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Calédosphère

LES CHRONIQUES DE CATON

Il surgit hors de la nuit

Jamais visite gouvernementale n’aura été attendue et le moins que l’on puisse dire est que Manuel Valls n’arrive pas dans l’indifférence générale. Que va-t-il dire, Que va-t-il annoncer ? Quelles propositions va-t-il formuler ? La classe politique et économique calédonienne est d’ores et déjà suspendue aux lèvres du Premier ministre dans l’espoir qu’il fixe des cadres et des orientations, résout des problèmes et apporte des solutions. Bref, les problèmes sont tels et les impasses si réelles que Valls pour la Calédonie, c’est peut-être Zorro !

On attend du Chef du gouvernement, dont le report de la visite a plongé la classe politique dans les affres de l’inquiétude, qu’il prenne position de manière forte et définitive sur les principaux sujets du moment. Manuel Valls ne devra pas tergiverser ni tenir un discours sur lequel nous nous interrogerons encore des semaines après son départ. Il lui faudra être clair, ferme, directif. À commencer par les discussions sur l’avenir dont il a proposé en février dernier une méthode et un calendrier, mais dont il constate les ratés et les faux départs. Valls n’entend pas manquer cette séquence et pourrait donc bien remettre tout le monde d’équerre comme il l’a laissé entendre à l’Assemblée réclamant des partis qu’ils préfèrent les discussions politiques aux polémiques médiatiques !

On l’attend également sur le nickel. Le Premier ministre a confirmé que l’État respecterait ses engagements, mais on veut surtout qu’il apporte des solutions sur la prolongation de l’activité de la SLN, le paiement des salaires et la construction de la Centrale C. Plus globalement, l’avis du chef du gouvernement sur le nickel permettra peut-être de mieux appréhender la suite, même si sur ce point les choses sont un peu délicates du fait que les relations de son « expert » Michel Colin avec la plupart des groupes politiques ne sont guère au beau fixe.

Valls n’échappera pas aux questions liées à l’insécurité ni à certains dossiers économiques comme les contrats de développement pour lesquels il semble que ce qui a été acté à Paris ne soit pas encore suivi d’effets. Bref, le voyage ne va durer que trois jours, mais il sera dense… Il intervient à un moment politique particulier où chacun semble être conscient des enjeux et où les délais se resserrent, mais où il faut surtout que les choses soient claires et arrêtées.

Il se jouera donc des choses durant cette visite, même si un c’est un Manuel Valls affaibli par une situation politique et économique hexagonale en déliquescence, qui vient nous rendre visite. C’est la parole de l’État qu’il vient délivrer, une parole dont les uns et les autres souhaitent qu’elle soit désormais forte et audible. Les choses seront-elles différentes après cette visite ? Y aura-t-il un avant et un après-Valls ? Sans doute ne faut-il pas s’exciter trop vite bien sûr, néanmoins il est évident que cette visite peut donner une nouvelle impulsion aux discussions, régler quelques dossiers et donner une lisibilité nécessaire à la SLN et aux acteurs du secteur minier. Il reviendra ensuite aux responsables calédoniens de mettre en musique, ce qui aura été dit à Nouméa.

Caton

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CATON

Observateur attentif de la société, Caton n'est dans ses analyses ni obtus ni extrémiste. Appartenant à une génération calédonienne qui en a vu d'autres, féru d'histoire, ce contributeur tranche au scalpel d'une plume acerbe et aiguisée nos idées reçues sur la vie politique locale. Adepte du Old School, Caton transmet au blog, depuis la fin de l'année 2012, par courrier postal une contribution portant sur un thème d'actualité qui est mise en ligne chaque semaine. Cité par Elisabeth Nouar, dans une de ses chroniques, Caton est l'un des "Sept salopards du net"

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Christine Blidy
Christine Blidy
8 avril 2016 09:37

Et une fois de plus tous nos politiques vont être satisfaits de sa venue et de ses discours. … on va continuer à nous prendre pour des cons pendant combien de temps encore ?

Jeff Martinez
Jeff Martinez
8 avril 2016 09:52

El blancossss ! Rarement un homme politique avait suscité en moi tel dégoût. Petit facho

Teiki Voide
Teiki Voide
8 avril 2016 09:35

… a-t-il un français dans le gouvernement espagnol ?? … l’inverse c’est pour nous !

François Pelletier
Bigfoot
8 avril 2016 23:17

Euh, y’en a qui s’excite un peu trop là, non ??… Valls n’est pas le messie. Il vous dira et vous promettra ce que vous avez envie d’entendre. N’oubliez pas que dans 1 an pile, il y a élection présidentielle et qu’il fait/fera tout pour bien se positionner… et qu’il a surtout une grosse probabilité … de sauter, tout comme Hollande. Ce n’est pas lui qui fera remonter le cours du nickel ! Ce sera la conjoncture mondiale et la Chine y jouera un rôle important.(en tous cas, c’est mort pour 2016). Et vous flippez pour le référendum ?? ben… Lire la suite »

Don Calédone
Don Caledone
8 avril 2016 15:12

Que vaut la parole d’un premier ministre en fin de séjour à Matignon qui, de surcroît, est de plus en plus affaibli politiquement. Ils ont perdus toutes les élections intermédiaires entre les 2012 et 2017, leurs déchéance de nationalité est un fiasco, la loi El Kromi n’a plus rien à voir avec l’objectif à atteindre. E. Macron est entrain de lui damer le pion tant dans les sondages que sur un plan purement politique. Valls fera comme Sarkozy, il assénera des “vérités” , fera des effets d’annonces, des promesses jamais tenues et à peine assis dans l’avion qui le ramènera… Lire la suite »

josiane latour
josiane latour
8 avril 2016 13:36

Notre sergent Garcia local n’a qu’à bien se tenir.

Rigoberto
Rigoberto
8 avril 2016 09:10

Pas besoin de Valls, le génie de Gomès est passé par là, prendre le contrôle de la SLN avec 51 %, on verra bien après…

Mathieu
Mathieu
Répondre à   Rigoberto
8 avril 2016 11:35

Rigoberto, si c’est ce qui se produit, il y aura tout de même une différence avec ce qui est proposé par Philippe Gomès, c’est l’Etat Français qui prendrait les reines de la SLN, pas la NC… La NC ne pourrait à ce jour pas garantir les emplois ou les investissements. Si l’état veut éviter que la SLN soit un sujet de négociation pour la sortie de l’accord comme le Koniambo l’a été pour l’accord de Bercy, il va falloir proposer une solution permettant de “vitrifier” la participation de la France bien au-delà des échéances politiques à venir. il est cependant… Lire la suite »

Rigoberto
Rigoberto
Répondre à   Mathieu
8 avril 2016 18:57

L’état n’aura pas obligatoirement 51 % d’ERAMET après la recapitalisation, cela ne changerait rien au problème.

Eric CHEVROT
Eric CHEVROT
Répondre à   Rigoberto
8 avril 2016 13:55

Rigo Président, Rigo Président…!!!
Heu mais Président de quoi…??? Ben çà….!!!

Eric CHEVROT
Eric CHEVROT
Répondre à   Rigoberto
8 avril 2016 14:00

Et pourquoi pas prendre 51% de la SLN ??? C’est quand une boite est fragile qu’elle est le moins cher…!!! Et comme le reste est à nous pourquoi pas…??? Oui je sais tu vas dire que en ce moment vu la dette, etc, etc… Et tu n’auras pas tout à fait tort, mais in fine tu penses sérieusement qu’on ne devrait pas avoir la main sur notre bien commun ??? En 150 ans les profits sur le nickel on quand même été largement profitable aux propriétaires des ces structures, non. Alors pourquoi çà ne pourrait pas être le cas pour… Lire la suite »

X
X
Répondre à   Eric CHEVROT
8 avril 2016 14:20

Le meilleur moyen de couler la SLN une bonne fois pour toutes serait que ces machines à perdre en prennent le contrôle…

Eric CHEVROT
Eric CHEVROT
Répondre à   X
8 avril 2016 18:47

Et si on avait un CA avec une représentation de la société civile en plus, non ???

tyty
tyty
Répondre à   Eric CHEVROT
8 avril 2016 17:01

On pourrait pas investir dans des trucs un peu plus récents… voir orienté durable et renouvelable ?

JeanCulasec
JeanCulasec
Répondre à   Eric CHEVROT
8 avril 2016 18:24

Prendre 51% d’une société qui perds “structurellement de l’argent” depuis plusieurs années ne m’excite pas plus que ça! 51% du capital, certain imagine déjà 51% des bénéfices…mais ils oublient que c’est aussi financer : 51% des investissements a faire (et il y a urgence tant l’usine de la SLN est à bout de souffle!), 51% des couts de réhabilitation des anciens sites minier, 51% de la construction de la nouvelle centrale électrique, 51% des frais a engager sur des travaux d’antipollution et de décontamination (a Doniambo en particulier)… bref il va falloir avoir les reins plus que solide, ce genre… Lire la suite »

Eric CHEVROT
Eric CHEVROT
Répondre à   JeanCulasec
8 avril 2016 18:43

On peut en effet voir les choses comme ça. Mais tu oublis juste une chose c’est une affaire qui se regarde sur le long terme… Bien entendu que le moment n’est pas le plus adéquat, vu la crise, mais si nous avions pris ces parts il y a longtemps, très longtemps les profits auraient largement compensé les difficultés du moment… Je précise que ma remarque sur la participation de la NC est aussi la même pour l’usine du nord et celle du sud… Une dernière remarque, il y a quelque chose que nous n’avons jamais fait jusqu’ici. Nous n’avons jamais… Lire la suite »

Jose paldir
Jose paldir
Répondre à   Eric CHEVROT
8 avril 2016 18:53

La majorité d un truc qui relève de la mendicité publique?actuellement le gouvernement socialiste se bat avec les actionnaires majoritaires pour gagner du temps via sa banque d intervention publique .normal ce sera aux suivants de trouver une solution.les majoritaires ne veulent pas’,espérant toujours une reprise…..car cette augmentation de capital diluerait leurs pourcentages.
Si la caledonie veut la majorité il faut qu elle mette au pot. Ou trouve t elle l’argent?
Qui lui prête?nouvelle Danguerie?faut arrêter de vouloir jouer avec les grands quand on est bebe

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