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Ataï : le projet de la discorde

Lors de son discours au congrès, Jean-Marc Ayrault alors 1er ministre, annonçait le retour des crânes d’Ataï et de son sorcier en Nouvelle-Calédonie. Le chef du gouvernement ne pouvait se douter que près de trois ans après, les reliques feraient encore polémiques.

Le consensus a donc volé en éclat. Jusqu’à ces derniers temps, le projet de création d’un mémorial avait réuni toutes les institutions, les coutumiers, les historiens et toutes les bonnes volontés. C’était bien d’un projet pays qu’il s’agissait et le retour du crâne d’Ataï pouvait permettre à la Nouvelle-Calédonie de faire un pas supplémentaire vers la reconnaissance d’une mémoire commune, indispensable au destin commun. C’est ainsi que le 19 septembre dernier, les représentants de chaque aire coutumière, des institutions, des maires de la région, de l’État, des associations communautaires ont participé à une cérémonie coutumière destinée à marquer l’engagement de tous autour de ce projet. Dans le même temps, des cérémonies coutumières de pardon ont lieu entre les clans d’Ataï et ceux de Ségou. Mais voilà que du sable est venu gripper les rouages.

Qui va financer ?

Le Grand chef Bergé Kawa, descendant d’Ataï, a toujours revendiqué d’être l’ordonnateur et l’organisateur des cérémonies du retour des crânes, de leur inhumation et de la création d’un mémorial. Par le passé, il a pris quelques initiatives qui n’ont pas fait consensus, comme le projet de faire participer le polémiste Dieudonné aux cérémonies ou la construction d’un monument dont le budget s’annonçait faramineux. Si ces initiatives avaient été contenues jusqu’à présent, la situation a dérapé ce week-end. Le clan Daweri a annoncé que désormais c’est lui seul qui prenait en compte le projet. Bien évidemment, cette décision ne prend pas en compte le fait que le financement provient exclusivement des institutions, État, gouvernement et province, dont apparemment le clan et Bergé Kawa veulent se passer.

Tensions à Sarraméa

À cela s’ajoutent des tensions de plus en plus fortes dans la Grande chefferie, en raison de l’expulsion ces derniers mois de plusieurs familles. Ces tensions ont connu leur paroxysme avec l’incendie volontaire de la célèbre grande case de Petit Couli, entièrement ravagée par les flammes. Dans la région, on craint que cette affaire n’ait des répercussions plus violentes encore. La situation est donc loin d’être paisible et le contexte à l’évidence ne se prête pas à une remise en cause du projet Ataï.

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Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



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23 Commentaires sur "Ataï : le projet de la discorde"

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Kawa se sert d’Ataï (ou plutôt du crâne d’Ataï) pour sa propre notoriété. Comme ça il pourra laisser son nom à la postérité et dire “moi j’ai fait ça, j’ai fait faire un mausolée”.
C’est pas bien de se servir des morts.

A quand un destin commun au sein même des familles et des clans de la tribu du berger qui a quelques difficultés a faire paître son troupeau paisiblement ?

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50000xpf y’en a qui revent. La case de Déva a couté a peu près 35 patates….ben ouais faut bien arroser les gdpl et autres ensuite alors pour le cas Ataï se sera 1à patates pour son mausolée et 30 pour Kawa …

Bonobo

C’est la paille qui coute cher. El ni(g)no, les feux de brousse, la main d’œuvre, le savoir faire: tout ça se paye. Et puis il faut quand même faire un petit bénéfice. Pas pour lui mais pour la tribu. Faut refaire quelques barrières qui sont poreuses et laissent passer les fraudeurs , les chasseurs, les viandards (je sais plus ce qu’il faut utiliser comme mots). Bref Ataï pourrait apporter à titre posthume un peu de réconfort à une tribu ou il a eu quelques cousins.

Création d’un mémorial, ok, mais delà à dépenser un tonne…
Un espace dédié avec photos, reliques et historique des vestiges du passé, oui. Mais faut arrêter de se palucher avec un projet à centaines de millions, c’est inadmissible.

Bienvenu en Kalédonie, le pays où on se déchire et on s’entretue pour des konflits de koutume et autres konneries.

Ce crane, c’est celui d’Ataï ou de son sorcier?
Non parce que c’est bizarre, au lieu de rassembler les Calédoniens, il ne fait que les diviser, un comble pour une relique.

Je ne suis pas superstitieux, mais moi je dis qu’il ne faut pas manipuler (au sens propre comme au sens figuré) des restes humains. RIP veut bien dire ce que ça veut dire, non?

Floyd c ‘est bien le crâne d’ ATAI car comme le PORT-SALUT , c’ est marqué dessus !
De plus pour les générations de têtes blondes qui vont défiler devant cette superbe relique, il serait de bon ton de lui nettoyer les dents dans le “style prévention caries “. HISTOIRE de MONTRER l’ exemple
POUR UNE FOIS !

X

Désolé, mais le mausolée, c’est pas Kanak.

Alors soit ils le font à l’ancienne: le crane sous une grosse pierre, avec des plantes autour;

Soit il le font plus moderne: au bord d’une route, sur un piquet avec plein de manous dessus (mais c’était mieux avant).

Dans les deux cas, cinquante mille francs devraient suffire.

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