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Gérard Regnier : “On peut vivre plus heureux avec moins d’argent”

Au risque d’accroitre encore les tensions entre son parti et le Palika, le Secrétaire Général de l’Union Calédonienne reprend à son compte le discours de l’UC visant à expliquer que l’indépendance s’accompagnera d’un appauvrissement de la population calédonienne, lequel permettrait aux habitants du caillou d’être enfin « plus heureux ». Merci Gérard !

« Expliquez-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » A un an du référendum, le discours de certains leaders indépendantistes pour convaincre les Calédoniens de voter pour l’indépendance en novembre 2018 ressemble à s’y méprendre à la célèbre maxime de Coluche. Le projet présenté par le FLNKS faisant toujours l’impasse sur le fonctionnement de l’économie, des institutions et sur la pérennité des services sociaux en cas d’indépendance, le secrétaire général de l’Union calédonienne a choisi une méthode plus simple que celle de construire un projet tangible ou pertinent : il s’agit simplement de prévenir les Calédoniens qu’ils gagneront moins d’argent s’ils choisissent la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Mais Gérard Regnier affirme que grâce à cette baisse du pouvoir d’achat, ils seront « plus heureux » et qu’ils n’ont donc pas à s’inquiéter outre mesure (Nous voici rassurer). Vivant d’amour et d’eau fraiche, les quelques 300.000 habitants du caillou pourront ainsi gambader dans les rues de leur pays tout guillerets au lendemain du référendum et devenir « plus solidaires et plus fraternels » afin de boucler leur fin de mois :

« On peut vivre plus heureux, peut-être avec moins d’argent (…) et puis peut-être, le fait d’être plus solidaires, plus fraternels, va nous permettre aussi de trouver des nouvelles ressources pour permettre à chacun de vivre convenablement et heureux dans ce pays (Gérard Reigner, 29/06/17 ; sources : OFM) »

Un discours néanmoins habituel de la part des dirigeants de l’UC. En effet, en avril 2016, Gérard Regnier avait déjà affirmé qu’en cas d’indépendance le train de vie des Calédoniens allait baisser, que les salaires allaient diminuer et que les habitants du caillou n’auront plus les mêmes offres de soin ou de prestations sociales :

« On ne maintiendra pas ce train de vie. Il y a des gens qui sont ici, qui vivent largement au-dessus du niveau de vie qu’il y a en métropole (…) Il ne faut pas avoir peur de le dire, l’indexation des salaires, notamment des fonctionnaires… [Journaliste : Mais ils sont payés par l’État. Que vont-ils devenir ?] Ils vont rester fonctionnaires, ils auront toujours un salaire. Il sera peut-être plus le même (…) La santé, ça a un coût important, il faut bien trouver l’argent pour payer (…) Il y a une personne de l’OMS qui est venue, il y a cinq ans et qui a dit : “vous avez un niveau de santé très important, mais vous avez un niveau de santé de pays riche”. C’est-à-dire qu’on est dans l’abus. Encore une fois, on est encore dans l’abus, parce qu’on a les moyens (Gérard Reignier, 01/04/16 ; sources OFM) »

Naturellement, lorsqu’on n’aura plus les moyens, on n’aura plus un système de santé au niveau de celui des pays riches et il coutera vachement moins cher ! CQFD, il fallait y penser. Il faut dire aussi que depuis ces quarante dernières années, les élus indépendantistes au pouvoir n’ont toujours pas trouvé « the idea » qui leur permettrait de construire un projet économique viable en cas d’accès de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté. Et si, au sein du FLNKS, le Palika cherche, lui, à rassurer en expliquant que l’économie calédonienne pourrait se développer et s’adapter à l’indépendance tout en maintenant en l’état nos services publics, du côté de l’Union Calédonienne, il semble qu’on ne s’embarrasse plus avec ce genre de réflexions jugées peut-être trop compliquées.

Les regrets de Mapou et le je-m’en-foutisme de Regnier

Et c’est cette ligne que Louis Mapou, candidat Palika malheureux des dernières élections, semble particulièrement regretter. Celui-ci a ainsi réaffirmé vendredi dernier que l’abstention des électeurs indépendantistes ne lui avait pas permis d’être élu député. Dans une seconde circonscription où les électeurs pro-FLNKS sont désormais majoritaires, la participation de son camp n’a en effet pas été à la hauteur des espérances. Un reproche que Louis Mapou a adressé directement à l’Union Calédonienne :

« Je trouve dommage que les responsables de l’UC n’aient pas évalué, à mon avis, à sa juste dimension, l’enjeu du moment, l’enjeu de ces élections (…) Avec l’UC, on savait qu’il y avait, de la part du président Goa, une certaine tendance, ou de certains responsables, une envie d’y aller, sauf que, le faisant entre les deux tours, je ne crois pas que ça… Vous savez, c’est toujours mieux quand on se présente ensemble dans une élection, quand on s’affiche ensemble, lorsqu’on travaille ensemble, lorsqu’on parle ensemble, lorsqu’on intervient comme ça, comme une espèce de cheveu sur la soupe entre les deux tours (…) je ne crois pas que c’est suffisant (Louis MAPOU, 30/06/17 ; sources : RRB) »

Car, de l’autre côté du front, les dirigeants de l’Union Calédonienne opposés en interne à la ligne de Daniel Goa (qui avait appelé à voter pour Louis Mapou) se disent ravis que l’abstention ait été aussi forte et s’en félicitent même, à l’instar de Gérard Reigner :

« On a été agréablement surpris par l’abstention, et on trouve que c’est une bonne chose (…) c’est deux non indépendantistes qui sont à l’Assemblée nationale, pour nous, ça ne nous dérange pas plus que ça (Gérard Regnier, 01/04/16 ; sources OFM) »

Preuve en est qu’entre les deux tours, des consignes ont été adressées aux militants indépendantistes dans les bastions de l’UC afin d’empêcher la victoire de Louis Mapou. Ce qu’a d’ailleurs confirmé le secrétaire général de l’UC à demi-mot :

« Si l’UC avait été dans ce combat-là, peut-être que Louis Mapou aurait, je dis bien peut-être, je n’affirme rien, mais certainement qu’il aurait eu beaucoup plus de chance de passer (Gérard Reignier, 01/04/16 ; sources OFM) »

S’il considère que le soutien d’Harold Martin lui a fait gagner « environ un millier de voix » principalement venues d’électeurs loyalistes opposés à Philippe Gomes, le candidat du Palika a également fait remarquer que d’autres mouvements indépendantistes avaient eux aussi appelé à ne pas participer à ces élections et ainsi facilité l’élection du candidat non-indépendantiste :

« Avant de parler d’Harold Martin, je dirais qu’il y a d’autres partis indépendantistes aussi (…) qui ont glissé les peaux de bananes entre les deux tours [Journaliste : Vous parliez du Parti Travailliste, de la DUS ?] Oui (Louis MAPOU, 30/06/17 ; sources : RRB) »

Ainsi, dans le discours comme dans la stratégie, à un peu plus d’un an du référendum, le clivage chez les indépendantistes semblent s’accroitre mois après mois. L’UNI-Palika et l’UPM sont sur une ligne défendant un projet construit visant à rassurer les Calédoniens sur l’après-indépendance qu’ils appellent de leurs vœux, lequel s’appuierait sur la légitimité électorale. Mais, dans le même temps, l’UC, le Parti Travailliste et la DUS défendent eux un projet purement idéologique et font fi des scrutins électoraux et des forces démocratiques en présence. Preuve que dans ce clan-là, les dirigeants indépendantistes pourraient se préparer à lancer un appel au boycott du référendum afin, comme ils le disaient en 2015, de « négocier directement avec l’Etat la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie » sans avoir ainsi à passer par la voie des urnes. Pas évident en revanche qu’une majorité de Calédoniens partagent leurs ambitions.

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Officiant en free-lance pour plusieurs périodiques et médias calédoniens, cette pigiste professionnelle a rejoint l’équipe des contributeurs de Calédosphère depuis 2013 sous son nom de plume « Rita ». Spécialisée dans l’actualité quotidienne, elle se plait à y dénicher des sujets non-traités par les autres médias et à couvrir les évènements sensibles. Synthétique, réactive et parfois provocatrice elle essaie toujours d’écrire de manière claire, précise mais avant tout vivante. Son crédo : « Si ça pique, c’est un bon sujet »



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261 Commentaires sur "Gérard Regnier : “On peut vivre plus heureux avec moins d’argent”"

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dawamama

Il a été vu par ma moitié faire ses courses au Casino Mt Dore au volant d’un beau 4/4. Pourquoi il y va pas à pieds puisque on peut vivre heureux etc…Tous ces pro indépendance ont la manie des grosses bagnoles chères, ont-ils des doutes sur la bonne taille de leur penis ? Rapport grosse bagnole/ gros braquemart ? Je sais c’est moyen .

Gégé va falloir maçonner dur, les murs de l’indépendance s’écroulent…le rêve utopique part en fumée… et les différentes épiceries avec n’es-ce pas ??? Va falloir inventer autre chose comme source de revenu que l’indépendance maintenant !!! Fini les gamelles aux épinards beurrés servis par les épiceries de l’indépendance…

Une idée pour vous pour baizer les gens à nouveau : créer un mouvement type : ” En Marche “, je vous jure ça marche…

Yvan La Méche

Hier LA MARCHE (19.07.2017), celle soit disant pour se compter à été UN GROS BID ….3000 personnes: quelques gens bien mais très peu…par contre un tas de paumés ! incroyable ! PIRE, un tas de capuchonnés dans le cortége, d’ailleurs j’en ai reconnu quelques uns qui font des allers retours réguliers au camp est, c’est ça la clientèle de Rock ? de Régnier ? de LKU ?de Djido ?…………

La grosse branlée assurée en 2018, la déculottée, pire L HUMILIATION MAGISTRALE !

No comment…..

io
Hé bé Gégé, au pied du mur on réalise qu’il faut de l’argent pour assumer des compétences régaliennes, et bien d’autres choses pour le bien être de son peuple? : système médical, protection sociale, système éducatif, route et infrastructures, économie et niveau de vie, etc… Donc, vivons heureux avec une devise qui a la même valeur qu’une coquille de palourde, laissons les miséreux crever faute d’argent, école payante car “l’état” ne peut pas assumer, élevage de “nids de poule” sur les routes que l’on ne peut plus entretenir, plus de CAFAT de RUAMM, de protection sociale car plus d’argent, retraites… Lire la suite »

Un seul exemple : le coût de la dépollution et de la prise en charge du Kea Trader emprisonné sur le récif Durand : “les opérations d’envergure qui se mettent en place pour renflouer le porte-conteneurs sont suivies depuis l’île voisine de Maré, où des habitants se disent inquiets.”
Combien ça coûte?
Gérer l’interdépendance en contractualisant ce type de prestation avec les pays du fer de Lance ???? avec l’Australie ???? avec la Chine ????
Les Candides indépendantistes et les Pangloss qui les conseillent du haut de leurs chaires universitaires de l’UNC ont plutôt intérêt à bien roder leurs arguments ….

Fuck dalaene..

Gege était maçon en 1984 c est un vosgien qui a débarqué chez nous pour devenir riche sur le dos des contribuables de ce pays. Sa logique de merde c est de tout casse ce que nos vieux ont construit. Go home !!!! Gege go home va vite te cacher

C’est donc vrai que c’est au pied du mur qu’on voit mieux le mur … euh non … le maçon … mince alors j’aurai jamais cru !

L’Araignée, si tu as le malheur de dire devant un chômeur tes paroles style : “On peut vivre plus heureux avec moins d’argent” tu vas te prendre un coup de poing direct dans la gueule …c’est quoi cette provocation, fais gaffe ça va se retourner contre toi tes conneries….rappele toi le petit Jobard dit Gégé (pas jodard mais jobard…), on lui a fait mouiller sa chemise avant de l’entérrer…..tu y ressemble étrangement.

ditou

“On peut vivre plus heureux avec moins d’argent”
Surtout à Paris, ce 14 juillet, pas d’argent certainement pour le feu d’artifice. Malgré ce qu’ils affirment une raison de sécurité.
Franchement avec la présence de Trump, Paris devrait lui en mettre plein les yeux. Là ça sent plutôt les économies.
Quand à dire que les parisiens seront heureux, ça reste à voir.
http://www.bfmtv.com/police-justice/securite-versailles-renonce-a-son-feu-d-artifice-du-14-juillet-1213666.html

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