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LES CHRONIQUES DE CATON

Il faut passer à autre chose

Les épisodes politiques de ces derniers mois, l’élection de Philippe Germain à la présidence du gouvernement ou le conflit des rouleurs, ont confirmé des évidences connues de tous, à savoir que sur nombre de thèmes les divergences entre les uns et les autres étaient profondes. Reste à savoir maintenant si elles sont irrémédiables, et poser la question, c’est espérer qu’il n’en soit rien. En soute nous avons en effet tant de problèmes à résoudre qui nécessiteront un consensus minimum, qu’il paraît pour le moins opportun, et sinon essentiel, qu’enfin s’exprime la bonne volonté.

Le bateau calédonien fonce à toute vapeur vers deux icebergs dont nous ignorons tout des parties immergées : la crise économique et sociale et les discussions sur l’avenir. Si ce dernier point est l’objet de toutes les attentions depuis belle lurette, la crise risque de surprendre désagréablement par son ampleur et sa violence, et tout porte à croire que nous n’y sommes pas préparés. Après s’être copieusement écharpés sur le fait de savoir s’il fallait ou non autoriser des exportations de minerai brut, les élus vont devoir rapidement mettre en place des mesures pour limiter les dégâts qu’occasionnerait cette crise dont les plus fins analystes pressentent que la Nouvelle-Calédonie n’en a plus connu depuis trente ans. Et cela alors qu’il faut dans le même temps, tenter d’apaiser craintes et ressentiments que ferait naître dans trois ans le référendum pour ou contre l’indépendance ! Le pari sur l’intelligence que s’enorgueillissent d’avoir lancé les élus calédoniens prend désormais un tout nouveau vrai sens.

Le contexte posé, est-il folie d’imaginer qu’effectivement face aux périls, les uns et les autres trouvent des espaces de dialogue et de concertation, pour mener la barque à bien ? Optons pour la raison afin de ne pas désespérer Ducos. Il y a sans doute quelques esprits fielleux pour qui chaos et ambiguïté forment le terreau de leurs ambitions, mais je crois toujours que certains ont encore à l’âme une capacité à la responsabilité pour passer outre les divisions. Angélique, je suis ? Certes, mais l’on peut, pour y croire, s’appuyer sur une donnée majeure en politique : le temps. La vie politique se donne le temps de gérer les succès et de surmonter les revers, la durée est son socle. Or dans le cas présent, le temps se raréfie. Si nous n’avons aujourd’hui de la crise que l’écume, l’arrivée de la vague se compte en mois. Pour ce qui est de l’avenir, l’échéance nous est fixée. Chacun sait donc à quoi s’en tenir et le temps presse.
C’est cette impatience qui pourrait conduire les élus à forcer leur nature chicaneuse. La confiance ou l’intérêt que ne leur portent plus guère les Calédoniens, peu raisonnables d’ailleurs dans leur diatribe contre les politiques, dépend justement de leur volonté à retrouver les voies du consensus. Advienne qui pourra n’est plus de mise. Il arrive au contraire que le destin se dompte, pour peu que l’on se positionne sur le bon cap, en laissant à gauche les sirènes électorales et à droite le récif des aspirations personnelles.

Caton

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Observateur attentif de la société, Caton n'est dans ses analyses ni obtus ni extrémiste. Appartenant à une génération calédonienne qui en a vu d'autres, féru d'histoire, ce contributeur tranche au scalpel d'une plume acerbe et aiguisée nos idées reçues sur la vie politique locale. Adepte du Old School, Caton transmet au blog, depuis la fin de l'année 2012, par courrier postal une contribution portant sur un thème d'actualité qui est mise en ligne chaque semaine. Cité par Elisabeth Nouar, dans une de ses chroniques, Caton est l'un des "Sept salopards du net"



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5 Commentaires sur "Il faut passer à autre chose"

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Oui il faut passer à autre chose au lieu d’entendre les hurlements d’indignation des Ripouxblicains & Friends au sujet de la banane qu’ils viennent se prendre dans le derrière par l’UC. Je vois encore la bande des 3 B (Bernut-Blaise-Backes) faire leur méga show de lobbying au Congrès en faveur de Maï de l’UC pour qu’il puisse exporter vers la Chine. Pourtant tout le monde savait que l’UC avait posé des conditions stricts concernant ces exportations. Tout le monde savait que SEUL Maï allait bénéficier de ce coup de canif dans le schéma minier. Alors on ne va pas nous… Lire la suite »
Résultat des courses l’UC ressort comme étant le grand vainqueur du conflit, à présent MKM a le monopole des exportations de minerai vers la Chine, l’opération “Il faut sauver la soldat Maï” a parfaitement réussi, mais on sent qu’il y a des dommages collatéraux des gros cocus dans cette affaire notamment du côté des Ripoublicains et l’UCF et ne parlons pas du “Goldorak” de la bande à Foucher qui s’est pris un gros poingo dans le pot d’échappement. Eh oui, rouler rouleurs ou rouleurs roulés,…….. dans le petit club très sélecte de la mine en Calédonie, y’a comme un air… Lire la suite »
tif

Honte à CE qui fait le jeu des indépendantistes !

Sans blagues?!

Vive le destin commun

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