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Les Calédoniens ont-ils désigné leurs deux futurs signataires ?

Alors que la Nouvelle-Calédonie panse ses plaies et que la population subit les premiers effets de la récession, tous les regards se tournent vers les deux députés Néo-Calédoniens tout juste élus. Soutenus par une impressionnante participation et par des scores jusque-là jamais atteints par les deux blocs historiques, Emmanuel Tjibaou et Nicolas Metzdorf sont devenus, de facto, les deux personnalités calédoniennes les plus représentatives et les plus légitimes pour écrire la suite de l’Accord de Nouméa. Double plébiscite ?

Comme disait ce bon vieux Lénine : « Il y a des décennies où rien ne se passe, et il y a des semaines où des décennies se produisent ». Nous vivons en ce moment ces semaines-là, celles durant lesquelles beaucoup de choses se produisent. Et comme tout s’accélère, on ne réalise pas toujours les étapes qui ont été rapidement franchies sur notre chemin. Or, dimanche dernier, les Calédoniens ont fait quelque chose de tout-à-fait exceptionnel et qui vaut la peine qu’on s’y attarde pour en retirer quelques enseignements. Il y a 2300 ans, la République Romaine inventa le plébiscite, c’est-à-dire une décision politique votée par l’assemblée de la plèbe. Est-ce bien cela qui s’est produit ce dimanche 7 juillet ? Hasard conjoncturel ou cause structurel ? En tous les cas, les trois-quarts de la population en âge de voter se sont déplacés et ils se sont divisés en deux blocs qui ont chacun réussit à élire un représentant.

De façon tout-à-fait surprenante, ce 7 juillet 2024, les Calédoniens ont collectivement choisi – à ce moment-là de leur histoire – leurs champions pour les représenter au mieux de leurs intérêts et de leurs spécificités, tout en leur octroyant une légitimité démocratique dont aucun autre, avant eux, n’a jamais pu bénéficier. En effet, non seulement les taux de participation des dernières législatives égalent ou supplantent celle de l’après-guerre (lorsque les populations kanak ont obtenu le droit de vote après 1946) mais, du fait de l’augmentation de la population depuis cette époque, les quatre finalistes ont engrangé davantage de suffrages sur leurs noms que durant toutes les consultations référendaires de l’histoire calédonienne. Imaginez-donc qu’en 1981, le député indépendantiste Roch Pidjot (UC) fut élu au second tour contre Henri Wetta (RPCR) avec 6 400 voix et 63% de participation. Or, dimanche dernier, ce sont 156 000 Calédoniens qui se sont déplacés pour voter (quand ils étaient moins de 155 000 à avoir participé au référendum de 2020 avec alors une participation record de 86%). Pas moins qu’un raz-de-marée démocratique. Etaient-ce les mêmes électeurs ? Nul ne pourra jamais l’affirmer. Reste que les chiffres de ce scrutin donnent le tournis à tous les observateurs de la vie politique locale et que cette espèce de sorte de 4ème référendum aura eu deux conséquences observables : d’une part il a révélé qu’une majorité pour l’indépendance existe depuis plusieurs années et par conséquent que le 3ème référendum était gagnable par les indépendantistes. D’autre part, il a désigné deux hommes pour « examiner la situation ainsi créée ».

Les révélations du Direct

Jacques Pilhan avait une formule admirable pour évoquer la force du direct et de l’image. Il disait « Ce que tu es parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis ». En effet, pour ceux sur qui s’exerce le pouvoir, c’est-à-dire pour le peuple, le signifiant, lorsqu’il est personnifié, est toujours plus important que le signifié. Autrement dit, l’idée qu’on se fait de quelqu’un supplante souvent ce qu’il exprime. Et comme l’exercice démocratique requiert des médias qu’ils retransmettent les soirées électorales en direct, l’impact des échanges et des réactions qu’elles suscitent ont un impact significatif sur l’imaginaire collectif. Car durant ces trop rares moments, la preuve de sincérité est proportionnelle au risque encouru par celui à qui on donne la parole. Jugez plutôt : ce dimanche soir, une fois que chaque camp eut fini de compter ses voix, Roch Wamytan a mis 35 minutes pour débouler sur le plateau de NC1ère avec pleins de petits papiers dans ses poches qu’il a soigneusement posés devant lui avant d’attendre qu’on lui demande pourquoi il était venu. Tel un réalisateur recevant un Oscar pour l’ensemble de son œuvre, le Président du congrès a alors commencé à lire ses petits papiers ou quelques phrases avaient préalablement été surlignées de jaune stabiloté. Remerciant tout d’abord les électeurs, « et surtout la jeunesse », il a expliqué pourquoi les « instances indépendantistes » avaient obtenu un tel succès (83 000 voix, soit 10 000 voix de plus que les 73 000 voix Loyalistes). En forme, le président du congrès – qu’on n’avait plus revu depuis les évènements de mai – a néanmoins démontré un certain agacement à partir du moment où le nouveau député indépendantiste est entré sur le plateau. Car une heure après le lancement du Direct, tous les regards des invités et des journalistes se sont tournés presque naturellement vers Emmanuel Tjibaou lorsqu’il s’est installé autour de la table. L’ambiance était telle qu’on se serait cru devant la fameuse table autour de laquelle nos élus sont censés discuter pour négocier un hypothétique accord. Pour les amateurs de psychologie non-verbale, la séquence vaut d’ailleurs le coup d’œil et est disponible en replay ici.

Les leaders indépendantistes face au petit remplacement

Durant cette émission, évoquant les émeutes et surfant sur l’arrivée du nouveau député, l’élue Virginie Ruffenach (LR) s’est tournée vers les deux présentateurs de France Télévision, évitant soigneusement de regarder dans la direction de Roch Wamytan, assis à ses côtés. Elle a tout d’abord affirmé : « regretter que certains responsables aient participé, aussi, en dehors d’une organisation, une structure de terrain, à participer et mettre en place ces violences » et immédiatement après, l’élue loyaliste s’est tournée vers Emmanuel Tjibaou, (visiblement tout étonné d’être déjà apostrophé et au centre des regards alors qu’il venait tout juste de s’assoir) et lui a fait part de ses « espoirs » que la voix « de Monsieur Tjibaou » puisse désormais « incarner le monde indépendantiste » avant de « saluer sa victoire ». Quelques minutes de reportages plus tard et une fois les résultats confirmés par le Haut-commissariat, de retour sur le plateau, la journaliste a demandé à Roch Wamytan « ce qu’il voudrait dire à Emmanuel Tjibaou » et « quelle mission il voudrait lui confier à l’avenir ? » Instant sublime où le clergé audiovisuel désigne en direct à l’ancien baron du coin son propre effacement politique par le passage du flambeau démocratique. « Aucune ! » bien sûr, répondit en souriant Roch Wamytan. Car en politique, lorsqu’on a mal on sourit toujours un peu. Selon lui d’ailleurs, le candidat Tjibaou aurait juste « réussi à tordre le cou au découpage de 1986 ». Si peu de chose il est vrai. L’agacement étant, apparemment, de plus en plus difficile à contenir, le président du congrès n’a alors pas supporté que l’élue non-indépendantiste Nina Julié ait l’outrecuidance de l’interrompre quand il ne disait pas grand-chose. « C’est moi qui parle là ! », lui a-t-il ainsi asséné avant de justifier durant trois longues minutes les bons scores indépendantistes par le « travail de fond » initié « depuis plusieurs années » et le fait que les candidats furent « portés par une vague », qu’il s’agissait-là d’une victoire collective « de nos candidats mais aussi de nos partis ». Cependant, l’autre journaliste (c’est pour cette raison qu’ils sont deux) a insisté et a encore une fois reposé la même question, à savoir Kézako la suite, mais de manière plus consensuelle. Steeven Gnipate a ainsi interrogé très précautionneusement Roch Wamytan en évoquant son regard quant à « l’avenir institutionnel », « les portes d’ouverture », ou encore « les perspectives en termes de discussions » qui feront suites à ce scrutin. Bref, kézako la suite. Sous les yeux suspicieux ou simplement curieux d’Emmanuel Tjibaou, le Grand Chef de Saint-Louis a alors bien expliqué que c’était « une victoire de la jeunesse » et que le « mouvement politique » (indépendantiste) « avait fait ce qu’il avait à faire » MAIS que « les candidats se sont engagés eux-mêmes ». Une déclaration que seuls les calédologues pourront comprendre… Lorsqu’un instant après, la parole est redonnée à Nina Julié, le président du congrès avait déjà quitté le plateau. Peut-être en se souvenant que le nouveau député de l’Union Calédonienne a obtenu cinq fois plus de voix que celles qui lui ont permis de siéger sur le perchoir du congrès. Que voulez-vous, les hommes sont ce qu’ils sont et ils se jaugent entre eux. Or, cinq fois moins, c’est assez douloureux. Reste que Nina Julié en est venue ensuite à des supplications envers Emmanuel Tjibaou : « moi j’espère, a-t-elle dit, et je vais vous parler avec mon cœur, j’espère Monsieur Tjibaou que vous allez réussir à rétablir l’ordre en Calédonie (…) et qu’on se parle de nouveau ». Même si le nouveau député a expliqué qu’il « n’était pas superman », il s’est pourtant placé dans les pas des « vieux » et a assumé la responsabilité qui lui incombe aujourd’hui, celle de rédiger la suite et l’après accord de Nouméa :

Ce pays c’est mon pays. C’est sur ça que moi j’ai défendu mes argumentaires, parce que je crois et je suis déterminé, parce que les vieux l’ont fait, et qu’aujourd’hui c’est de notre responsabilité de poursuivre, d’écrire, finalement de rédiger la suite de ce qui est l’après accord de Nouméa” Emmanuel TJIBAOU, 07/07/24 ; sources : NC1ère)

C’est alors que le député Metzdorf est arrivé lui aussi sur le plateau et les questions ont alors tourné autour d’un seul thème, celui du duo créé par ces deux plébiscites législatifs. « Nicolas Metzdorf, est-ce que vous entendez finalement cette responsabilité qui pèse sur vous deux, d’apporter une voix de consensus, une voix de dialogue ? ». Steeven Gnipate sait bien que, comme souvent, poser une question c’est déjà y répondre. Ce moment est rare car, en Direct, nos deux députés de Nouvelle-Calédonie semblaient découvrir ce qu’ils étaient et les nouvelles responsabilités que cela leur conférait. Depuis lors, l’œil des médias, les journalistes, leurs militants, et tous ceux qu’ils rencontrent en vérité, participent à le leur faire comprendre. Tout simplement parce que la confiance massive de leur peuple respectif leur a été octroyée. Et cela s’appelle l’onction populaire que seul le suffrage universel direct est à même de conférer.

83 000 et 73 000 sont dans un bateau

Les circonscriptions étant organisées pour détenir à peu près le même nombre d’électeurs, selon l’abstention, les députés Français sont généralement élus par une quinzaine, voire une vingtaine de milliers de citoyens. Pour preuve, Gabriel Attal vient d’être ré-élu député des Hauts-de-Seine grâce à 17 600 électeurs. 20 000 autres dans les Alpes-Maritimes ont quant à eux donné la victoire à Eric Ciotti. Il en découle que, d’ordinaire, seules les personnalités politiques nationales dépassent ces scores en rameutant des partisans parmi les abstentionnistes. La députée Sandrine Rousseau a ainsi été réélue par 26 000 parisiens et François Hollande a obtenu la confiance de 28 000 corréziens. Quant à Marine Le Pen, dont la réélection en tant que députée a été jugée « triomphale » par France Info, elle a pu compter sur près de 32 000 électeurs du Pas-de-Calais. Car au-delà des pourcentages, ce sont les masses qui importent. S’agissant du territoire calédonien, Nicolas Metzdorf, élu député de la 1ère circonscription et sa suppléante Françoise Suve ont obtenu plus de 34 000 suffrages sur Nouméa, commune où le NON à l’indépendance avait réuni 33 000 bulletins. Davantage de Nouméens ont donc voté pour le candidat Loyaliste que pour le NON à l’indépendance… De son côté, Emmanuel Tjibaou, élu député de la 2nde circonscription, a obtenu sur son nom et sur celui de sa suppléante Amandine Darras plus de 51 000 voix ! Sans compter celles obtenues par les autres candidats malheureux, Alcide Ponga (38 000 voix) et Omayra Naisseline (31 000 voix) dont les campagnes étaient corrélées. La conséquence politique est la suivante : les deux députés Calédoniens font partie des représentants de la nation parmi les mieux élus de France.

L’énigme Tjibaou

Deux fois plus de voix. Le double de ce que le candidat indépendantiste avait obtenu il y a seulement deux ans, lors des précédentes élections législatives de juin 2022. 51 000. Un chiffre tout simplement époustouflant et qui est à lui seul un fait politique. Pour comparaison, le Président de la province Nord « pèse » électoralement cinq fois moins que le nouveau député du FLNKS. Paul Néaoutyine dirige en effet l’assemblée de Koné d’une main de fer grâce aux 9 700 habitants qui lui avaient fait confiance aux provinciales de 2019, soit 38% des suffrages alors exprimés. Et si le fils de Jean-Marie Tjibaou pèse désormais davantage dans l’échiquier politique local que tous les leaders du FLNKS réunis, c’est tout simplement parce que, pour lui, et pour cette fois-ci, la population kanak (et d’autres ?) a massivement choisi de le soutenir. Les différentiels de voix entre les précédents scrutins apparaissent si énormes que le constat s’impose à tous : dans la seconde circonscription, depuis vingt ans, toutes les défaites du FLNKS aux élections n’étaient en fait dues qu’à un mauvais casting et à une absence d’accord entre le Palika et l’Union Calédonienne, lesquels entrainaient un défaut de participation des populations kanak indépendantistes. L’élection d’Emmanuel Tjibaou démontre en effet que les électeurs indépendantistes étaient non seulement majoritaires dans la seconde circonscription, mais aussi qu’ils désiraient et attendaient depuis longtemps ce changement tant générationnel que symbolique. Jusqu’alors, les électeurs indépendantistes n’avaient simplement pas trouvé le bon prétendant. Une erreur de casting ou une mainmise de l’ancienne génération ? De quoi expliquer les échecs des candidatures des apparatchiks Jean-Pierre Djaiwé, Gérald Reignier ou encore de Louis Mapou, mais aussi, peut-être, la défaite du 3ème référendum puisque le OUI – on le voit aujourd’hui – aurait pu l’emporter il y a trois ans…

Car dans la spectaculaire victoire d’Emmanuel Tjibaou il y a aussi en filigrane l’échec de la génération qui a comblé le vide laissé par la disparition de son père. Sur les quinze dernières années, le message des électeurs indépendantistes vis-à-vis du FLNKS apparait aujourd’hui très simple : « nous voulons un meilleur représentant ! ». Or, le nouveau député indépendantiste dispose de nombreux atouts pour être celui-ci. En premier lieu il n’est pas alcoolique (ce qui le différencie de la majorité de ses collègues indépendantistes). Il a une vie simple, de père de famille sans histoire. Il a un vrai diplôme et un vrai travail. Il n’est pas corrompu (les mauvaises langues diront qu’il n’a pas eu le temps pour l’être). Il est à la fois connu de tous mais aussi inconnu de chacun. Il n’a aucune histoire politique alors qu’il appartient totalement à celle de la Nouvelle-Calédonie. De plus, Emmanuel Tjibaou n’a aucune responsabilité dans la situation actuelle, ni de près, ni de loin. Enfin, ce haut-fonctionnaire s’est tenu, toute sa vie, bien éloigné de la vie politique et de son marigot, se consacrant, dans le cadre professionnel, essentiellement à la promotion de la culture kanak et à l’héritage et à l’œuvre de son père. Bref, son profil d’homme neuf et son score démontrent qu’il était pour le peuple kanak, le meilleur choix possible.

Le Kanak et le Caldoche

Le lendemain de cette soirée électorale, un autre débat électoral tout aussi instructif fut organisé, mais cette fois-ci sur la chaine CalédoniaTV (une émission à retrouver ici). Et comme celle-ci émet de Koné, et que les deux députés étaient encore sur Nouméa, les spectateurs ont pu les observer l’un à côté de l’autre, répondant à des journalistes en duplex. Les traits tirés, un peu gênés, parfois mal à l’aise, le spectateur attentif aura tout de suite vu que ces deux hommes assis l’un à côté de l’autre ne se connaissent pas bien. Emmanuel Tjibaou, 46 ans, et Nicolas Metzdorf, 36 ans, semblent être un mystère l’un pour l’autre puisqu’ils n’avaient, jusque-ici, jamais été amenés à se rencontrer. Le Kanak et le Broussard. A 8 ans, le premier assistait à la levée, par son propre père Jean-Marie Tjibaou, du drapeau du FLNKS à la Conception le 24 septembre 1985. A 8 ans, le second sautait sur les genoux de Jacques Lafleur lorsque celui-ci montait à Poya voir son père, un membre actif du RPCR durant les évènements. Tout semble les opposer et tout semble aussi les rapprocher. Ce sont deux cadets. Deux jeunes pères de famille. Deux cadres du système calédonien qui ont grandi dans la période des accords. L’un a aujourd’hui un frère en prison. L’autre, enfant, rendait visite à son père en prison. L’un a vu son père se faire assassiner, l’autre est régulièrement menacé de mort. L’un est enraciné sur la côte Est, l’autre a une propriété sur la côte Ouest. Il n’y a finalement que la chaîne qui les sépare. Allez au sud de Hienghène, vous trouverez Poya.

La relève ?

En vérité, l’histoire personnelle des deux députés calédoniens est une synthèse des 40 dernières années de la Nouvelle-Calédonie. C’est peut-être aussi pour cela qu’ils ont été légitimés par le peuple : car chacun des deux est, à sa façon, typique. Totalement kanak et totalement caldoche. Tous deux vérifiés au Carbone 14. Quant à être sûr que ces deux-là représentent l’avenir, si besoin il était, il suffit pour s’en convaincre de voir comment ont réagi les deux personnes qui rêvaient depuis des décennies d’être à leur place et de pouvoir signer un accord de paix. D’abord le Président du congrès, bien évidemment. Roch Wamytan n’a pas eu un mot sur les raisons du succès d’Emmanuel Tjibaou et il lui a bien spécifié que le nouveau député Tjibaou parlerait désormais en son nom propre. Sa signature ne concernera-t-elle que lui ? Voire. Ensuite, le chef de Calédonie Ensemble, lequel a fait savoir qu’il trouvait « médiocre » le score et la victoire du député Nicolas Metzdorf (celui-là même qui a obtenu au 1er tour quatre fois plus de voix que Philippe Dunoyer, le candidat de Calédonie Ensemble). Il s’avère que, comme beaucoup, ces deux-là regardent le monde d’aujourd’hui avec les yeux d’hier. Ils ne savent pas que les kanaks ont collectivement réalisé, grâce à la séquence référendaire et aux changements démographiques, qu’ils étaient redevenus la communauté la plus nombreuse de Nouvelle-Calédonie. Ils n’ont pas encore compris que le peuple kanak n’a donc plus besoin d’eux. Ils n’ont pas encore admis que le territoire est entré dans une nouvelle ère et que les réflexes issus des années 80 et 90 n’ont plus de sens puisque la démographie de la Nouvelle-Calédonie s’apparente désormais à celle qu’elle était dans la première moitié du XXème siècle. Que voulez-vous, beaucoup ignorent que « la démographie, c’est le destin ». Quant aux deux nouveaux députés, même s’il ne leur reste, au pire, qu’un an devant eux pour prendre la plume et rédiger – et pourquoi pas ? – la fameuse suite des accords, nous pouvons leur conseiller cet réflexion utilisée naguère par un esprit ô combien avisé :

Le poète met en scène le campagnard montant la pente abrupte :

– Homme de la plaine, pourquoi gravis-tu la colline ?

– C’est pour mieux regarder ma plaine. Je n’ai compris la plaine qu’en la voyant du haut des sommets.

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JNC

Ancien journaliste, aujourd’hui à la retraite, JNC a été l’un des tous premiers contributeurs officiels du média. Curieux, travailleur, attentif aux soubresauts de l’actualité, il sait conserver une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Volontiers pédagogue, jamais caricatural, souvent indigné, il conserve intact sa capacité à remettre en question la société calédonienne qu’il connait et décrit au jour le jour. Son crédo : « c’est l’actualité qui décide, pas nous »

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Naif
Naif
12 juillet 2024 17:49

La mise sous tutelle de la France par le FMI et l UE approche? Article le parisien. Le Parisien : Actualités en direct et info en continu S’abonner À la une JO Paris 2024navigation entry logo En continu Paris & Île-de-France Faits divers Politique Économie Société Sports Culture Étudiant Vidéos Guide d’achat Jardin Ville, code postal… 75 · Paris 91 · Essonne 92 · Hauts-de-Seine 93 · Seine-Saint-Denis 94 · Val-de-Marne 95 · Val-d’Oise 77 · Seine-et-Marne 78 · Yvelines 60 · Oise Toutes les actualités locales Rechercher sur Le Parisien À la une JO Paris 2024 En continu Paris… Lire la suite »

Lemec Dici
Lemec Dici
Répondre à   Naif
12 juillet 2024 18:42

Vous pourriez quand même relire vos copiés-collés après les avoir mis en ligne.

Clarkounet Gaybeulounet
Clarkounet Gaybeulounet
Répondre à   Naif
13 juillet 2024 01:37

Naif le con de service. T’étais bourré quand tu as publié ça non?

LedZep4096
LedZep4096
12 juillet 2024 13:29

Il en pense quoi Emmanuel, le fraîchement élu député UC-CCAT-FLNKS (apparenté NFP – LFI – Mélenchon), des dernières révélations du “Monde” au sujet de son copain de parti politique “Bichou”, soi-disant déporté en Métropole, dans un centre de détention qui à mon humble avis et pour cause (au vu de l’article), doit être dorloté (pour ne pas dire sous surveillance 24 / 24, 7 / 7) comme le lait sur le feu (*) ? Tu m’étonnes qu’il fasse profil bas le Manu. A la croisée des chemins Manu, de son destin ? L’étau se resserre autour de l’UC-CCAT-FLNKS ? Un… Lire la suite »

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Lemec Dici
Lemec Dici
Répondre à   LedZep4096
12 juillet 2024 18:39

Eh bien, c’est du joli !
Il n’y a plus qu’à faire en sorte que la CCAT, comme le HAMAS, soit classé comme organisation terroriste, par l’Europe, par les Etats-Unis.
Ils l’auraient bien mérité.

Inforétif
Inforétif
Répondre à   LedZep4096
12 juillet 2024 19:17

Tein marié à Wagener marié à Poutine respecté par Alik dont la Clio de 1984 à peine rodée va être cramée dès sa sortie de taule par le respectable Tein qui en plus va le foutre à poil : la boucle infernale sera bouclée, c’est son destin à Alik.

Dernière modification 1 jour plus tôt par Inforétif
XYY .
XYY .
Répondre à   LedZep4096
13 juillet 2024 09:45

Article du Monde: Nouvelle-Calédonie : ce qui est reproché à Christian Tein, chef indépendantiste incarcéré en France métropolitaine L’arrêt de la chambre de l’instruction sur la détention du responsable indépendantiste, dont « Le Monde » a pu prendre connaissance, donne un premier aperçu des charges qui pèsent sur lui. Christian Tein, chef de la cellule de coordination des actions de terrain, à Bourail, en Nouvelle-Calédonie, le 14 juin 2024. DELPHINE MAYEUR / AFP C’est le premier document judiciaire qui permet de mesurer les charges pesant sur Christian Tein, le chef indépendantiste de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT),… Lire la suite »

XYY .
XYY .
Répondre à   XYY .
13 juillet 2024 09:48

Bichou Tein aurait demandé à son avocat si la retraite aux flambeaux aurait lieu ce soir malgré le couvre-feu et si les pétards et feux d’artifice seraient autorisés cette année. 😁

Electron Libre
Electron Libre
11 juillet 2024 20:32

En aparté : donc, JNC est le nouveau rédacteur qui fait vivre Calédosphère et Hubert B. c’est fini ?

Dernière modification 2 jours plus tôt par Electron Libre

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