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Femmes en colère : le courant n’est pas passé !

Ce 1er juin, le collectif Femmes en colère appelait à manifester devant le congrès et le gouvernement. Une manifestation pour alerter sur les violences faites aux femmes, mais aussi pour attirer l’attention des élus sur le cas d’Anthony Lecren. Reçu dans l’une et l’autre des institutions, le collectif n’a pas été accueilli avec enthousiasme.

Les élus, quelle que soit leur tendance politique, n’ont guère apprécié que le collectif, dans ses déclarations et son communiqué, les accuse de passivité voire de complicité face aux problèmes des violences faites aux femmes. Le fait que pour cette manifestation, le collectif ne soit parvenu à rassembler qu’une cinquantaine de femmes, n’a pas aidé non plus à sa prise en considération. Et de nombreux élus, notamment les élues kanak, n’ont pas manqué de souligner que le collectif n’avait guère mobilisé de Calédoniennes, et notamment de femmes kanak. Néanmoins, une délégation du collectif a été reçue par Thierry Santa et le bureau du congrès puis par Dewe Gorodey, membre du gouvernement en charge de la condition féminine. Chez l’un comme chez l’autre, les échanges ont été tendus !

Pas de séance publique au congrès !

L’entretien au congrès a duré une heure au cours de laquelle, le collectif a présenté un certain nombre de ses revendications. Les élus ont expliqué que la plupart des motions que le collectif souhaitait voir adoptées et actées, relevaient de la compétence de l’État. Le président et le bureau du congrès ont été pour le moins surpris par la véhémence des propos. Une des membres de la délégation du collectif a même accusé nommément certains élus de violences morales et sexuelles à son encontre, ce qui a laissé Thierry Santa pour le moins pantois, obligeant le président du congrès à réclamer plus de modération de la part de ses interlocutrices. De retour en séance, le président du congrès a proposé la tenue d’une séance publique consacrée à la condition féminine, une fin de non-recevoir lui a été adressée de la part de tous les groupes politiques, les élues notamment contestant au Collectif la moindre représentativité. La rencontre entre le collectif au gouvernement a été plus houleuse encore !

Vous êtes des opportunistes !

La délégation a ensuite été reçue par Dewe Gorodey, membre du gouvernement chargée de la condition féminine, et son collègue membre de l’UC, Gilbert Tyuienon. Il est de notoriété publique que les relations entre Dewe Gorodey d’une part, Valentine Holle et Françoise Caillard d’autre part, sont exécrables et basées sur une franche inimitié. L’entretien s’est donc très mal passé, la membre du gouvernement accusant les têtes de file du collectif d’être des « opportunistes » et de ne mener aucune action concrète sur le terrain. L’opération du Collectif des femmes en colère à laquelle a pris part une cinquantaine de militantes, aura été un indéniable succès médiatique. Mais il n’est pas certain que le « buzz » ait une suite efficace ou tout du moins soit suivi d’effets.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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62 Commentaires sur "Femmes en colère : le courant n’est pas passé !"

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Janloupe Pahune

Dede Grorodé… c’est une femme ????????????

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“L’entretien s’est donc très mal passé, la membre du gouvernement accusant les têtes de file du collectif d’être des « opportunistes » et de ne mener aucune action concrète sur le terrain.” A voir: l’interview de Valentine Holle par NCI. Il est vraiment dommage que la présidente du conseil des femmes de la province Sud n’ait pas suffisamment préparé ses dossiers et n’ait ainsi pas été en mesure de préciser sérieusement la source des chiffres qu’elle avance… Mais quand on entend Maxime Lebras prendre la défense de Dewe Gorodey, accusée d’être incapable de fournir une étude sur le sujet des… Lire la suite »
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Autre point: quand Valentine Holle explique que les “Femmes en colère” sont allées au Gouvernement parce que Lecren en fait partie, Maxime Lebras répond que c’est de la compétence de l’UC, et pas du Gouvernement! (c’est le Gouvernement qui finance NCI, ou quoi?) Et non! Le Gouvernement pourrait très bien préciser les conditions de nomination, dans son règlement intérieur, mesure très simple à prendre. Mais pourquoi ne le fait-il donc pas? Alors que même les conseils coutumiers ont un minimum de règles à respecter, précisées par leur règlement intérieur! Parce que personne n’est à l’abri d’une condamnation? Faut le dire… Lire la suite »
Manu Point de départ

Encore une démonstration flagrante que les politiciens ne règleront jamais aucun problème du peuple.
Les politiciens sont là pour se construire des vies de privilégiés sur le dos du peuple et certainement pas pour s’occuper des problèmes de ce peuple qu’ils méprisent!

Calcyt
On s’en tamponne que le collectif n’ait réuni qu’une “cinquantaine de femmes”. Les vraies questions sont celles-ci : le sieur Lecren a-t-il été condamné par la justice pour violences à l’encontre d’une femme, oui ou non ? Le sieur Lecren, en dépit de cette condamnation, est-il toujours membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, oui ou non ? L’UC, le parti auquel appartient le sieur Lecren, suite à cette condamnation, l’a-t-il démissionné de son poste au gouvernement, oui ou non ? Le président et les membres du gouvernement ainsi que les élus du Congrès, suite à cette condamnation, ont-ils exigé de… Lire la suite »
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Dewe Gorodey démontre quant à elle qu’on ne peut être et avoir été: “Il faut ici rappeler l’action pionnière de Déwé Gorodé, écrivain et militante du PALIKA, ainsi que celle du GFKEL (Groupe de femmes kanakes exploitées en lutte), se définissant comme autonome, indépendantiste et féministe, créé en 1982. Ce petit groupe d’une soixantaine de militantes, des Kanakes, pour la plupart très jeunes, et quelques Européennes, avait déjà dénoncé la pratique des viols collectifs dans le journal du FLNKS Bwénando et dans des tracts. Posant la question des violences contre les femmes à la façon des féministes radicales européennes et… Lire la suite »

Bashung chantait dans “vertiges de l’amour” : “mes circuits sont niqués, puis y a un truc qui fait masse, l’courant peut plus passer”. Prémonition du titre et des paroles ?

caledovrais

elle ont eu le courage de dénoncer une chose réelle , qu’on les aime ou pas les responsables qu’elles ont rencontrés sont des minables ! quelle que soit leur orientation politique elles dénoncés une réalité c’est l’omerta des élus ! tout le monde se protège et après on s’étonne que les gens se désintéressent de la vie politique “un pourri, tous pourris”

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