Connect with us

Calédosphère

Turquie

Actualité

Turquie : Erdogan reprend la main dans la violence

L’échec de la tentative de putsch a fait au moins 265 morts et 1440 blessés. Vainqueurs, les partisans du président Erdogan restent mobilisés, des milliers défilant samedi soir dans Istanbul munis de drapeaux turcs et célébrant leur “liberté” retrouvée. De nombreux lynchages et des scènes de violences totales ont été signalées. Guerre civile.

La situation est “entièrement sous contrôle”, avait affirmé samedi après-midi le Premier ministre Binali Yildirim, au lendemain d’une nuit d’affrontements très graves à Ankara et Istanbul entre militaires rebelles, troupes fidèles au régime et des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues. Le bilan a été particulièrement lourd : 265 morts et 1.440 blessés dans les forces loyalistes et chez les civils, selon le Premier ministre, tandis que, d’après le chef de l’armée, 104 insurgés ont été abattus, 2839 militaires et 2700 juges arrêtés. Signe que la situation était loin d’être revenue à la normale, les accès à la base d’Incirlik (sud) ont été fermés, ont annoncé les Etats-Unis qui ont en conséquence suspendu leurs opérations aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie. De plus, les unités militaires américaines en Turquie ont reçu l’ordre de prendre des mesures de protection maximales, tandis que les Français à Istanbul ont été appelés par leur consulat à “rester chez eux”.

Au total, 2.839 militaires ont été arrêtés en lien avec ce coup d’Etat avorté, a révélé le chef du gouvernement turc, selon lequel “ces lâches se verront infliger la peine qu’ils méritent”. La Turquie, où l’un des 17 juges de la Cour constitutionnelle a également été arrêté, a demandé à la Grèce l’extradition de huit officiers et sous-officiers ayant fui à bord d’un hélicoptère. Les autorités ont affirmé que le prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen avait été derrière ces troubles. “Je réfute catégoriquement ces accusations”, a rétorqué cet ex-allié de Recep Tayyip Erdogan devenu son ennemi juré et dont le régime affirme qu’il est à la tête d’une “organisation terroriste”. Samedi soir, devant des milliers de partisans rassemblés sur la rive asiatique de la métropole, où il possède une maison, le président Erdogan a appelé les Etats-Unis à l’extrader. Washington a toujours refusé ce scénario, invitant même samedi le gouvernement turc à fournir des preuves de son éventuelle implication.

Turquie : Et maintenant, la purge

Malgré l’annonce de l’échec de la tentative de coup d’Etat, le président Erdogan, très critiqué ces dernières années pour ses dérives autoritaires, avait exhorté via Twitter ses compatriotes à “continuer à être maîtres des rues (…) car une nouvelle flambée (de violences) est toujours possible”. Les combats, avions de chasse et chars à l’appui, ont donné lieu à des scènes inédites à Ankara et Istanbul depuis des décennies. Des dizaines de milliers de personnes avaient bravé les rebelles, grimpant sur les blindés ou se rendant à l’aéroport d’Istanbul pour y accueillir M. Erdogan, rentré précipitamment de vacances. C’est peu avant minuit (21H00 GMT) qu’un communiqué des “forces armées turques” avait annoncé la proclamation de la loi martiale et un couvre-feu dans toute la Turquie, après des déploiements de troupes notamment à Istanbul et dans la capitale. Les putschistes ont expliqué leur “prise de pouvoir totale” par la nécessité de “rétablir l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’Homme et les libertés et (de) laisser la loi suprême du pays prévaloir”.

Plus dramatique, des soldats ont été tués par des manifestants lors de lynchages, comme le rapporte l’AFP. “Des gens se sont rués sur les rebelles que la police tentait de dégager en criant ‘tuez-les au nom de Dieu’ et en les bourrant de coups, et pour certains de coups de couteaux”, a raconté un photographe de l’agence. L’un des militaires est mort lynché sous les yeux d’un correspondant de l’AFP, il ignore le sort d’un autre, gravement tabassé. Les attaquants ne veulent pas de témoins, et s’en prennent brutalement aux reporters sur place, qu’ils menacent même de jeter par-dessus le pont du Bosphore. De leur côté, la France et l’Allemagne (qui ont condamné la tentative de putsch) ont exprimé leurs craintes face au risque de “répressions”. “J’imagine qu’il va y avoir un certain nombre de militaires qui vont devoir répondre de ce qu’ils ont fait ou de ce qu’ils n’ont pas fait”, a ainsi déclaré François Hollande, tandis que la chancelière Angela Merkel appelait la Turquie à respecter les règles de “l’Etat de droit”. Pour rappel, 11 chapitres ont été ouverts ces dix dernières années avec les pays européens pour l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne.

LIRE AUSSI : Coup d’Etat !

Continue Reading

Nouveau dans l’équipe de rédaction, Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »



Laisser une réponse

8 Commentaires sur "Turquie : Erdogan reprend la main dans la violence"

avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
apox

Qui sait? C’est peut-être Erdogan qui a organisé tout ça pour avoir la voie libre pour purger tous ceux qui ne pensent pas comme lui et qui le soutiennent pas. Des journalistes ont recueilli des infos de ce genre en Turquie même auprès de la population.

apox

Erdogan c’est le nouveau dictateur de la Turquie qui est arrivé au pouvoir par les urnes, comme beaucoup de dirigeants de par le monde. Maintenant il va garder le pouvoir par tous les moyens. Le monde libre doit se méfier de lui car il est sunnite et avait déclaré qu’il était islamiste et le fait qu’il traine les pieds pour s’attaquer à l’EI c’est qu’ils sont islamistes comme lui!!!!!! La Turquie oui, Erdogan NON! Et il ne faut surtout intégrer la Turquie à l’EU, tant qu’il sera à la tête du pays. C’est un serpent dangereux.

La Turquie, une poudrière à la frontière de deux mondes…!!!

jose Paldir
pas clair du tout..selon certains articles internet le coup d’Etat était en train de réussir quand l’Otan a bombardé par avions et hélicoptères les tanks et positions des putschistes d’ou les premiers communiqués victorieux de putschistes.;Erdogan aurait demandé l’asile politique à Merkel;Après l’intervention de l’Otan il demandé à la foule de ses partisans d’occuper la rue (parce que sinon contre des tanks et des militaires entraînés la foule n’aurait pu faire grand chose) Erdogan est réapparu au petit matin quand il a eu confirmation que les putschiste avaient calé face à l’Otan;ce qui i est sût c’est qu’au début Erdogan… Lire la suite »
bendidon

C’est quand même bizarre d’arrêter 3000 juges après un coup d’état militaire? Quel rapport?

julienscz

Cette tentative de coup d’état tombe à point nommé pour Erdogan. A tel point, qu’il va en profiter pour faire la purge qu’il envisageait depuis longtemps, mais que ses soutiens Européens et Américains aurait eu du mal à accepter, car ça ne fait pas trop démocratique de faire arrêter ou liquider ses opposants déclarés. Pour le coup, il va pouvoir s’en donner à coeur joie et placer ses pions à tous les postes clés, après avoir supprimé ou emprisonné tout ceux qui ne pensent pas comme lui et tout ça avec la bénédiction de tout l’occident et de l’OTAN.

” tout ça avec la bénédiction de tout l’occident et de l’OTAN.”

Merkel n’est pas tout l’Occident ! En fait elle soutient Erdogan, sans même le nommer, comme la corde soutient le pendu.

Et pour ce qui est de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, maintenant elle l’a définitivement in the baba.
Enfin si la répressions dépasse les bornes, Il finira par se prendre grenades et rafales, façon Sadate ( qui, lui, grand homme de paix et laïciste, à l’inverse d’Erdogan, ne méritait vraiment pas une telle fin).

Un peu d’histoire, toujours pour mieux comprendre la folie islamiste, déjà, à cette époque :
https://youtu.be/qq7Ts2zz-8U

wpDiscuz

Voir plus dans Actualité

Tendances

Les derniers comm’s

To Top