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Situation politique : le tour d’horizon

Un an après les élections et passé le comité des signataires, la rédaction de Calédosphère présente un tour d’horizon des principaux exécutifs désormais en responsabilité au sein des différentes institutions.

Le dernier comité des signataires, qualifié par ses protagonistes comme étant « exceptionnel », aura remis les pendules de la vie politique caldonienne à l’heure. À Paris, chaque grande formation politique s’étant déclarée satisfaite, le relevé de conclusion a cette année fait l’unanimité concernant les litiges portant sur les listes électorales. Mais qu’en est-il à 18.000 km de là dans nos institutions ? Plus d’un an après que les Calédoniens se soient exprimés dans les urnes, où en sont leurs dirigeants et comment gèrent-ils le « quotidien » ? Afin de répondre à ces questions, nous vous proposons un récapitulatif concernant les dix plus importantes collectivités du territoire.

Les Provinces ou les belles endormies

Un point commun entre les trois provinces calédoniennes : on ne peut pas vraiment dire qu’elles soient au centre de l’actualité. Si les Calédoniens ignorent pratiquement tout du travail effectué par l’exécutif de Neko Hnepeune sur les îles – mais ce n’est pas nouveau – ils auraient également bien du mal à préciser les grandes réformes ou les actions entreprises par les deux provinces de la Grande Terre. Se faisant, en province Nord, contrairement à tous les autres présidents d’institution, Paul Néaoutyine peut se prévaloir d’une absence totale d’opposition au sein de son assemblée. C’est ainsi que les textes que l’exécutif de l’UNI propose sont généralement votés à l’unanimité ; que ce soit par l’UC ou par les élus non-indépendantistes du Nord. L’homme fort du Palika est néanmoins empêtré dans les problèmes de l’usine de Koniambo en grande difficulté aujourd’hui, ce qui affecte fortement sa marge de manœuvre ainsi que ses projets d’aménagement de la zone VKP. Du côté de la Province Sud, mise à part la tonitruante affaire entourant les gisements de Prony-Pernod ou quelques dossiers ciblés, le plus grand calme semble régner au sein de l’exécutif de Philippe Michel. Si elle part du principe qu’il n’y a pas de problème assez grave qu’une absence de solution ne puisse résoudre, la collectivité devra néanmoins faire face très prochainement (sans qu’on sache trop comment) à l’épineux problème de la clé de répartition qui pénalise son budget. La nouvelle affectation des recettes de la taxe sur les jeux n’étant qu’une ultime bouffée d’oxygène avant l’asphyxie financière pour cette importante collectivité.

Le gouvernement, le congrès et le CES sont sur un bateau

Qui tombera la première ? Parmi ces institutions, l’une vient de choisir son nouveau président et les deux autres vont devoir prochainement en changer. Elu il y a un peu plus de deux mois au gouvernement, Philippe Germain a donné le ton à ses risques et périls: un management basé davantage sur les méthodes des entreprises que sur celles de la fonction publique. Virant à tour de bras des collaborateurs, sermonnant ses collègues du gouvernement opposés à sa politique et n’hésitant pas à utiliser un vocabulaire volontairement musclé, l’ancien chef d’entreprise doit encore faire ses preuves et démontrer qu’il est capable de réformer le territoire tout en trouvant les majorités au congrès pour soutenir son action. Vaste programme.

Au Conseil Economique et Social, le temps passe lentement au grès des réunions quasi-confidentielles de ses membres. Un peu d’animation devrait prochainement bousculer l’institution avec l’élection d’un nouveau président en remplacement d’Yves Tissandier. Ensuite, ces cinq prochaines années, sauf scandale ou cocktails trop arrosés, on ne devrait plus entendre parler des 41 conseillers du CESE.

C’est au Boulevard Vauban en revanche, là où siège le congrès, que se livre une part importante du débat politique calédonien. Élu à sa grande satisfaction président de l’institution il y a tout juste un an, Gaël Yanno a depuis tenu à la faire davantage connaitre des Calédoniens. Diffusant à grande échelle et à grand frais un « Journal du Congrès » et toujours prompte à passer des actes aux paroles, Gaël Yanno avait expliqué dans l’édition de décembre que la Nouvelle-Calédonie devait justement faire des économies… Dans quelques semaines, l’ex-député remettra son siège en jeu et il espère ardemment que l’ensemble des voix des non-indépendantistes se porteront sur sa candidature. Très silencieux depuis l’élection au gouvernement, le président du congrès doit surtout composer avec ses partenaires loyalistes pour se démarquer d’eux sans pour autant se les mettre à dos. De quoi espérer, lors de sa campagne pour le perchoir, quelques circonvolutions dignes des plus grands équilibristes.

Les mairies : entre défis et déceptions

70% des Calédoniens vivent dans le Grand Nouméa. Un an et trois mois après les élections municipales, les 1ers magistrats des quatre grandes communes qui le composent sont loin d’être à la même enseigne. Facilement réélu et toujours populaire dans sa ville, Georges Naturel doit, à Dumbéa, réussir à construire la plus grande Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) de France. Elu à la tête d’un bourg de 24.000 habitants, Georges Naturel laissera en effet à son successeur une grande ville où résideront plus de 40.000 âmes. Reste à savoir si l’homme à les capacités et les équipes capables de relever un pareil défi au cours des cinq prochaines années.

Plus au sud, Éric Gay reste confronté au problème de Saint-Louis. Si l’ancien vice-président de la Province Sud maitrise parfaitement le développement de sa commune et garde de bonnes relations avec les industriels de Goro, l’insécurité et la fracture ouverte entre les parties sud et nord du Mont-Dore le placent en difficulté face à ses administrés. Misant davantage sur la lassitude des jeunes de St-Louis et sur la responsabilité de l’Etat dans la lutte contre la délinquance, Éric Gay applique une politique tournée principalement vers l’environnement, le sport et la concertation (voire même la négociation) avec les jeunes qui se sont mis en marge de la société. Pour l’instant, cela fonctionne, du moins jusqu’aux prochains débordements…

A Paita, Harold Martin n’aura vraisemblablement pas besoin de refaire campagne. Le Conseil d’Etat devrait bientôt confirmer la validité de son élection à la tête de la mairie au grand désarroi de son adversaire désigné Frédéric De Greslan. L’ex-président se voit désormais entièrement tourné vers la gestion de sa commune dans laquelle il a fait venir ses plus proches collaborateurs de sa période au gouvernement. Très actif depuis quelques mois sur le terrain (certainement aussi en prévision d’une possible campagne), Harold Martin est dit-on ravi par la situation et semble vouloir faire de “sa” mairie une forteresse d’où personne – et surtout pas Calédonie Ensemble – ne pourrait le déloger.

Inversement, dans la capitale, c’est la déception qui règne. A Nouméa, plus d’un an après sa victorieuse campagne, Sonia Lagarde aura multiplié les mécontents et les déconvenues. Comme nous l’avions annoncé l’année dernière, la maire de Nouméa a renié sa parole pourtant prononcée « les yeux dans les yeux » face aux Calédoniens. En ne démissionnant pas de son poste de député à l’assemblée pour se consacrer entièrement à la mairie et en refusant de l’assumer publiquement elle a prêté le flanc aux critiques et a fragilisé d’autant la nouvelle équipe municipale. De plus, alors que son programme était axé sur le « changement » très peu d’actions ont été mises en place. Preuve que l’administration nouméenne vit très mal la gestion Lagarde, plusieurs dizaines de postes de direction sont actuellement vacants au sein de son administration, dont celle de la police. De plus, Sonia Lagarde n’aurait réussi à boucler que les deux-tiers du budget investissement par faute de suivi de projet ou de management. S’il est naturellement trop tôt pour faire le bilan de son mandat, en revanche, de par son absence de résultat, sa côte de popularité auprès des Nouméens s’en trouve fortement diminuée.

Et les autres responsables ?

Du côté des élus qui ne sont pas en situation de responsabilité à la tête d’une institution l’avenir institutionnel règne en maître. Au sein de l’Union Calédonienne Daniel Goa entend remettre au pas les élus récalcitrants (comprenez Roch Wamytan et Gilbert Tyuienon). Arguant que le « monde avait changé », le patron de l’UC imprime jour après jour sa nouvelle marque en totale concordance avec Paul Néaoutyine du Palika. Désirant unir le FLNKS et « préparer le référendum de 2018 » Daniel Goa tient à rester bien éloigné du marigot institutionnel. C’est le cas également de Philippe Gomes. Totalement silencieux après le dernier comité des signataires, le député de la seconde circonscription semble donner le tempo politique en organisant bon an mal an les réunions où est évoqué entre loyalistes, indépendantistes et l’Etat le « jour d’après » le référendum. Qualifié « d’incontournable » par les représentants de l’Etat, le leader de Calédonie Ensemble déroule sa partition, visiblement sans rencontrer la moindre résistance. Ainsi, celui dont on s’attendait à ce qu’il s’oppose à tout ce qui est actuellement entrepris – en l’occurrence Pierre Frogier – a récemment changé de braquet. Dithyrambique sur la nouvelle position de l’Etat et sur le Gouvernement socialiste, le président du R-UMP a mis de l’eau dans son vin et est même allé jusqu’à accepter de s’entretenir avec Philippe Gomes lors du comité des signataires. De sources parisiennes, on explique que Nicolas Sarkozy le lui aurait directement demandé et ce afin d’aplanir les problèmes politiques calédoniens et de préparer l’avenir. En échange, l’ancien président de la République lui aurait promis d’en faire son ministre des Outremers en cas de victoire en 2017…

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La rédaction de Calédosphère



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11 Commentaires sur "Situation politique : le tour d’horizon"

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ministre notre PIERROT LES SANGLOTS ! Triste FRANCE ! CLEMENCEAU ne votait que pour le plus bête Pierrot aurait été bien élu !!!!

Fidèle à sa devise : “la voix de son maître”….tresser des lauriers à la gomme made in koréa et distribuer des coups de pied à celle (et ceux) qui au sein de CE (la compagnie des éclaireurs) refusent le diktat d’el muchacho présidenté de nueva caledonia-kanakyia. Olé !!!

je ne retiendrais de tout cela que la trahison la plus criante , faite les yeux dans les yeux , par sonia lagarde , de toutes facons quel que soies son bilan , aux prochaines municipales on ne retiendra que cela d elle car c est revelateur d une certaine mentalité dont nous sommes devenus desormais allergiques

Alain Terrieur

On peut savoir tout ce qui se passe, tout ce qui se fait, tout ce qui se décide dans la Province des Iles en lisant le magazine “Construire les Loyauté” ! Faut pas dire n’importe quoi !

Les Loyauté, centre du monde, ses villes lumières, sa vie nocturne… Ils vont bientot rattraper l’île des Pins et sa capitale, Vao…

…président du R-UMP. ?…

Nân, on dit “Président de Les républicain’s
avec un ‘S, comme dans Fouquet’s, comme dans Rolek’s

[ ou comme dans mis-en-exam’s…]

Pepere

Un tour d’horizon presque complet auquel il aurait fallu ajouter celui des électeurs…. Quel est leur niveau de satisfaction ou de désapprobation de leurs élus, de la politique qui est conduite, de leurs comportements, de l’amélioration qu’ils perçoivent dans leur vie quotidienne…. bref, un bilan objectif entre les promesses électorales d’hier et les réalités d’aujourd’hui !

Je ne partage pas votre analyse quand il s’agit de dire qu’il ne se passe rien d’une manière générale…

Il me semble que ce sentiment, car c’est un sentiment, vient du fait qu’on a prit l’habitude d’avoir “des scoops” et toutes sortes d’infos qui nous donnent l’impression d’être acteur du système…
Revenez sur terre, le fonctionnement de la NC n’est pas participatif, à moins d’être un membre identifié du système économique, social ou civile, vous n’êtes pas dans l’action…!!!

DECENNIE
c’est la vision d’un électeur lambda et je la partage. un ressenti dis tu ! peut être, on ne voit rien, n’entend rien si ce n’est des gesticulations de politique contre des politiques la définition parfaite de politique politicienne. pas de projet, pas de grande réforme, aucune solution non ! plutot courage pour régler les problême systèmique bien connu de nos glaneurs d’électeurs on a vraiment l’impression que passé la distribution des postes, des pouvoirs qui pour la plupart ne sont aucunement pourvus pour leurs qualités c’est le néant absolu, a si ! la fiscalité ! le sujet préféré de… Lire la suite »
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