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Délinquance à Païta : elle est où la police d’Harold ?

Le maire de Païta a lancé sa campagne électorale pour les législatives. Lors d’une conférence de presse tenue sur le thème de la sécurité à Païta, Il a accusé l’État et les indépendantistes du nord de ne rien faire et d’être responsables de tout. Pour faire oublier les promesses non tenues ?

Harold Martin a pris le prétexte d’une attaque récente à la voiture-bélier contre un commerce du village pour monter au créneau, dénoncer le mutisme des élus indépendantistes du nord face au fait que la délinquance à Païta serait le fait de jeunes venus uniquement de la province Nord et l’inaction de l’État. Le tout accompagné d’avertissements :

« On ne va pas se laisser, sous prétexte de 2018 et sous prétexte de la toile de fond politique, se laisser massacrer ici à Païta, c’est non » (Harold Martin – RNC-8 septembre)

Il est un fait que la délinquance à Païta est en hausse, comme dans bien d’autres communes de Nouvelle-Calédonie, et prend des proportions de plus en plus violentes. Cependant, le fait que les jeunes délinquants seraient tous issus de la Province Nord n’a pas franchement convaincu les internautes et notamment les habitants de Paita. Plusieurs d’entre eux expliquant sur les réseaux sociaux que, par exemple, dans le quartier de Scheffleras une bande de jeunes oisifs, déscolarisés et violents empoisonnent la vie des habitants du quartier depuis plusieurs années (les choses s’étaient calmées après l’arrestation de deux des auteurs de l’agression d’un chauffeur de bus sous-traitant de CarSud, mais depuis leur sortie de prison, les incivilités ont repris de plus belle dans le quartier). Au-delà, les internautes ont mis en avant le propre parcours judiciaire du maire de la commune, lui-même condamné, poursuivi ou mis en examen dans plusieurs affaires qui ont dernièrement défrayé la chronique :

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Pour d’autres, c’est là la preuve que Harold Martin se positionne pour la campagne des élections législatives de 2017 en promettant une fois encore la création d’une police municipale dans sa commune afin de reconquérir des électeurs :

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Quoi qu’il en soit, c’est notamment sur l’origine des délinquants qu’Harold Martin créé la polémique. Bon nombre d’internautes citant les exactions commises par des délinquants originaires du Grand Nouméa (notamment Saint-Louis au Mont-Dore sud) ou encore les derniers évènements autour du village de Thio (avec des faits répétés de braconnages et de vols) ; des communes pourtant toutes situées en province sud.

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Reste à savoir maintenant quelle a été l’implication de la commune dans la lutte contre l’insécurité.

« L’affaire de tous »

Car la délinquance et l’insécurité à Païta ne datent pas d’hier hélas ! Situation qui avait conduit le maire à annoncer un certain nombre de mesures, estimant que la commune devait agir :

« La sécurité, c’est l’affaire de tous, c’est pas uniquement l’affaire des gendarmes ou l’affaire de l’État. La collectivité doit apporter sa pierre à la sécurité » (Harold Martin – meeting de campagne 2014)

Païta a donc dépensé un budget de 100 millions pour l’installation de caméras de vidéosurveillance dont le centre de contrôle est installé à l’arène du Sud.

« Et on pourra voir avec toutes ces caméras, ce qui se passe dans la commune de jour et de nuit. Il faudra donc mettre du personnel derrière, c’est le démarrage de ce que j’appelle la police municipale » (Harold Martin – meeting de campagne 2014)

Quant à la police municipale de Païta… C’est l’une des principales promesses de campagne du candidat Harold Martin à sa réélection aux municipales de 2014. Son programme spécifiait ainsi que 200 millions par an seraient consacrés aux coûts de fonctionnement de cette police municipale qui disposerait d’un commissariat au centre du village de Païta Sud, d’une antenne à la mairie annexe de Tontouta et du centre de supervision des caméras :

« La commune va poursuivre ses efforts et intensifier les moyens dédiés à la lutte contre les cambriolages et à la divagation des mineurs la nuit, notamment par le recours à la vidéoprotection et le déploiement de forces de police municipale » (Païta pour tous – brochure de campagne 2014)

Sauf que les habitants de Païta attendent toujours la création de cette police municipale…

Inefficace et coûteux ?

La question de la police municipale est un sujet extrêmement sensible à Païta où les habitants qui ont cru aux promesses de campagne n’ont rien vu venir. Du coup, Harold Martin, a opéré cette semaine un virage à angle droit :

« Nous, nous en avons une, de police municipale à Païta. Nous avons huit agents, et puis on est d’ailleurs en train d’en former 12 de plus, et seulement ensuite, il faut la payer » (Harold Martin – OFM 8 sept)

Mais la vérité du terrain est tenace : il n’y a toujours pas de police municipale à Païta ! D’ailleurs, Harold lui-même, malgré ce qu’annonçait son programme, en avait convenu durant la campagne municipale de 2014 :

« À Païta, nous n’avons pas de police municipale oui, mais nous avons considéré qu’il y avait d’abord d’autres choses à faire » (Harold Martin – meeting de campagne 2014)

Pour lutter contre la délinquance et en l’absence de la police municipale promise, Harold Martin a donc mis en place d’autres systèmes puisqu’il « y avait d’autres choses à faire ». Il s’agit d’abord des médiateurs qui, selon le portrait qu’en a dressé le maire de Païta, sont principalement des mères de famille que l’on retrouve à la sortie des écoles, sur les parkings, dans les cantines, les bus scolaires ou au centre médical le mercredi après-midi. La ville a également embauché des agents de surveillance de la voie publique, ces fameux ASVP qu’Harold Martin camoufle en policiers municipaux. Mais les ASVP, qui ont un statut équivalent à celui de garde champêtre, ne peuvent agir contre la délinquance puisqu’ils ne sont pas formés pour ça d’une part et surtout d’autre part, ne peuvent intervenir sur le terrain, d’où ce constat de l’AAMFG sur les caméras de vidéosurveillance à Païta :

« Mais pour lutter contre les cambriolages, véritable plaie pour les habitants de Païta, ont-elles fait leur preuve ? Pas encore totalement » (Association d’aide aux membres et familles de la gendarmerie- février 2015)

On l’aura bien compris, en dépit des promesses ou des déclarations péremptoires, le maire de Païta n’a rien fait – à l’instar de beaucoup d’autres élus – de vraiment efficace pour lutter contre la délinquance. Les mesures qu’ils annonce aujourd’hui sonnent davantage comme des placébos. On voit mal en effet comment un site internet que les administrés devront remplir eux-mêmes ou encore la création d’un numéro rouge pourrait empêcher l’essor de la délinquance et des agressions …. Pour autant, politicien aguerri, Harold Martin n’oublie pas ses alliances électorales. Très proche de Roch Wamytan, le maire de Paita sait bien qu’en ciblant les indépendantistes du nord, cela lui permet de ne pas se fâcher avec les élus de l’UC du sud, sur lesquels il compte bien s’appuyer un jour. Raison pour laquelle il n’a pas cité le cas de Saint-Louis, dont Roch Wamytan est le Grand Chef, et de ses nombreux délinquants multirécidivistes qui officient dans tout le Grand Nouméa.

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Officiant en free-lance pour plusieurs périodiques et médias calédoniens, cette pigiste professionnelle a rejoint l’équipe des contributeurs de Calédosphère depuis 2013 sous son nom de plume « Rita ». Spécialisée dans l’actualité quotidienne, elle se plait à y dénicher des sujets non-traités par les autres médias et à couvrir les évènements sensibles. Synthétique, réactive et parfois provocatrice elle essaie toujours d’écrire de manière claire, précise mais avant tout vivante. Son crédo : « Si ça pique, c’est un bon sujet »



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40 Commentaires sur "Délinquance à Païta : elle est où la police d’Harold ?"

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obelix

Harold critiquant la Police et la Justice, c’est l’hôpital qui s’fout de la charité…..

josé Paldir
De la corruption en politique.. la politique c’est comme chacun devrait le savoir” Pousse toi de là que je m’y mette” comment arriver à être élu et ensuite comment rester élu …. de ce que la vie m’a appris il faut quelques qualités de base. 1/ être obstiné 2/ savoir prendre le vent 3/avoir le cuir épais 4/ être cynique 5/ et c’est là ou nous rejoignons notre article, en démocratie ,savoir déterminer quels sont les leaders d’opinion par circonscription savoir comme disait le mentor de Chirac comment acheter les emmerdeurs ou …les éliminer comment acheter les décideurs d’opinion bien… Lire la suite »
Bonobo

Je ne suis pas un fan de Harold; loin de là. Pour ses frasques et les gamelles qu’il traine. Mais là je crois qu’il a fait mouche. Avec sa manière et son franc parler mais il a appuyé au bon endroit. Il en a réveillé l’état et la justice qui s’était semble t il endormi sur le rôti! Quand un ours se réveille il faut de la place. Nous allons suivre la suite du feuilleton.

MDR…..dans les médias il y a 4 jours (8 sept), Harold fustige la justice et les forces de l’ordre en Calédonie et le 12 sept il se ramasse une mise en examen dans les dents. Lenkilé ça c’est du rapide. Qui parlait de lenteurs de la justice?

Bonobo

Les piqures de guêpes ça réveille!

Tema

Je pense qu’il faut l’écouter le Harold. En matière de délinquance c’est quand même un artiste : mis en examen ce jour pour achat de voix, condamné dans l’affaire de la 3G… On attend le prochain volet. Vous pensez que si je téléphone à son numéro vert entre 8h et 17h la police municipale interviendra ?

Dayan Day….. la délinquance touche toutes les ethnies ?

Ma foi, va faire un tour en prison ou au tribunal (ce que j’ai fait récemment, voiture volée,brûlée, classique quoi… etc…) tu seras fixé 😆

caledovrais

Le voleur à la permanente à encore perdu une occasion de s’écraser !

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