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Gadji : Y-a-t-il un Haussaire en Calédonie ?

Alors que le blocage de Gadji continue, que les déchets ne sont plus pris en charge et que des coupures de courant sont à craindre, le gouvernement appelle le représentant de l’État à prendre ses responsabilités. De leur côté les vidangeurs menacent de vider leurs cuves désormais pleines devant le haut-commissariat. Vincent Bouvier va-t-il finir dans la m….. ?

Depuis que des coutumiers des tribus de Paita ont mis en place le blocage du centre de traitement de Gadji pour en interdire l’accès aux cendres de la centrale de Prony, 100.000 Litres de liquides issus des stations d’épuration et des fosses septiques ne peuvent plus être pris en charge et se sont accumulés. En plein cœur de la crise, les professionnels du secteur ont appris que seul le Haut-commissaire de la République pouvait régler la situation en faisant débloquer les accès du centre de Gadji. Au chômage technique depuis trois semaines et leurs camions pleins, les vidangeurs ont prévenu ce soir qu’ils envisageaient de vider leur « cargaison » devant les grilles du haussariat, en plein centre-ville de Nouméa si l’Etat n’appliquait pas la décision d’expulsion prise par le tribunal de première instance. Au journal télévisé, l’un d’entre eux a prévenu hier soir : « à partir de lundi on va vider quoi, ils verront lundi…»

Pour le gouvernement “l’État doit intervenir”

Invité du journal télévisé, le porte-parole du gouvernement a dressé un tableau inquiétant de la situation. Expliquant que le blocage de Gadji risquait d’entrainer pêle-mêle l’arrêt de la collecte des déchets ménagers, le débordement des stations d’épuration, des coupures de courant dans le Grand Nouméa, une baisse de la productivité de la SLN mais aussi des coûts supplémentaires importants pour le budget d’ENERCAL et de la Nouvelle-Calédonie.

Les conséquences sont importantes, nombreuses et variées pour les populations. La situation ne peut plus durer (…) ça ne va pas devenir tenable et il y aura des conséquences financières (Thierry Cornaille)

Pour la centrale de Prony-Energie la facture s’élève déjà à 300 millions de francs et l’utilisation du fioul (plutôt que du charbon) risque carrément d’endommager ses lignes de production, des « dysfonctionnements étant à craindre ». Pour le membre du gouvernement en charge de l’énergie « Il n’y a plus de raison de bloquer ce site aujourd’hui » sachant que « toutes les informations sur le plan environnemental et sanitaire » ont été communiquées aux autorités et que la gestion des cendres est effectuée depuis plusieurs années sans qu’un impact écologique négatif n’ait été relevé sur le site de Gadji. Raison pour laquelle le porte-parole du gouvernement a demandé officiellement à Vincent Bouvier d’ordonner aux forces de l’ordre de faire expulser la vingtaine de manifestants qui continuent à bloquer les accès du centre d’enfouissement :

La situation est grave. Il est urgent d’intervenir et que ce blocage cesse (…) Tout le monde rappelle à l’Etat d’intervenir pour pouvoir libérer le site dans les meilleurs délais (Thierry Cornaille)

Surnommé le Monsieur « Y-a Pas, Y-a pas » du gouvernement, Thierry Cornaille évoque depuis son élection dans l’exécutif les problèmes financiers et budgétaires qu’affronte actuellement la Calédonie. Selon lui, si le conflit de Gadji perdurait, la facture pourrait s’établir à 3 à 4 milliards de francs pour les clients d’ENERCAL et de EEC.

Des intérêts plus économiques qu’écologiques

Pour les experts du dossier, il semble en fait que le problème environnemental provienne non pas du stockage des cendres traitées à Gadji mais bien du transport des cendres « brutes » issues de la centrale de Prony. Car avec plusieurs dizaines de camions remplis de cendres qui parcourent chaque jour une centaine de kilomètres, d’épineux problèmes de sécurité se posent. Or, la solution choisie par les autorités réside dans la construction d’un centre d’enfouissement dans le sud, juste à côté de la centrale électrique. En ce cas, le transport des cendres ne sera bientôt plus d’actualité et les sociétés de roulage y perdront donc de lucratifs contrats (plusieurs centaines de millions de francs chaque année). Une hypothèse qui, semble-t-il, n’arrange pas des membres du collectif des bloqueurs car ils auraient justement des intérêts dans certaines de ces sociétés de transport…

SCOOP : Le représentant de l’État sur la sellette ?

En coulisse et dans les couloirs des institutions, les voix estimant que Vincent Bouvier n’est pas à la hauteur de sa tâche se multiplient. Craignant d’utiliser la force publique pour appliquer une décision de justice, c’est en effet la seconde fois que le Haut-commissaire se couche devant les réclamations de collectifs qui se réclament d’origines coutumières. En mars dernier et sans en référer au ministère de l’Outre-mer, Vincent Bouvier avait en effet engagé la parole de l’Etat lors de la signature du protocole d’accord secret de Nouville. Conclu entre l’ex-présidente Cynthia Ligeard et Roch Wamytan, cet accord prévoyait d’octroyer à certains responsables coutumiers des cessions de terrain sur Nouville et des parts dans la société propriétaire de la future polyclinique de Nouméa.

« Avant on avait un haut-commissaire, maintenant on a une boite aux lettres », c’est le commentaire lapidaire d’un élu bien au fait du dossier et qui peste contre l’absence de prise de décision du représentant de l’Etat. Pour ce fin connaisseur des arcanes de la politique locale, la « pusillanimité » de Vincent Bouvier pose problème aux responsables locaux. « S’il n’est pas capable d’agir quand les intérêts du service public au travers d’une entreprise comme ENERCAL sont en jeu, comment agira-t-il demain si d’autres structures sont pris en otage ? ». Ce serait d’ailleurs une inquiétude partagée par le Gouvernement central. Tant et si bien que pour tenter de reprendre la main sur la gestion du Haut-commissariat, selon nos informations, la ministre des Outre-Mer George Pau-Langevin devrait d’ici quelques jours nommer son propre conseiller spécial Laurent Cabrera au poste de Secrétaire Général de l’institution. Une façon de pousser vers la sortie l’actuel représentant du Gouvernement Valls en Calédonie. Espérons néanmoins pour son accueil que les sociétés de vidange n’aient pas d’ici là vidé les rejets des stations d’épuration de Nouméa devant les grilles du haussariat…

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Officiant en free-lance pour plusieurs périodiques et médias calédoniens, cette pigiste professionnelle a rejoint l’équipe des contributeurs de Calédosphère depuis 2013 sous son nom de plume « Rita ». Spécialisée dans l’actualité quotidienne, elle se plait à y dénicher des sujets non-traités par les autres médias et à couvrir les évènements sensibles. Synthétique, réactive et parfois provocatrice elle essaie toujours d’écrire de manière claire, précise mais avant tout vivante. Son crédo : « Si ça pique, c’est un bon sujet »



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85 Commentaires sur "Gadji : Y-a-t-il un Haussaire en Calédonie ?"

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Romain

Comme d habitude, la Calédonie ne trouve des solutions que lorsque l état est la, il fauT arrêter de pleurer, l état ne sera peut plus la en 2018, alors qui va prendre ses responsabilités et continuer le dialogue

XXX
Je viens de lire le communiqué de presse du Haut-commissariat de la République, suite à la mise en cause du Haut-commissaire sur ce blog. Il a le mérite d’être clair. “Le Haut-commissaire de la République se félicite tout d’abord qu’une solution sur le traitement des boues à l’installation de stockage des déchets de Gadji a pu aboutir grâce au dialogue et à la concertation, engagés sous l’égide de l’Etat, avec l’ensemble des parties prenantes au dossier, Province Sud, Mairie de Païta, autorités coutumières, ainsi qu’avec les opérateurs concernés, Enercal et la Calédonienne de Service Public. Après cette première étape, l’Etat… Lire la suite »
KUSSER

La fable de Lafontaine sur la “grenouille qui veut se faire grosse comme le boeuf” n’a pas dü être au programme d’études de ce Haussaire.
Que voulez-vous, tout le monde ne peut pas arriver à mettre les habits de Monsieur Le Haut-Commissaire BROT.et à chausser ces bottes.
Et je signe, Jacques KUSSER

X

Ben alors quoi? On entend les mouches voler sur ce billet, depuis le communiqué de “Haut-commissaire”…

Sympa comme pseudo!

Et il répond, lui, pas comme EPLP…

J’attends toujours…

Je suis très déçu: j’avais l’intention de faire un gros don en déchets verts à EPLP pour ses composts, ben ça ira à la CSP, voilà!

Abdul

Ça devient fatigant les moi je, moi j’ai, j’ai demandé, j’ai fait ceci ou j’ai fait cela du maire qui parle beaucoup….encore ce soir à la télé….pfuuuu….du brassage d’air…..il à pas compris que l’on n’est plus dupe ……

C’est pas un maire c’est une éolienne. Il est saoûlant avec son culte du moi. Une petite visite chez un psychologue l’aiderait à retrouver une certaine sagesse et la sérénité.
Nautile

D’après ce que j’ai entendu dire de la bouche même du maire de Gadji sur RRB à la p’tite dame de cette radio, le Territoire avait donné à ENERCAL un terrain à Yaté pour y construire un Centre d’enfouissement des cendres, hélas lors du vote au Gouvernement il n’y eut pas de majorité pour.

Devinons donc qui était prez du dit gouvernement à l’époque ?

de toute facon que ce soit liegard-frogier , que ce soies harold martin , ou la plupart de leurs amis il est clair qu ils passent le plus clair de leur temps a essayer de foutre des batons dans les roues a calédonie ensemble et que ce soies nous les concitoyens qui en subissons les dommages colateraux ils en ont rien a foutre , l important avant toute chose c est leur ego bléssé d avoir été viré des institutions , le fait de faire un pas vers eux en leur laissant le congrés n a servi a rien et… Lire la suite »

Fais gaffe a pas trop prendre de hauteur de vue quand tu fais tes analyses socio-politiques, tu risques d’entrer en collision avec des drones…

apox

Ce que l’on entend sur H Martin après son passage chez RRB cela ne m’étonne pas du tout de la part de cet individu! Il est vraiment catalogué le maire de Païta.

Janloupe Pahune

Moi, j’écrirai le merdeux Païta…

apox

Dans cette affaire, tout semble indiquer que la coutume (ou les coutumiers) n’a rien à voir mais que c’est très certainement une histoire de gros sous. Car que l’on soit blanc ou noir, politique ou coutumier on aime beaucoup les sous! “Faut savoir vivre avec son temps”.

les histoires de sous c est une chose et les coutumiers ont été a bonne ecole en voyant notre facon de proceder , qu ils mettent en pratique le systéme aujourd hui etait previsible , mais ce qui me debecte le plus ce sont les hommes politiques qui essaient de s engouffrer dans la breche pour creer du desordre .

Ou qui mène la danse eux-mêmes …

Les vidangeurs devraienr aller vider devant la mairie de paita

Oh ! la surprise … les deux pieds les deux mains la …de !

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