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Le trouble passé calédonien du Dircab de Hollande

Le nouveau Directeur de Cabinet du Président de la République n’est pas un inconnu des spécialistes de l’histoire calédonienne. Selon un ouvrage de l’époque, durant les évènements, Jean-Pierre Hugues aurait renseigné Eloi Machoro et le FLNKS quant aux faits et gestes de l’Etat alors qu’il travaillait au Haut-commissariat. Collaborateur un jour, collaborateur toujours ?

Décidément les directeurs de cabinet de François Hollande se suivent, ne se ressemblent pas mais semblent tous avoir une histoire personnelle avec la Nouvelle-Calédonie. Mais à l’instar de Thierry Lataste qui vient d’être nommé représentant de l’Etat sur le territoire et qui fut Haut-commissaire après la signature de l’accord de Nouméa, Jean-Pierre Hugues, le nouveau responsable du cabinet de l’Elysée, avait lui servi plus tôt en Nouvelle-Calédonie durant sa prime jeunesse sans pour autant avoir durablement marqué les esprits. Mais les Calédoniens ont de la mémoire… En effet, entre 1983 et 1984 alors que la Calédonie entrait dans ce qu’on nommera plus tard « les années de cendres » de la période des événements et sorti quatre ans plus tôt de la fameuse promotion Voltaire de l’ENA (à laquelle appartient également François Hollande), le jeune Jean-Pierre Hugues était nommé directeur de cabinet du Haut-commissaire de l’époque : Jacques Roynette, un préfet qui fera plus tard une carrière dans la politique au sein du Parti Socialiste. Ensuite, Jean-Pierre Hugues servira au cabinet d’Edgard Pisani lui-même nommé par Laurent Fabius en remplacement de Roynette. C’est notamment durant cette période Roynette-Hugues-Pisani que les tensions raciales et politiques se sont accrues entre indépendantistes et loyalistes avec notamment des incendies et des pillages de maisons d’éleveurs en brousse sans que le haussariat ne prenne vraiment la mesure de la situation*.

Le « petit Hugues », la taupe de Machoro ?

Mais durant tout ce temps, celui qui sera trente ans plus tard le plus proche collaborateur du président Hollande avait semble-t-il une façon bien à lui de servir l’Etat et c’est un ouvrage publié il y a trois décennies (au dernier trimestre de 1985) qui nous l’indique. Ecrit par Gérard Lacourrege, celui-ci s’intitule « Les heures noires de la Calédonie » et se présente comme un récit chronologique de la période allant du 18 Novembre 1984 au 29 Novembre 1985 (Historien, deux ans plus tard, Gérard Lacourrège sera récompensé par l’Académie Française pour un autre ouvrage « Nouvelle-Calédonie. Au temps des bagnes » et recevra d’ailleurs le prix Eugène Colas du meilleur livre d’histoire). Or, ce qu’il raconte sur l’ancien directeur de cabinet du haussariat n’est pas vraiment à son honneur. L’auteur explique en effet les rapports très étroits que Jean-Pierre Hugues entretenait avec Pisani et surtout avec Eloi Machoro. La scène se déroule en décembre 1984. Le territoire est alors au paroxysme de la crise entre indépendantistes et loyalistes : Eloi Machoro devient le ministre de la Sécurité du « gouvernement provisoire de la République socialiste de Kanaky » et prend le contrôle par la force de Thio, un petit village de la côte Est de la Calédonie :

« A Thio, quelques heures plus tard, Machoro se félicite de la fidélité de ce petit Hugues, directeur de cabinet de Roynette qui le tient au courant de tout ce qui se passe et se trame au Haut-commissariat (…) Non seulement Machoro attend les gendarmes, mais il a aussi de quoi les accueillir, et au cas où ce qu’il possède ne suffirait pas pour les faire réfléchir, il ordonne la saisie de toutes les armes des habitants (Ext. Page 25, « Les heures noires de la Calédonie », Décembre 85) »

Ainsi, l’auteur explique qu’à l’époque l’informateur de Eloi Machoro quant aux agissements de l’Etat n’est autre que le propre directeur de cabinet du Haut-commissaire Jean-Pierre Hugues ! Celui-ci l’aurait tenu au courant de tout ce que faisait l’Etat et des actions des forces de la gendarmerie. Reste que le 12 décembre 1984, les gendarmes obtiennent la fin du siège et une vague de réfugiés se fait évacuer sur Nouméa. Finalement, le 11 janvier 1985, le jeune Yves Tual, fils d’un éleveur européen, est tué et des membres du FLNKS sont accusés. Cet événement déclenchera à Nouméa une violente émeute nocturne. Le lendemain, le 12 janvier, la gendarmerie déclenchera une opération pour libérer la maison d’un Européen occupé par des militants emmenés par Éloi Machoro près de La Foa. La gendarmerie finira par donner l’assaut après plusieurs sommations. Éloi Machoro et Marcel Nonnaro seront alors tués par deux tireurs du GIGN. On ne sait pas en revanche si Jean-pierre Hugues a pleuré la mort de son « ami » qui se félicitait tant de leurs bonnes relations mutuelles… Mais peut-être que les responsables loyalistes calédoniens pourront le lui demander lorsqu’ils le verront à l’Elysée lors du prochain comité des signataires ?

*En représailles, une embuscade est menée à Hienghène dans laquelle dix indépendantistes sont tués, dont deux frères du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. C’est également durant cette période que Eloi Machoro brise une urne électorale à coup de hache dans la mairie de Canala. Celui-ci sera finalement abattu par le GIGN après la mort du jeune Yves Tual, devenant un martyr pour la cause indépendantiste.

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Officiant en free-lance pour plusieurs périodiques et médias calédoniens, cette pigiste professionnelle a rejoint l’équipe des contributeurs de Calédosphère depuis 2013 sous son nom de plume « Rita ». Spécialisée dans l’actualité quotidienne, elle se plait à y dénicher des sujets non-traités par les autres médias et à couvrir les évènements sensibles. Synthétique, réactive et parfois provocatrice elle essaie toujours d’écrire de manière claire, précise mais avant tout vivante. Son crédo : « Si ça pique, c’est un bon sujet »



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47 Commentaires sur "Le trouble passé calédonien du Dircab de Hollande"

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Article sans aucune utilité pour l’avenir du pays. 0 PRODUCTION

Pisani N°2. Allez, dans la même boîte et enterré bien profond.

Cet article est le copié-collé parfait d’un article paru sur un site d’extrême droite bien connu..riposte laïque pour ne pas le citer !! Des phrases entières sont pratiquement semblables et les citations de l’auteur sont les mêmes . Qui a pompé sur l’autre ?? …je suis troublé !

Article publié le 21/06/16 à 7h48 sur Calédosphère
Article publié le 21/06/16 à 22h10 sur riposte laïque

Dont acte comme disent les pros, j’ai trouvé une autre “collision” de deux articles concernant la mort de Jean Pierre Deteix à quelques heures près également !

Jean Moulin

La je suis bluffer “modérateur”, c’est quoi la modération sur ce site ou appel au meurtre et appel au génocide sont carrément quotidien?(voir commentaires sur l’autre terroriste qui parade dans la maison de ses victimes) ……Et des que quelqu’un dis qu’il y a eu plagia c’est branle bas de combat on sort modérator……

Et sinon, sur le fond ? Sur les faits ? Vous n’êtes pas “troublé “.
Votre sentiment sur cette affaire grave s’ arrête au fait que la source serait “d’extrême droite” ?

Si , si je suis troublé mais l’unicité de la source qui alimente cet article , pour respectable qu’elle soit, ne me permets pas de porter un jugement . Si on consulte des sources différentes de cette même époque,genre Lenormand, on a pas le même ressenti . Et, ce jeune fonctionnaire qui savait tout à l’époque paraît il, pourquoi n’a t’il pas prévenu Machoro qu’il allait se faire descendre ??
Pour terminer vous n’allez pas m’empêcher de penser que cette concomitance des deux articles est…curieuse !!

On peut supposer que la taupe a été tenue à l’écart du plan qui consistait à éliminer un élément (E. Machoro) trop “pur” et donc avec qui toute négociation politique s’avérait difficile, voire impossible. Dans ce genre de situation tout le monde manipule tout le monde. Hugues n’était qu’un pion consentant (cela va de soi) qui était un “porteur de valise” de la cause indépendantiste. Il est fort probable qu’il aurait prévenu l’intéressé de ce qui se tramait s’il en avait eu vent. On a beaucoup gloser sur cette élimination, certain allant jusqu’à dire qu’il y a eu un deale… Lire la suite »

Je partage votre phrase de conclusion !!

La photo illustrant les 2 articles est la même !!

Marcus Graven, sors de ce corps !!

Bonobo
Comme c’est curieux quand même! cet article se termine par le front haut et intelligent (qui cache une matière grise exceptionnelle)de ce grand personnage que fut ce triste sire pour la Calédonie: Edgard Pisani. On vient d’annoncer sa mort à 97 ans aux infos. Nous Calédoniens nous le connaissons bien pour avoir subi ses brimades bien caractéristiques des gauchistes pro indépendantistes quand il était haussaire pendant les évènements. Il est présenté comme un grand résistant gauliste de gauche!!!!! Qu’on m’explique ce qu’est un gauliste de gauche. Bref moi je ne pleure pas ce mec qui était une m… vous savez… Lire la suite »
X

Toutes mes condoléances à CE: après tout, ce grand homme dont le patronyme est devenu une véritable insulte locale n’a-t-il pas inspiré l’accord que CE est en train de nous concocter avec le PALIKA, mine de rien?

C’est le grand rendez-vous des fossoyeurs de la Calédonie française, le retour de Bunny Lataste au haussariat, Hugues à l’Elysée et E. Pisani qui rend son âme à Dieu …

josé Pladir

j’ai 3 posts en modération si vous ne voulez plus d posts dites le moi ça m’évitera de perdre du temps
bien à vous

ps surtout qu’ils sont plutôt anodins

josé Pladir

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Edgard Pisani, ancien ministre du général de Gaulle et de François Mitterrand, est décédé lundi soir, a annoncé aujourd’hui à l’AFP son fils, l’économiste Jean Pisani-Ferry. “Il s’est éteint hier soir, il avait 97 ans”, a déclaré Jean Pisani-Ferry.
quelque chose me dit que certains vont péter le whisky à nouméa

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