sein du monde kanak. Après avoir imposé à l’Etat la fermeture de l’aéroport (c’est-à-dire des frontières) et avoir obtenu du gouvernement indépendantiste le doublement du budget de fonctionnement du sénat coutumier, les chefs coutumiers ont décrété le fameux « Deuil Kanak ». Celui-ci a joué deux rôles : tout d’abord il s’agissait de donner une consigne claire à la population kanak (qui ne devait pas aller voter) et secondo, il s’agissait de légitimer politiquement cette non-participation des indépendantistes au 3ème référendum (en évitant ainsi à leur gens de perdre la face dans une autre défaite électorale ce qui a permis de contester le résultat obtenu). Or, celui qui fixe les règles, c’est celui qui commande.

Cette nouvelle situation, dans laquelle les coutumiers détiennent le véritable pouvoir au sein du monde kanak, explique en grande partie la confusion actuelle des leaders du FLNKS, lesquels se retrouvent, par leur propre responsabilité « dans la nasse », comme l’a très justement remarqué Harold Martin il y a quelques jours sur RRB. Créé dans leur intérêt, ils s’accrochent désespérément à l’accord de Nouméa et au fonctionnement institutionnel que celui-ci a instauré. Ils refusent donc toutes les propositions de sortie initiées par l’Etat** et de participer au dernier comité des Signataires qui en acterait sa fin. “Aucun indépendantiste ne se rendra au Comité des signataires annoncé par l’État“, a ainsi déclaré il y a quelques jours Laurie Humuni, la secrétaire générale du RDO (Rassemblement démocratique océanien), à l’animation du FLNKS. De plus, confrontés à la récession économique et à la quasi faillite des comptes publics calédoniens, les élus indépendantistes en responsabilité multiplient les vœux pieux et les appels à l’aide et donnent l’impression de gesticuler, à commencer par notre « ministre » de la fiscalité locale :

« Compte tenu des difficultés que le pays connait, c’est de dire qu’il faut rétablir la situation économique du pays, la situation financière du pays, il faut sauver le RUAMM ! il faut sauver les comptes sociaux ! donc on appelle à la responsabilité des Calédoniens, c’est ça, parce que rien n’a été fait jusqu’à aujourd’hui ! (Gilbert TYUIENON ; sources : NC1ère 19/07/22) »

Notons que dans cette dernière déclaration, Gilbert Tyuienon estime que s’agissant des comptes sociaux « rien n’a été fait jusqu’à aujourd’hui » alors qu’il est lui-même membre du gouvernement calédonien depuis plus de onze ans et que l’exécutif est dirigé par un autre indépendantiste en la personne de Louis Mapou… Les membres du FLNKS dirigent en effet depuis plus d’un an les principales institutions du territoire – congrès et gouvernement – et se montrent incapables de sauver les finances publiques et les comptes sociaux. Aucune réforme de fond n’a été lancée, l’exécutif se contentant de préparer un texte fiscal qui repose sur une large augmentation des impôts et des taxes. La raison en est simple : malgré les gigantesques transferts financiers de l’Etat, comme l’avait reconnu Sébastien Lecornu « l’autonomie n’est pas financée ». Mais est-elle finançable ?

Dégel, nouvel accord : les Loyalistes ont la main

La situation est bien différente du côté Loyaliste. D’abord parce qu’ils ont gagné les trois derniers référendums mais aussi parce que la victoire des deux candidats de l’Union des Loyalistes aux législatives s’est accompagnée d’une cuisante défaite des indépendantistes. Alors que le vote pour l’indépendance avait engrangé plus de 71.000 voix lors du référendum de 2020, les candidats du FLNKS n’ont su recueillir, en juin 2022, que 40.000 voix soit un peu moins de 56% de leur électorat. Autrement dit, près d’un électeur sur deux du OUI à l’indépendance ne s’est pas déplacé pour ces élections (quand dans le même temps 71% des électeurs du NON ont été voter pour leur député). Or, le discours des candidats Loyalistes qui ont été élus prend acte de la fin de l’Accord de Nouméa et donc de ses dispositions dites « transitoires » c’est-à-dire du gel du corps électoral mais aussi du mode de scrutin qui favorise les provinces indépendantistes au détriment du Sud. Un discours clair que le député de la 2nde circonscription a répété devant les sénateurs il y a quelques jours :

« Nous avons rappelé que le périmètre des discussions était au sein de la République française, conformément aux résultats des trois référendums. C’est la première condition. Cela signifie que toute autre solution hors de la République ne sera pas étudiée par les loyalistes (…) Le second point passe par la réouverture du corps électoral afin que les résidents calédoniens depuis plusieurs années puissent choisir leurs représentants politiques (…) J’ai personnellement insisté sur le fait que dans le futur statut de la Calédonie, au-delà des relations avec la France, les Calédoniens voulaient se sentir égaux en termes de droits et de devoirs. On ne peut plus cliver les Calédoniens en fonction des droits coutumiers ! Cela signifie un habitant une voix, cela implique aussi d’avoir le même traitement de la part des institutions. (Nicolas METZDORF, 22/07/22, sources : LNC) »

Mais comme ce discours repose sur une réalité (à savoir le vote ethnique), il est jugé « rude » voire même « radical » ou carrément « excessif » par ceux-là même qui ont depuis trente ans nié le réel calédonien (c’est en effet, souvent la réalité qui est « dure » voire « radicale » et c’est pour cela qu’elle « effraie » celui qui a le courage de la regarder en face). Enchantés du vote de leurs électeurs, les responsables Loyalistes ont ensuite vu le Président de la République attribuer le portefeuille de la citoyenneté au sein du Gouvernement National à Sonia Backes, la cheffe de fil des Loyalistes. Désormais Secrétaire d’Etat, la Présidente de la Province Sud a pour sa part confirmé qu’elle entendait bien utiliser son ministère pour traiter le dossier calédonien. Et tout le monde pense évidemment, entre autres, au dégel du corps électoral :

« Si le président de la République m’a confié ce secteur, dans ce ministère, c’est évidemment un signe fort. Au jour le jour, j’aurai à traiter de sujets sensibles, comme la problématique de l’immigration, de l’intégration des étrangers et de la radicalisation. Par ailleurs, je traiterai aussi des questions de modernisation des processus électoraux (…) Qu’ils arrêtent de s’agiter, je serai là, pour défendre la Nouvelle-Calédonie que j’ai toujours défendue ! Au titre de l’État, le sujet calédonien est traité par le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer et par le ministre délégué des Outre-Mer, et au final par le Président de la République lui-même (Sonia BACKES, sources : LNC, 10.07.2022) »

Du reste, si le Rassemblement-LR conserve par habitude (ou par myopie) son logiciel issu du siècle dernier, la majorité des autres responsables Loyalistes souhaite avancer en commençant par en finir avec l’accord de Nouméa et ses exceptions démocratiques :

« Ça ne peut pas durer toute la vie. À l’issue des 20 ans, c’était fini, il fallait choisir, ou l’indépendance, ou rester dans la France. Alors, on a mis un peu plus de temps, je l’ai toujours regretté, on a mis 3 ans de plus, ou presque 4 ans de plus, mais en tout cas, maintenant, c’est bien fini. Et puis on a eu les 3 référendums, on est dans la France, on n’en parle plus. Mais donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’il faut très clairement maintenant mettre fin à cet accord (…) Mais donc ça veut dire qu’on ne peut pas rester comme ça entre deux eaux, c’est-à-dire que maintenant, les choses sont infiniment claires, c’est retour de la République, ça veut dire modification de la Constitution et on revient à une collectivité comme la Polynésie (Harold MARTIN, 22/07/22, sources : RRB)

Une fin de l’ADN qui se juxtapose à l’effacement de ses signataires et de la génération qu’il représente, du moins du côté Loyaliste attendu que les politiciens indépendantistes n’ont pas formé de successeurs et que le FLNKS n’a pas connu de renouvellement en son sein. Et c’est pourquoi, le député Metzdorf (qui est né la même année que l’accord de Matignon) en est venu à évoquer la fin du CDS et de la légitimité des Signataires pour discuter de l’avenir :

« La tenue d’un comité des signataires serait une bonne chose pour solder l’accord de Nouméa (…) Il faudra trouver une autre instance de discussion. Se pose la question de savoir aujourd’hui si les signataires sont encore légitimes politiquement en Calédonie. Je ne le crois pas. La classe politique a été renouvelée. Mais c’est nécessaire de réunir un dernier comité. Nous avons du temps jusqu’à septembre pour convaincre les uns et les autres de participer. Le temps des élections est terminé, le temps des discussions s’ouvre. (Nicolas METZDORF, 22/07/22, sources : LNC) »

Fait amusant, le discours de l’Union des Loyalistes s’appuie toujours sur l’universalisme républicain puisque les non-indépendantistes plaident pour une égalité de traitement entre tous les Calédoniens. « Si on veut construire un peuple calédonien, il faut mettre tout le monde sur un pied d’égalité » a ainsi déclaré, il y a quelques jours, le député Nicolas Metzdorf aux Nouvelles Calédoniennes. Ironie de l’Histoire : la Nouvelle-Calédonie aura été colonisée par la France au nom des principes républicains des Lumières et, un siècle et demi plus tard, elle s’y maintient au nom de ces mêmes principes républicains alors que ces derniers ont prouvé qu’ils ne correspondaient pas à la réalité. Reste que comme le disait Soljenitsyne : « les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres ils ne seront pas égaux, et s’ils sont égaux c’est qu’ils ne sont pas libres ». En 2022, il semble bien que la majorité des kanak veut être libres. Les autres, quant à eux, préfèrent être égaux.

*Rebaptisé Institut National du Service Public

**Cela n’a rien de nouveau. Les chefs indépendantistes ont toujours refusé les propositions de changement de statut du Gouvernement Français. En 1957, ils ont critiqué les lois Defferre, tout comme la loi Billotte de 1968 ou encore le statut Lemoine en 1983. Alors que les indépendantistes antillais s’étaient battus pour faire de leurs îles des Départements d’Outre-Mer (pour accroitre les transferts financiers et permettre le développement de leurs territoires), les indépendantistes du FLNKS ont quant à eux refusé le fameux statut Fabius-Pisani qui préparait pourtant un découpage du territoire à leur avantage et une indépendance-association avec la France. Les indépendantistes ont refusé d’être un Territoire d’Outre-Mer (TOM). Ils n’ont accepté les résultats ni du référendum de 1987 (qu’ils ont boycotté), ni de celui de 2018, ni de celui de 2020 ni encore celui de 2022 (auxquels ils ont refusé de participer). Ils refusent désormais la fin de l’accord de Nouméa et de ses dispositions transitoires. Rien d’inhabituel donc.

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Hubert B

Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »

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XXX
XXX
21 novembre 2022 19:57

« …/ Pierre Servent publie un livre intitulé “Le monde de demain. 12 repères pour comprendre les conséquences de la guerre en Ukraine” aux éditions Robert Laffont. “Si j’ose une comparaison, je dirais que ce monde de demain est un peu un tableau à la Pierre Soulages : beaucoup de noir mais avec des traits de lumière”, explique-t-il au micro de France Inter. /… »
 
L’invité de 8h20 : le grand entretien : podcast et émission en replay | France Inter (radiofrance.fr)
 

LedZep4096
LedZep4096
26 septembre 2022 12:11

Cette fois, nous y sommes. La Kanaky en marche avec la complaisance de l’Etat français ? Le site des Nouvelles titre ce jour : Louis Mapou ira à la Maison Blanche “Le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie va participer au Sommet des Îles du Pacifique, une première édition historique, à l’invitation du locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden.”. Coup de force de la part des Indépendantistes qui ont une interprétation de la loi Organique de 1999 relative à l’organisation statutaire de la NC [du moins celle de leur conseiller juridique – enseignant – militant de l’UNC]? Une juste interprétation… Lire la suite »

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 13:19

Sur Le site des “Nouvelles” ce jour, suite de mon commentaire du 26 septembre 2022 12:11 “Le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie va participer au Sommet des Îles du Pacifique, une première édition historique, à l’invitation du locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden.”. Pour en savoir un peu plus, si tant est que cette source d’information soit fiable ( 👍 🐶 ) : https://www.politico.com/news/2022/09/02/bidens-u-s-pacific-island-country-summit-targets-chinas-growing-influence-00054750 Après traduction automatique. “Le sommet États-Unis-îles du Pacifique de Biden cible l’influence croissante de la Chine“. “L’Administration Biden a annoncé vendredi que son premier sommet États-Unis-pays insulaires du Pacifique aura lieu les 28 et 29… Lire la suite »

Dernière modification 2 mois plus tôt par LedZep4096
Naif
Naif
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 14:05

Simplement Mapou va à Washington et que s il allait en Chine cela serait différent. Comme la France est devenu vassal des US cela choque qui que Mapou aille aux US ?

XXX
XXX
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 14:14

“Le président de la Polynésie Édouard Fritch se rendra à Washington pour participer au 1er Sommet des Îles du Pacifique à l’invitation du président des États-Unis Joe Biden, a-t-on appris dans un communiqué.”

Polynésie : Le président Édouard Fritch présent au sommet des îles du Pacifique à Washington | Outremers360

XXX
XXX
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 14:18

“Le président de la Polynésie Édouard Fritch se rendra à Washington pour participer à un Sommet des Îles du Pacifique à l’invitation du président des États-Unis Joe Biden, a annoncé le Pays.

Les collectivités françaises et les pays associés à la Nouvelle-Zélande n’étaient à l’origine pas invités. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°.”

Radio 1 Tahiti le 24 septembre.

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XXX
26 septembre 2022 14:55

XXXLes collectivités françaises et les pays associés à la Nouvelle-Zélande n’étaient à l’origine pas invités. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°.

Je n’ai pas réussi à trouver le lien sur Outremers 360° qui en parlerait de ce déplacement de L Mapou à Washington. L’auriez-vous SVP.

XXX
XXX
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 15:26

Le lien Outremers 360° concerne la participation d’Edouard Fritch. Il est en modération.

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XXX
26 septembre 2022 15:47

XXX “Le lien Outremers 360° concerne la participation d’Edouard Fritch”. Le voici https://outremers360.com/bassin-pacifique-appli/polynesie-le-president-edouard-fritch-present-au-sommet-des-iles-du-pacifique-a-washington “Le président de la Polynésie Édouard Fritch se rendra à Washington pour participer au 1er Sommet des Îles du Pacifique à l’invitation du président des États-Unis Joe Biden, a-t-on appris dans un communiqué.” “Ce sommet, baptisé « US & Pacific Island Country Summit », est une première dans l’histoire diplomatique des États-Unis. « Le Président est invité parce que la Polynésie française est membre à part entière du Forum des Îles du Pacifique », explique le communiqué de la présidence polynésienne.”. “Initialement, les territoires français et britanniques du Pacifique, dont la… Lire la suite »

Dernière modification 2 mois plus tôt par LedZep4096
XYY .
XYY .
Répondre à   LedZep4096
26 septembre 2022 16:24

LedZep.
“Pour ce qui est de la NC et de la Polynésie,”
… c ki ki va payer les fauteuils en bizness, la limousine, la suite au Four Seasons ? Joe, Manu ? 🤫 😂

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   XYY .
26 septembre 2022 16:33

XYY “Pour ce qui est de la NC et de la Polynésie,” … c ki ki va payer les fauteuils en bizness, la limousine, la suite au Four Seasons ? Joe, Manu ?”. Ben si c’est Joe qui invite, il devrait en toute logique, payer les ardoises [toutes y comprises certaines, dont le respect des bonnes mœurs m’invite à éviter d’en parler]. Non mais ! Aller, Musique ! https://youtu.be/xSY4Tj1pZ6Y Manquerait plus, que ce soit à la charge de cette bande de terre si jamais il prend l’envie à Loulou d’organiser un voyage de groupe à Washington DC ! Histoire de… Lire la suite »

Dernière modification 2 mois plus tôt par LedZep4096
ditou
ditou
30 août 2022 22:01

Le parti travailliste mis de coté par les indépendantistes. Ce n’est pas de l’intox mais bien une réalité. Que se passe t il donc? Entre indépendantistes y aurait il un rejet de ce parti. Ce serait peut être une aubaine pour les loyalistes. “il regrette de ne pas avoir été associé. Sur le fond, il estime que l’accord “s’apparente à un gros marchandage”.” https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/province-sud/noumea/les-reactions-dans-l-hemicycle-apres-la-reelection-de-roch-wamytan-a-la-presidence-du-congres-1316472.html Finalement le fric passe avant les citoyens. Qu’ils en profitent vite car en septembre ils pourraient retomber de leur piédestal. Surtout quand le gouvernement leur refusera de leur mettre une date d’indépendance sur leur prochain statut. Quand… Lire la suite »

Minie
Minie
30 août 2022 07:33

On peut se demander comment les Indépendantistes pourraient déposer un recours auprès de la Cour internationale de justice alors que seuls des États peuvent le faire ! Et à quel titre interviendraient-ils , celui de Kanaky- Nc? Et même avec l’appui des pays” amis “évoqués encore faudrait- il l’accord de l’État impliqué dans un litige , en l’occurence la France, C’est quoi ce délire?? A l’image du plan B de l’usine du sud! C’est tout a fait déplorable de la part d’un responsable institutionnel de débiter de telles âneries dans les médias, ce qui révèle tout à fait la considération… Lire la suite »

ditou
ditou
Répondre à   Minie
30 août 2022 09:38

“On peut se demander comment les Indépendantistes pourraient déposer un recours auprès de la Cour internationale de justice alors que seuls des États peuvent le faire”  Peut être que les indépendantistes pensent être un état particulier, vu qu’ils sont au commande des institution sur cette île et qu’ils ont toutes autorité à faire les lois et çà grâce aux transferts de compétence. Ils représentent le gouvernement et le congrès de notre île. Ils sont tellement convaincus d’être dans leur bon droit, que çà devient ridicule. En fait ce n’est pas le peuple kanak qui est responsable de leur comportement. Seulement… Lire la suite »

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   ditou
30 août 2022 11:08

ditou “Peut être que les indépendantistes pensent être un état particulier, vu qu’ils sont au commande des institution sur cette île et qu’ils ont toutes autorité à faire les lois et çà grâce aux transferts de compétence.“. Ils peuvent continuer à rêver. Les transferts de compétences se sont arrêtés bien en deçà de ce qui permettrait à la NC (collectivité d’Outremer de son propre genre, dans l’Ensemble Français) voire, à un parti politique en l’occurrence le FLNKS de déposer un recours à la CIJ concernant, la date choisie en toute légalité par l’Etat Français relative à la tenue de la… Lire la suite »

Dernière modification 2 mois plus tôt par LedZep4096
ditou
ditou
Répondre à   LedZep4096
30 août 2022 12:19

Oui d’accord avec vous. C’est couru d’avance, qu’ils n’auront pas gain de cause, quoiqu’ils entament pour le 3ème référendum. Je crois même, qu’ils n’ont pas eu conscience de l’ampleur de leur boycotte. Ils se sont fait avoir comme des bleus. RW élu pour la 4ème fois, voici qui est intéressant, car le chiffre 4 représente la mort chez les chinois. Ce qui voudrait dire une année difficile pour ce président de congrès. Surtout lorsqu’on sait que monsieur a eu un malaise à Koné dû à un coup de chaud. . Un Kanak qui ne supporte pas le soleil. Où bien… Lire la suite »

LedZep4096
LedZep4096
Répondre à   ditou
30 août 2022 13:08

ditou “Je crois même, qu’ils n’ont pas eu conscience de l’ampleur de leur boycotte. Ils se sont fait avoir comme des bleus.”. D’autant plus que cette troisième consultation (sur l’accès à la souveraineté) s’est passée sans heurts, en présence de délégués de l’ONU voire, sans doute, d’autres instances de la Région qui nous entoure. Il me semble qu’aucune sévère critique n’a été officiellement émise (du moins connue de tous) par ces observateurs et organismes dont ils dépendent. A part peut-être des remarques sur le niveau notable de l’abstention qui a été observé à cette occasion. Mais, comment affirmer que, toutes… Lire la suite »

Dernière modification 2 mois plus tôt par LedZep4096
ditou
ditou
Répondre à   LedZep4096
30 août 2022 16:35

“Mais, comment affirmer que, toutes ces abstentions seraient en totalité, le fruit de la consigne de boycott donnée par les leaders indépendantistes.” Ils ne peuvent pas faire la part des choses entre abstention indépendantistes kanaks et les abstentions normales, qui à chaque référendum étaient présente. Surtout avec une baisse des indépendantistes kanaks ou wallisiens morts non pas au combat, mais par l’épidémie du covid. Je crois bien, que c’est pour cette raison, qu’ils ont boycotté ce référendum. Car les morts se comptaient par centaine. Ils ne voulaient pas qu’on remarque que le nombre d’indépendantistes avaient diminué. Et donc les mener… Lire la suite »

Minie
Minie
Répondre à   ditou
30 août 2022 12:53

C’est en effet une déclaration grotesque et bidon de R.Wamytan qui pense que tout le monde va gober son invraisemblable histoire de recours, en particulier les gens qu’il qualifie de ” la base” ( comme au bon vieux temps des guérillas des années 60 et 70. ( Plus c’est gros plus ça passe. ). Bien évidemment il ne pense pas un mot de ce qu’il raconte mais il faut bien raconter quelque chose … et conserver les postes alimentaires et les avantages qui vont avec.

ditou
ditou
Répondre à   Minie
30 août 2022 16:38

C’est un vieux, qui raconte n’importe quoi pour faire survivre son parti indépendantiste.
Car cette cause pour l’instant est morte et enterrée.

ditou
ditou
30 août 2022 07:20

Pour l’élection du président du congrès, voici une chose très intéressante. Les deux candidats donc Rock Wamytan et Gil Brial ont tous deux le même signe astrologique. Donc le sagittaire. Au moins là ils sont à égalité. La différence vient du signe chinois, là nous avons Brial qui est du signe du Buffle et Wamytan qui est du signe du tigre. L’année 2022 est sous le signe chinois du Tigre d’eau. Ainsi on peut voir que Wamytan est du même signe que l’année 2022. Mais la date du 30 aout 2022 correspond au finance. Donc rien à voir avec la… Lire la suite »

ditou
ditou
29 août 2022 20:12

Rock Wamytan, voici ce qu’il a déclaré hier : “Nous avons fait un recours auprès de la Cour internationale de justice, soutenu par les pays de la région.”  https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/candidature-au-perchoir-accord-de-stabilite-relations-avec-l-etat-projet-d-avenir-ce-qu-on-peut-retenir-de-l-entretien-de-roch-wamytan-president-du-congres-1316024.html Franchement qu’est ce qu’on a à faire du soutien de pays de la région. Ils n’ont aucun mot à dire. Encore une initiative qui sera un échec. Car si l’ONU leur sauveur n’a rien à dire sur la légalité de ce dernier référendum, ce n’est pas la cour internationale de justice qui fera autre chose. Elle ne pourra aller que vers la même réponse, aucune infraction ne sera constatée. Les indépendantistes… Lire la suite »

Naif
Naif
27 août 2022 17:05

Dans les nouvelles
samedi matin. Discours de Mr Goa
Réunie en comité directeur à la tribu de la Conception (Mont-Dore) depuis ce samedi matin, l’Union calédonienne attend de la France “qu’elle prenne ses responsabilités et que nos discussions sur l’avenir devront intégrer la fixation d’une date ferme, irréversible et définitive pour l’indépendance de notre pays”.
Ils sont fabuleux.

Electron Libre
Electron Libre
Répondre à   Naif
27 août 2022 17:47

Dire aux autres de “prendre ses responsabilités “, la phrase creuse-type du politicien indépendantiste kanak…. phrase entendue tant de fois, dans la bouche de ceux-là même qui foutent le bordel.

Mais venant d’un pauvre type comme Goa, cela ne surprendra personne.

Alika Antitra
Alika Antitra
Répondre à   Electron Libre
27 août 2022 18:39

Electron : “Dire aux autres de “prendre ses responsabilités “, la phrase creuse-type du politicien indépendantiste kanak

Tu réduis exagérément le champ.
Tous les politiciens, quel que soit leur “bord”, quel que soit leur pays, utilisent cette formule particulièrement creuse, y compris en parlant d’eux-mêmes.
Et quand ils parlent des autres, ils ajoutent qu’ils “devront en assumer toutes les conséquences”.

J’entends ça depuis Mendès France (“Merci Mendès-Biberon” disions-nous en chœur à la primaire en trinquant à sa santé).

Electron Libre
Electron Libre
Répondre à   Alika Antitra
27 août 2022 18:47

Oui, c’est pas faux.
J’oubliais aussi les syndicalistes entre autres.
Mais il est vrai que nos libérateurs lokaux abusent de la formule depuis quelques temps.

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