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Nickel : t’as le bonjour de Clive !

Au cas par cas, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie examine les autorisations d’exportation de minerai brut, déposées par les petits mineurs. MKM a obtenu la Chine, Ballande le Japon et d’autres demandes vont suivre dans les prochaines semaines. C’est le moment choisi par QNI pour se rappeler au bon souvenir de tout le monde.

QNI, Queensland Nickel, est l’un des clients traditionnels des mineurs calédoniens qui lui vendent leur minerai depuis près de trente ans maintenant. Les contacts entre nos mineurs et QNI ont été étroits jusqu’à ces dernières années où les négociations entre les deux ont connu quelques couacs. En dépit de la garantie de prix plancher à 28 dollars la tonne et de tonnages annuels, les Calédoniens ne se sont pas précipités pour signer de nouveaux contrats. Mais, crise aidant, la réalité économique a fini par s’imposer, MKM et Montagnat ont renouvelé leurs accords avec QNI, que autres groupes miniers devraient également finir par signer, y compris la SLN. Dans ce contexte de négociations, le très puissant homme d’affaires, député et patron de QNI, Clive Palmer, a effectué une brève et discrète visite en Nouvelle-Calédonie.

Centrale C : un financement étranger ?

L’intérêt renouvelé de QNI à l’égard de la Nouvelle-Calédonie intervient à un moment très particulier. Les prix du nickel ne remontent pas et ont même tendance à s’affaisser davantage à moins de 10 000 dollars la tonne, et de graves incertitudes pèsent sur l’avenir de nos trois unités métallurgiques. C’est dans ce contexte qu’Eramet a annoncé la suspension de tous ses grands investissements, notamment celui de la Centrale C de la SLN. Un dossier majeur pour lequel un Conseil d’administration est programmé pour le 9 décembre prochain, date à laquelle des décisions pourraient être prises. Pour les spécialistes, l’état financier et de trésorerie d’Eramet et ses pertes sont tel que le groupe français, même dans le cas où il déciderait de relancer le projet de nouvelle centrale électrique, pourrait ne pas être en mesure de la financer seul. Ce qui aiguise l’appétit de certains comme les Chinois, les Japonais et les Australiens via QNI, dont les pertes financières en dépit de la crise semblent moins catastrophiques que pour d’autres producteurs, et qui pourraient proposer leurs services financiers dans la réalisation de la Centrale C, en échange de garanties sur les approvisionnements en minerai brut. Mais Eramet, qui outre la défiscalisation ne peut guère compter sur le soutien financier de l’État, voudrait bien éviter d’avoir recours à des financements étrangers pour réaliser la Centrale.

Une nouvelle centrale pour gagner sur tous les tableaux

Le dilemme tient au fait que la SLN ne peut se passer à court terme d’une nouvelle Centrale électrique, il en va de sa survie. C’est surtout son seul moyen pour gagner d’une part en compétitivité et faire baisser des coûts de production trop élevés pour rendre l’entreprise rentable, et d’autre part en productivité. La SLN a aujourd’hui du mal à s’aligner, car elle produit son nickel trop cher (7$ la livre) et ses niveaux de production sont trop faibles. C’est cette ambition de produire plus et moins cher que poursuivait le plan 75 000 tonnes qui réclamait des investissements que le groupe n’a pas consenti à faire et qui a été abandonné.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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5 Commentaires sur "Nickel : t’as le bonjour de Clive !"

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Trop clivant, cet article.

Oui Clive a su convaincre ses partenaires calédoniens qu’exporter des latérites vers la Chine était une grosse connerie. Avec le minerais calédonien les chinois auraient fabriqué du NPI (pig iron) ce qui plomb les cours et fini par nous ruiner. Nos petits mineurs ont mis du temps à comprendre ça.

gil

Les chiens aboient et la caravane du capitalisme passe. On peut aussi y voir les prémices d’un recul de la zone d’influence de la France et la volonté de l’australie de ne pas laisser la nouvelle caledonie tombé dans l’escarcelle asiatique 🙂

Les australiens n’ont aucun intérêt à ce que la France quitte le Pacifique, bien au contraire. Les liens d’amitié et d’entre aide entre l’Oz,la NZ et les nouz-ôtes sont anciens et profonds. Et puis c’est bien connu, les pokens préfèrent les croissants aux bols de riz.

Et ben tant mieux !!! J’accepte de suite un passeport Australien (ou NZ), plutôt qu’un autre qui pourrait m’être proposé dans 3 ans …..

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