Connect with us

Calédosphère

Actualité

“Dossier calédonien” : qui sont les yeux et les oreilles de l’Etat ?

En pleine période référendaire et alors que les Calédoniens s’apprêtent à refermer la parenthèse de la période des accords de Matignon et de Nouméa, le dernier remaniement ministériel démontre le changement de doctrine dans la politique de l’Etat vis-à-vis du sujet Calédonien ainsi qu’un important renouvellement parmi les acteurs de ce dossier. Désormais, celui-ci sera géré directement par l’Elysée, en lien avec le ministère des Outre-mer. Explications et enquête complète.

Alors que le nouveau Gouvernement de Jean Castex prépare une loi contre les « séparatismes » pour septembre, quelques jours plus tard, les Calédoniens inscrits sur la liste référendaire pourront, une fois encore, s’exprimer sur l’indépendance du territoire et son éventuelle séparation d’avec la France. Et comme ils ont beaucoup de chance et, qu’après tout, on ne fait jamais deux sans trois, ils devront recommencer et répondre à la même question d’ici 2022, sauf si une majorité d’entre eux vote OUI à l’indépendance d’ici là. Il existe donc une possibilité qu’Emmanuel Macron se représente à la prochaine élection présidentielle en ayant, entre temps, perdu un petit morceau de France du côté du Pacifique sud. Sur le sujet, du point de vue du Chef de l’Etat, le problème apparait assez simple : va-t-il finir son mandat en rendant la France plus petite, lui qui expliquait en mai 2018 que, « sans la Nouvelle-Calédonie », la France serait « moins belle » ? Voire. Il faut dire que cette question, du moins depuis Jacques Chirac, ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande n’avaient pas eu à se la poser étant donné que la séquence des référendums calédoniens n’interférait pas avec celle de leur unique mandat respectif. Mais, manque de bol ou Karma, la période actuelle semble être, dans de nombreux domaines, celle du paiement des factures contractées ces quarante dernières années, et parmi celles-ci figure le cas calédonien dont l’échéance arrive bientôt à son terme. Or, il semble bien que le Chef de l’Etat ait décidé de changer la façon dont le Gouvernement français traite ce dossier-là.

Bye-Bye Matignon, bonjour Elysée-Oudinot !

Car, ne nous y trompons pas, Emmanuel Macron prépare déjà sa réélection. La meilleure manière de s’en rendre compte étant d’étudier et d’analyser le dernier remaniement ministériel et le renouvellement de ses équipes. Et, concernant les dossiers ultramarins en général et calédonien en particulier, c’est encore plus évident puisque le choix de son ministre des outre-mer s’est porté sur Sébastien Lecornu, que la presse avait présenté naguère comme son « atout de droite ». Proche du Président, celui-ci a en effet obtenu toutes les marges de manœuvre pour constituer son cabinet (une chance que beaucoup de ses collègues et de ses prédécesseurs lui envient) et pour diriger son « Petit Matignon », ainsi que l’on surnomme le ministère de l’outremer. Et si le Chef de l’Etat a choisi cet homme de confiance pour ce poste, c’est surtout, comme l’explique très bien le journal Le Monde dans un récent article, parce qu’il compte sur lui pour rabibocher l’électorat ultramarin avec la macronie, en lorgnant sur le vote des 1.6 millions d’électeurs que comptabilise l’outre-mer. Le nouveau ministre ne dit d’ailleurs pas autre chose lorsqu’il a avoué aux Nouvelles Calédoniennes que « Il n’y a pas une journée où le Président de la République ne me pose des questions sur l’actualité des Outre-mer en général et sur celle de la Nouvelle-Calédonie en particulier. » Cette proximité entre l’Elysée et Oudinot explique aussi pourquoi le Président de la République n’a plus de conseiller attitré pour l’outre-mer au palais de l’Elysée depuis presque six mois : il n’en a pas besoin, attendu que son conseiller sur le sujet c’est Lecornu. En fait, sans que les principaux observateurs du dossier calédonien ne s’en rendent compte, la nomination du Gouvernement de Jean Castex a marqué la fin de la « doctrine Rocard » au sommet de l’Etat et le retour de l’Elysée aux commandes du dossier calédonien.

La fin de la doctrine Rocard :

Depuis la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, le sujet a toujours été l’apanage du Chef de l’Etat, du moins lorsque celui-ci disposait d’importants pouvoirs. C’est en effet sous les ordres directs de Napoléon III, qu’en 1853 le contre-amiral Febvrier-Despointes a pris possession à Balade, au nom de la France, de la Grande Terre puis de l’île des Pins. Après la chute de l’Empire, c’est Adolphe Tiers, « chef du pouvoir exécutif de la République française », qui décide avec son gouvernement de faire de la Nouvelle-Calédonie une colonie pénitentiaire (pour notamment y envoyer les communards). Plus tard, dès l’avènement de la Vème République, c’est le Général de Gaulle qui, par la loi Billotte, décide de revenir sur l’autonomie accordée au territoire onze ans plus tôt. Et, depuis 1958, le dossier a ainsi été géré – lorsqu’il le fallait – par le Président de la République en lien avec son ministre de l’outre-mer du moment. L’Elysée donnait ses ordres, Oudinot exécutait et Matignon s’occupait d’autre chose. Et ce fut le cas jusqu’aux évènements et précisément jusqu’à leur paroxysme : c’est-à-dire Ouvéa.

Il faut bien comprendre que le sujet calédonien s’est retrouvé pour la première fois sur la table de Matignon en 1986 (comme tous les autres sujets que le Gouvernement devait alors traiter), un peu par le hasard de l’histoire, tout simplement du fait de la cohabitation. Nommé 1er ministre, Jacques Chirac avait à cœur de gouverner la France et de ne laisser aucune miette de pouvoir à François Mitterrand, lequel le lui rendait bien. Il prit donc le sujet à bras le corps. Durant les « années de cendre », la Nouvelle-Calédonie était, il est vrai, une poudrière et un sujet hautement brulant au sommet de l’Etat. Au lendemain de la réélection de François Mitterrand, le dossier qui sentait encore la poudre et les morts d’Ouvéa resta sur le bureau du nouveau chef du Gouvernement : Michel Rocard, lequel lui trouva une issue en réussissant à faire négocier et signer l’accord de Matignon. Trop content de lui confier la patate chaude, Mitterrand savait qu’il desservirait son Gouvernement s’il décidait de s’en occuper personnellement attendu qu’aux yeux des Loyalistes il s’était décrédibilisé et n’apparaissait pas comme un partenaire fiable (puisqu’il avait promis en 1981 l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie afin de s’assurer du vote des kanak indépendantistes et qu’il a ensuite fait appliquer une politique à la Pisani). C’est ainsi que le dossier est resté à Matignon, même après le départ de Michel Rocard.

En 1995, son successeur Jacques Chirac avait le même problème mais inversé ! Si les Loyalistes lui faisaient confiance, en revanche c’était les Indépendantistes qui ne voulaient plus entendre parler de lui, du fait de la politique à la Pons qu’il leur avait fait subir et du massacre d’Ouvéa, dont ils ont toujours estimé qu’il en était le principal responsable. Le dossier resta donc à Matignon, ne pouvant être suivi par l’Elysée et la tradition selon laquelle le dossier calédonien devait être géré exclusivement par les services du 1er ministre s’installa… Ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande ne dérogèrent à cette règle par la suite – n’y voyant aucun intérêt – et les locataires de Matignon se refilèrent la patate chaude au gré des remaniements et des échéances électorales du moment. Le dossier finira donc sur le bureau d’Edouard Philippe et l’histoire retiendra que son implication dans celui-ci fut proportionnelle à sa déception au soir du premier référendum. Le 5 novembre 2018, le chef du Gouvernement, en déplacement à Nouméa, avait en effet prévu un discours basé sur un hypothétique « NON massif » à l’indépendance, tel que le lui avait garanti ses services, ses conseillers, les sondages ainsi que les principaux leaders du camp loyaliste. Ce discours, qui devait éclairer l’avenir du territoire, ne fut finalement jamais prononcé et ce fut le Chef de l’Etat qui dû, de l’Elysée, et d’une toute petite voix, se féliciter devant les Français que les Calédoniens aient, en majorité, choisi de rester dans la France. Mais bien loin du score escompté…

Il apparait aujourd’hui évident qu’Emmanuel Macron n’a pas franchement apprécié ces erreurs d’appréciation et la gestion par son 1er ministre du dossier. On l’avait rassuré à tort et il ne disposait pas des informations qu’avait Matignon. Au final, c’est lui qui a porté l’entière responsabilité de ce demi-échec. C’est ainsi que depuis lors, quelque part dans la tête du Président de la République, a vraisemblablement germé l’idée que sur ce dossier comme sur d’autres, il lui fallait peut-être s’en occuper lui-même au lieu de s’en remettre à d’autres. C’est la raison essentielle qui explique pourquoi lors de sa passation de pouvoir, Edouard Philippe a évoqué longuement le sujet calédonien devant son successeur un peu éberlué, expliquant « qu’on parle beaucoup de Nouvelle-Calédonie à Matignon » : Edouard Philippe se plaçait il est vrai dans les pas de Michel Rocard, c’est-à-dire dans l’ancien monde ? Voire. Reste que les jours suivants, Jean Castex n’a pas eu un seul mot sur le sujet lors de son discours de politique générale, ni devant l’assemblée ni devant le sénat. Pourquoi ? Vraisemblablement, parce qu’Emmanuel Macron lui a fait comprendre lors de sa nomination que, du fait des implications géopolitiques qu’il renferme et des prérogatives du Chef de l’Etat, ce dossier, il le gérerait désormais lui-même. En un instant, Jean Castex et les services de Matignon se sont donc retrouvés “Out”. C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron a choisi un homme de confiance avec qui il avait traversé, dans la souffrance, la crise des Gilets Jaunes et sa sortie politique. (Sébastien Lecornu était en effet la cheville ouvrière du Grand Débat et c’est à cette occasion que ses liens avec Emmanuel Macron se sont considérablement fortifiés). Les deux hommes se tutoient et s’appellent régulièrement, chacun espérant que les succès de l’autre serviront ses propres desseins. Ainsi, à la question d’un journaliste qui lui demandait si la politique de l’Etat – c’est-à-dire la « doctrine Rocard » – allaient changer suite à sa nomination, Sébastien Lecornu a répondu : « C’est effectivement un dossier qui appelle un engagement politique de haut niveau (…) ce dossier retient l’attention de chaque instant du Président de la République en personne ». Une autre façon de dire “Adieu Matignon” ?

Ainsi, du fait des résultats du premier référendum, de la concomitance entre la période référendaire et des prochaines échéances nationales, la logique de l’Etat est semble-t-il revenue à ses fondamentaux, comme si la parenthèse ouverte dans les années 80 par le duo Chirac-Mitterrand se refermait. En vérité, le dossier Calédonien est actuellement géré essentiellement par le ministre des outre-mer et celui-ci informe directement le Président de la République qui a donc repris la main. Ironie de l’histoire : le très progressif Macron en revient aux fondamentaux de la Vème République et se place par obligation, sur ce sujet, dans les pas du Général de Gaulle qui faisait de la défense des intérêts nationaux sa prérogative exclusive. La boucle est bouclée.

Reste maintenant à savoir quels sont les hommes et les équipes sur lesquels le Chef de l’Etat va se reposer pour se faire une idée précise de la situation calédonienne. Car, il n’y a pas que les années qui ont passé depuis les évènements et les accords, il y a aussi les hommes ! Et en particulier ceux qui, connaissant ce sujet imminemment compliqué, étaient les principaux conseillers, officiels ou officieux, des présidents et des gouvernements qui se sont succédés depuis les années 80. Par corollaire, depuis justement l’élection d’Emmanuel Macron, il est de coutume à Nouméa chez les signataires des accords (loyalistes comme indépendantistes) mais aussi chez les responsables politiques appartenant à leur génération, de regretter l’absence, à Paris, d’interlocuteurs informés ou simplement intéressés par le sujet calédonien. Or, bien qu’ils ne se comptent pas par centaines, ses « experts » existent toujours. Simplement, n’étant pas aux manettes ces quarante dernières années, ils sont moins connus par nos dinosaures de la politique calédonienne dont la majorité d’entre eux (surtout du côté indépendantiste) sont les mêmes qu’en 1989, du fait de l’absence de renouvellement au sein des partis politiques qui constituent le FLNKS. Face à Jean Lèques qui lui demanda un jour si l’Etat avait « une idée » quant à l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, l’ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas lui avait répondu du tac-au-tac « L’Etat n’a pas d’idée, il n’a que des moyens ! ». Et ce sont justement ces moyens humains qu’il s’agit ici de présenter afin que les citoyens calédoniens et les personnes intéressées par le sujet sachent, à quelques semaines du second référendum, quels sont les hommes et les femmes qui ont aujourd’hui, et auront demain, l’oreille de l’Etat et sur lesquels le Président de la République compte lorsqu’il se penche sur le destin de la Nouvelle-Calédonie.

*     *

*

Les hommes de confiance du Président

Sébastien Lecornu : le chef du « petit Matignon »

C’est l’homme idoine sur le sujet calédonien et Monsieur Outremer. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a pas été choisi parce qu’il était originaire de l’outre-mer… C’est avant tout un « politique » qu’on dit compétent et qui a l’avantage d’être un élu de terrain (maire de Vernon, une ville de 24 000 habitants et président du conseil départemental de l’Eure entre 2015 et 2017) Il dispose aussi d’un important réseau parmi les élus nationaux (on l’a vu lors du Grand Débat). Autre avantage à son actif : il n’a pas fait l’ENA ce qui l’éloigne des raisonnements purement technocratiques et lui permet, dit-on, d’être compris de ses interlocuteurs lorsqu’il s’exprime face à un public. Diplômé en Droit, il est aussi gendarme de réserve (avec le grade de colonel). Autrefois plus jeune assistant parlementaire de France, aujourd’hui âgé de 34 ans, il a été repéré par un certain Bruno Le Maire et a officié au sein du Gouvernement de François Fillon. Elu président du conseil départemental de l’Eure, il s’était déjà entouré d’une équipe « dévouée » et avait notamment recruté l’ancien ambassadeur de France en Roumanie, Philippe Gustin, qui deviendra par la suite son directeur de cabinet et dont nous reparlerons ci-après. Il est déjà venu plusieurs fois en Nouvelle-Calédonie et connait tous les principaux responsables politiques du caillou qu’il appelle d’ailleurs régulièrement depuis sa nomination à Oudinot. En charge au sein de LREM de la préparation des prochaines élections nationales, il a constitué autour de lui à Oudinot un noyau dur constitué de conseillers principalement issus de la campagne de Bruno Le Maire de 2016. Officieusement, il est, selon la presse, « chargé par Emmanuel Macron de redonner une portée politique au ministère en prévision de l’élection présidentielle de 2022 et de renforcer les liens avec les élus ultramarins ». Vaste programme…

Brice Blondel : chef de cabinet de Macron et cheville ouvrière de l’Elysée

L’annonce date de quelques jours et elle est éclairante s’agissant du suivi du dossier calédonien à Paris. Car, depuis février 2020, le conseiller Outre-mer de l’Elysée (Stanislas Cazelles) a été nommé préfet de Martinique. Depuis lors et durant toute la crise du COVID, aucune personnalité ne gérait ce dossier auprès du Président de la République. Mais le remaniement et  la nomination de Brice Blondel (ancien préfet des Hautes-Pyrénées) au poste de chef de cabinet de la présidence a changé la donne. Agé de 48 ans, cet énarque a en effet travaillé durant six années au sein du ministère de l’outre-mer, survivant à trois ministres successifs, d’abord comme conseiller technique puis comme directeur de cabinet adjoint. A ce poste, il a notamment suivi l’organisation du premier référendum calédonien et ses conséquences. Il est aujourd’hui au cœur de la machinerie de l’Etat puisqu’il a en charge l’agenda d’Emmanuel Macron et la gestion de tous ses déplacements. Depuis vingt ans, son parcours l’a conduit de la protection judiciaire de la jeunesse à la cour des comptes, puis dans le secteur du logement social à la caisse des dépôts et enfin au ministère des outre-mer et à l’Elysée. On le dit très fiable, loyal et aussi sérieux qu’un énarque puisse l’être.

Les spécialistes d’Oudinot

Philippe Gustin : directeur de cabinet du ministre et connétable de l’Etat

Avec lui, ça ne rigole pas. Le CV long comme le bras de ce fils de militaire a de quoi impressionner n’importe quel Haut-fonctionnaire. Jugé plutôt : alors qu’il y a quelques semaines, Jean Castex était nouvellement nommé à Matignon et qu’il devait en urgence se rendre en Guyane, le 1er ministre qui ne disposait pas encore d’un conseiller outremer, a appelé la seule personne qu’il connaissait et qui semblait pouvoir l’aider sur ce dossier (sur lequel il ignorait tout) : et ce fut le numéro de Philippe Gustin qu’il composa. Quelques jours plus tard, le 1er ministre nommait Virginie Klès au poste de conseillère pour l’outremer à Matignon. L’ancienne sénatrice d’Iles et Vilaine était justement secrétaire générale de la Guadeloupe lorsqu’un certain Philippe Gustin en était le préfet. Autrement dit : lorsque le Gouvernement cherche la personne adéquate sur un sujet ultramarin compliqué, c’est Philippe Gustin qui lui donne les coordonnées et qui place suggère un de ses obligés. S’il serait trop long ici de résumer la carrière de ce diplomate devenu directeur de cabinet du ministre des outre-mer, on peut néanmoins souligner qu’entre le concours de l’ENA, un poste d’ambassadeur, la rédaction d’une thèse de doctorat en histoire sociale (écrite en Allemand…), et quelques nominations préfectorales, Philippe Gustin a aussi été durant l’année 2014 le Directeur Général de l’UMP qu’il a, selon l’Express et durant six mois « dans l’ombre, su faire tourner une machine au bord du gouffre ». Nommé, en 2017, délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin après le passage de l’ouragan Irma, il connait parfaitement les Antilles et se passionne pour le sujet Calédonien. Ancien collaborateur de Christine Lagarde (ex-Directrice du FMI et actuelle présidente de la BCE) mais aussi de Luc Chatel, il dispose d’un carnet d’adresse à faire pâlir Alain Minc. Selon des rumeurs totalement désobligeantes (et donc relayées dans le tout-Paris) il aurait d’ailleurs refusé de travailler pour Jean Castex à Matignon, préférant avoir les coudées franches à Oudinot auprès de Sébastien Lecornu. Une preuve de loyauté s’il en est mais aussi d’ambition, puisque la carrière du jeune ministre de l’outre-mer pour lequel il travaille est loin d’être terminée…

Olivier Bouchery et Gauthier Lherbier : conseillers ès-spécial du ministre

Appartenant à la même génération que Sébastien Lecornu et élevés au biberon de l’UMP avant de rejoindre LREM, les deux hommes constituent la garde rapprochée du ministre. A Olivier Bouchery, conseiller spécial, les affaires politiques, à Gauthier Lherbier les affaires économiques. Le premier est diplômé de Science-Po Paris, le second de Paristech et de l’université d’Oxford. L’un a évolué au sein des partis politiques et des gouvernements successifs, l’autre est un ancien de Thalés et de la BNP. Et si Olivier Bouchery est considéré comme un proche de Sébastien Lecornu en charge des « dossiers sensibles » et notamment de la carte électorale, c’est à Gauthier Lherbier qu’échoie les dossiers économiques qui concernent la Nouvelle-Calédonie tels que le nickel et la défiscalisation, le tout en lien avec Bercy.

Les hommes de Matignon

Franck Robin : chef du pôle affaires intérieures auprès du Premier ministre

Depuis le 23 juillet 2020, Franck Robine est le Conseiller aux affaires intérieures dans le cabinet du Premier ministre Jean Castex. Il remplace ainsi Eric Jalon au même poste. En charge notamment du suivi des questions ultramarines, il fut le chef de cabinet de François Fillon durant son mandat à Matignon et a suivi l’affaire de la levée du drapeau du FLNKS au côté du drapeau Français ainsi que les soubresauts sociaux et politiques qu’a connu la Nouvelle-Calédonie durant les années 2009-2011. Enarque, il a notamment été préfet de la Martinique (juste avant la nomination de Stanislas Cazelles). Marié à la ville à Catherine Séguin (fille de feu Philippe Séguin), c’est un proche du sénateur Bruno Retailleau dont il a jadis été le directeur des services à Nantes…

Virginie Klès : l’ancienne sénatrice devenue conseillère outremer de Matignon

Très impliqué dans le dossier Calédonien et connu comme le loup blanc du côté du caillou, Xavier Brunetière avait laissé un grand vide à Matignon lorsqu’il avait dû quitter son poste de conseiller outre-mer. Suite au remaniement, l’homme a en effet remplacé à la tête de la préfecture du Gers une certaine Catherine Séguin (la femme de Frank Robine cité plus haut, laquelle a été nommée préfète de la Loire). Via semble-t-il le concours de Philippe Gustin, qui l’avait choisie comme secrétaire générale de la Martinique, Virgine Klès a ainsi remplacé Xavier Brunetière au palais de Matignon et est en charge du dossier calédonien auprès du nouveau 1er ministre. Docteur vétérinaire de formation, femme politique, ex-sénatrice PS (elle avait adhéré au parti socialiste au cours de son mandat) elle fut Maire de Châteaubourg (7000 habitants) de 2001 à 2014. Si on la présente comme travailleuse et impliquée, elle connait peu le dossier calédonien pour l’instant, même si elle a déjà exercé outre-mer. Ne doutons pas en revanche qu’elle dispose du réseau et des connaissances de son ancien mentor Philippe Gustin pour se faire un avis sur le sujet…

Michel Colin : monsieur Nickel

Des accords de Bercy à la création de la STCPI (société qui intègre les trois Provinces dans la gestion de la SLN et leur donne accès, comme actionnaire, au groupe Eramet) en passant par l’élaboration du rapport sur le nickel qui porte son nom, voici plus d’une vingtaine d’années que Michel Colin a établi un lien fort avec La Nouvelle-Calédonie. Il est, selon la majorité des observateurs, le meilleur connaisseur du marché du nickel et de la métallurgie officiant pour l’Etat. Il dispose d’ailleurs à ce titre aujourd’hui d’un poste affecté au secrétariat général de Matignon. Et c’est sous le mandat de Manuel Valls que Michel Colin a convaincu le Gouvernement de « sauver » l’industrie du nickel en Nouvelle-Calédonie en accordant près de 620 millions d’euros aux usines calédoniennes (sous forme de prêts ou de garanties). Officiant déjà à l’époque de la signature de l’accord de Nouméa, Michel Colin n’a jamais oublié les raisons qui ont entrainé le « préalable minier » et l’importance que le sujet revêt s’agissant de l’avenir institutionnel du territoire.

Du côté du Palais du Luxembourg…

Contrairement aux décennies précédentes, c’est désormais au sénat, et non plus à l’assemblée nationale, que se trouvent les meilleurs connaisseurs du sujet calédonien. Les raisons en sont simples : tout d’abord la haute assemblée n’a pas subi le même renouvellement que le palais Bourbon mais, de plus, le président de l’institution a une connaissance encyclopédique du dossier calédonien et il encourage tous ses proches à s’y intéresser. Gérard Larcher est en effet connu pour suivre très régulièrement, et avec une certaine gourmandise, l’actualité politique calédonienne. Il garde ainsi précieusement dans son bureau un exemplaire du fameux discours prononcé par Dick Ukeiwé le 24 janvier 1985 à la tribune du sénat, lequel fut ensuite affiché dans toutes les mairies de France. Venu à de nombreuses reprises en Nouvelle-Calédonie, le Président du sénat connait chaque acteur du dossier et a notamment suivi avec son directeur de cabinet, le très efficace Gilles Lagarde, les résultats des dernières élections municipales en outre-mer, lesquelles préparent les sénatoriales… C’est ainsi que son conseiller spécial pour l’outre-mer – son fidèle Alain Sauret – leur a, après le premier et le second tour du scrutin, rendu compte des soubresauts des municipales avec bien entendu à la clé la réélection de Sonia Lagarde à Nouméa, le maintien des maires loyalistes de l’agglomération (tous proches ou membres des Républicains) et la victoire du jeune Nicolas Metzdorf sur les terres de La Foa. Proche du sénateur Pierre Frogier et de la présidente de la province Sud Sonia Backes, il fait peu de doute que le président du sénat entend jouer un rôle pour garantir à la droite locale la conservation des deux postes de sénateurs traditionnellement occupés par des loyalistes…

S’agissant toujours du sénat et des principaux connaisseurs du dossier calédonien en son sein, le sénateur Philippe Bas est, avec son collègue Bruno Retailleau, celui qui connait le mieux le sujet. Président de la commission des lois, Philippe Bas est en effet déjà venu en Nouvelle-Calédonie et connait parfaitement ses spécificités juridiques. Ce proche de Gérard Larcher, que les Français ont découvert lors de l’affaire Bénalla, était aussi le secrétaire général adjoint de l’Elysée sous le mandat de Jacques Chirac (durant la période de la rédaction et de la signature de l’accord de Nouméa). On peut également citer parmi ceux qui s’intéressent à la Nouvelle-Calédonie, son collègue Mathieu Darnaud, sénateur de l’Ardèche, ou encore la sénatrice LR Sophie Primas qui, en tant que Présidente de la Commission des Affaires économiques du Sénat, suit l’actualité calédonienne à l’aune des aides que l’Etat apporte à la collectivité. Seconde sur la liste sur laquelle se présentait Gérard Larcher, Sophie Primas a l’oreille de son président qui l’encourage, parait-il, à s’intéresser à ce dossier. Quant à Bruno Retailleau, « le panseur de la droite », il est, au sein du groupe Les Républicains, celui qui suit le plus régulièrement les affaires calédoniennes. C’est ainsi que, lors des dernières municipales, il aurait fait savoir à Nouméa – du côté de ce qui reste du Rassemblement-les Républicains – qu’il n’avait guère apprécié que leur candidat soutienne une liste communautaire (celle de l’Eveil Océanien à Paita). En effet, le président du groupe Les Républicains au sénat voulait, l’année dernière, déposé une loi visant à empêcher le dépôt de listes ou le financement de candidats menant une “campagne communautariste” et soutenant des revendications “fondées sur l’origine ethnique ou l’appartenance religieuse”. Une loi qui, n’en doutons pas, aurait eu un certain impact en Nouvelle-Calédonie. Cela dit, l’histoire a bien fini puisque le candidat des Républicains-félon s’est fait battre.

A l’assemblée Nationale rien de nouveau… quoique ?

Après la vague LREM et la quasi-disparition du parti socialiste, les connaisseurs du dossier calédonien se font rare dans les allées du palais Bourbon. Reste parmi les « vieux de la vieille » Christian Jacob, président du groupe LR, lequel est venu à de nombreuses reprises sur le territoire et qui apparait sensible à son devenir. Très impliqué dans la commission ad hoc créée durant la mandature précédente, Philippe Gosselin (LR) s’intéresse toujours à ce dossier, tout comme le député du Val d’Oise Guillaume Vuilletet même si pour celui-ci les raisons sont peut-être plus personnelles. En effet Guillaume Vuilletet, élu député en 2017, était à la fin des années 90 le jeune assistant parlementaire du ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement. Or, les chevènementistes ont toujours conservé une dent contre l’ancien conseiller outre-mer de Lionel Jospin, à savoir Alain Christnacht (le principal rédacteur de l’accord de Nouméa). En total opposition sur le sujet Corse mais aussi sur le dossier Calédonien, les deux clans se vouent toujours, parait-il, une haine inexpugnable depuis l’affaire des paillottes corses et l’assassinat du préfet Claude Erignac… Dans un autre registre, on peut également citer parmi les connaisseurs du sujet la présidente de la puissante « commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l’Administration générale de la République à l’Assemblée nationale » : la députée Yaël Braun-Pivet. Le cas calédonien étant un véritable casse-tête juridique, on parle aussi, il est vrai, beaucoup du territoire lorsqu’il s’agit d’adapter dans le droit français les spécificités sui généris calédoniennes. Enfin, s’agissant de la présidence de l’Assemblée nationale, le suivi du dossier est confié à Jean-Luc Videlaine, directeur de cabinet de Richard Ferrand.

L’Etat et les hommes d’Eglise

Alors que la majorité des missi dominici officiant en toute discrétion auprès de l’Etat était jadis issus de la Franc-Maçonnerie, celle-ci semble avoir perdu de son influence sur le sujet. C’est en effet aujourd’hui plutôt du côté des autorités religieuses que se tourne l’Etat lorsqu’il a besoin d’intermédiaires discrets et efficaces. Il faut dire que 95% de la population calédonienne est chrétienne et que la religion, notamment catholique, rassemble et fédère encore les représentants de toutes les communautés vivant sur le territoire. Ainsi, depuis quelques temps, c’est, entre autres, Monseigneur Jean-Yves Riocreux qui assurerait quelques missions pour l’Etat afin de conserver le lien avec les responsables indépendantistes lorsque ceux-ci, pour une raison ou pour une autre, refusent de répondre lorsque l’Etat appelle… Ancien curé de la cathédrale de Nouméa, connu comme un homme pondéré et sage, Jean-Yves Riocreux est aujourd’hui l’évêque de Basse-Terre mais il est surtout un ancien enseignant au pensionnat St-Léon de Paita. Or, c’est durant la fin des années 60 qu’il était le professeur du jeune Paul Néaoutyine (actuel président de la province Nord) et aussi d’un certain Roch Wamytan (actuel président du congrès). Des liens qui ont la vie dure puisque, concernant ce dernier, les deux hommes entretiennent toujours une profonde amitié et ce depuis 1967 ! C’est ainsi que lorsque l’Etat souhaite faire passer des messages, en toute discrétion, auprès de l’Union Calédonienne notamment, c’est un homme d’Eglise qui se charge de « retisser les fils du dialogue… »

De même, et bien avant que l’Église évangélique en Nouvelle-Calédonie se renomme, en 2013, « Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) », les autorités du culte protestant en France suivaient avec intérêt les affaires calédoniennes. Il ne faut pas en effet oublier que Michel Rocard, tout comme Jacques Lafleur était de confession protestante. Et on se souvient que l’’ancien 1er ministre, durant son discours à la salle Vénézia en 2009, avait insisté sur les liens « spirituels » qui s’étaient établis entre les principaux acteurs durant la négociation des accords de Matignon-Oudinot. Ainsi, c’est François Clavairoly lui-même, le président de la Fédération protestante de France, qui suit et s’informe avec intérêt de l’avancée du dossier calédonien. Venu plusieurs fois en Nouvelle-Calédonie, le pasteur Thierry Le Gall est quant à lui depuis janvier 2016, le premier pasteur évangélique officiellement nommé en poste au Parlement. Chargé de la représentation des églises évangéliques auprès des parlementaires français, il s’informe et tient au courant ses différents interlocuteurs de l’Etat de l’évolution de la situation du caillou. Il était d’ailleurs, jusqu’au départ de celui-ci, en lien régulier avec Xavier Brunetière, l’ancien conseiller de Matignon…

Experts, personnalités et universitaires : les interlocuteurs de l’Etat

Si cette liste ne saurait être exhaustive, on peut citer parmi les autres principales ressources de l’Etat bon nombre de spécialistes du dossier calédonien, en fonction ou à la retraite. Parmi eux évidemment le constitutionnaliste et expert du droit, Ferdinand Mélin-Soucramanien et le conseiller d’Etat Jean Courtial, cosignataires d’un rapport qui a fait date sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Du côté des universitaires, l’ancien ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas est toujours consulté du fait de ses connaissances, tant en matière des spécificités du droit calédonien que du paysage politique local, tout comme sa jeune collègue Léa Havard, Maître de conférences en droit public et spécialiste des états-associés du Pacifique.

De même, l’historienne Sarah Mohamed Gaillard, qui a participé à l’élaboration de l’atlas de l’Océanie et l’anthropologue Alexandre Juster figurent parmi les interlocuteurs du Gouvernement. A ceux-ci s’ajoutent des personnalités reconnues telles que l’actuel préfet des Yvelines et ancien Haut-commissaire Jean-Jacques Brot, l’ancien député Dominique Bussereau, l’infatigable René Dosière ou encore, évidemment, Joel Viratelle et Emmanuel Kasarhérou. A noter que si ces derniers sont tous deux calédoniens, la position stratégique qu’ils occupent (l’un à la tête de la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris et l’autre comme directeur du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac), leur assurent une grande influence sur les différents acteurs du dossier calédonien.

S’agissant des médias et de la couverture du sujet, les principaux experts sont Patrick Roger, grand reporter au journal Le Monde, Dominique Albertini (Libération) ainsi que Luc Laventure et Marie-Christine Ponamale, lesquels officient tous les deux pour Outremer360.

Enfin, depuis le dernier référendum, l’Etat aurait mandaté dans la plus grande discrétion un diplomate du Quai d’Orsay et un haut-gradé de l’armée française afin que ceux-ci étudient les répercussions géopolitiques et militaires liées à une évolution du statut de la Nouvelle-Calédonie. Pour l’heure, on ignore encore leur identité.

Afficher la suite
Hubert B

Hubert B. a rejoint Calédosphère au tout début de l’année 2015. Enfant du pays, il a grandi à Nouméa et a ensuite bourlingué durant près de vingt ans au gré de ses envies et des hasards de la vie. Fils d’une bibliothécaire/documentaliste, il a été tour à tour enseignant, pigiste, formateur mais c’est finalement vers l’écriture qu’il a choisi de revenir. Succinct, précis, parfois laconique, si son style est volontiers direct, ses intérêts sont éclectiques et toujours tournés vers l’actualité. Sa citation favorite : « Le journaliste doit avoir le talent de ne parler que de celui des autres »

[upme_login]

guest
65 Commentaires
plus récents
plus anciens plus de votes
Inline Feedbacks
View all comments
XYY

Hors-sujet.
Mais c’est pour baver sur les journalistes qui ne font pas leur boulot.
https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/alexandre-taalo-premier-caledonien-a-integrer-la-prestigieuse-ecole-de-saint-cyr

Quand on voit le titre de l’article, on se dit qu’il doit s’agir de l’ESM Saint-Cyr via les cpge, or le jeune calédonien le dit lui-même dans l’article:“Je pars pour six mois aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan,….
Vu son parcours, il doit s’agir de la filière OSC. Ce qui n’enleve rien au mérite de de jeune homme.

Alikantitra

XYY : “c’est pour baver sur les journalistes qui ne font pas leur boulot.”

Je me suis fait la même réflexion après l’info sur NC 1ère.
Faut envoyer les journalistes des nouvelles en stage à Ouest France :
https://www.ouest-france.fr/politique/defense/armees-saint-cyr-coetquidan-aura-sa-troisieme-ecole-6964433
Qui est le fringant officier au béret vert ?

Je vous attendais plutôt sur Calédonickel …

XXX

Je pense que les cadres de Calédonie Ensemble auront du mal à sortir du rôle peu enviable de Cheval de Troie des indépendantistes en province Sud. “Chiche” nous disait Daniel Goa à propos du risque de fermeture de la SLN il y a quelques semaines au sortir d’une réunion de l’UC du côté de Saint Louis un dimanche soir. Mille milliards… ! Qu’est-ce que cela représente pour une multinationale comme Glencore, nous a assené le député Gomès lors de la mise sur la place publique du déficit de KNS. La dette cumulée de KNC ? Pauvre Calédonien moyen qui n’a… Lire la suite »

choupie

Kalédonie ensemble ! Prochaine étape, soutenir ouvertement la reprise de vale par la sofinor ?

LedZep

@XXX “Reste que je ne peux me résoudre à penser que cette stratégie de déstabilisation délibérée de la province majoritairement pro-française à 3 semaines du référendum ne soit qu’une affaire d’ego.“. Si ce n’est pas une question d’ego, qu’est-ce d’autre ? Il est de moins en moins “lisible” Philippe Gomès. Quel intérêt a-t-il à “savonner systématiquement la planche sous les pieds” des leaders de l’Avenir En Confiance en Province Sud comme au Gouvernement. Nous ne sommes plus en campagne électorale pour des municipales, des provinciales. Celle qui va se jouer n’a rien à voir avec elles. Elle se résume à… Lire la suite »

XXX

@LedZep- La comparaison avec Flosse me parait évidente. Les deux hommes sont capables de tout pour continuer à exister ; cela c’est pour l’ego.

Ce qui m’interroge sur cette explication liée à la seule personnalité de Philippe Gomès, c’est l’engagement à ses côtés de ses deux lieutenants (Dunoyer et Michel) et de quelques autres.
Ces personnes ne sont pas de simples suiveurs fascinés par un leader charismatique ; ce serait leur faire injure. C’est pourquoi, je pense que les deux coups portés à l’AEC la semaine dernière (Goro et le BS) relèvent d’une stratégie réfléchie.

LedZep

@XXX “Ce qui m’interroge sur cette explication liée à la seule personnalité de Philippe Gomès, c’est l’engagement à ses côtés de ses deux lieutenants (Dunoyer et Michel) et de quelques autres. “. Ils procèdent du même affect sinon, que feraient-ils avec lui. Moi j’évite de leur prêter des vertus qu’ils n’ont pas. Ils sont comme nous tous sur… cette terre (y compris la bande de…) “humains trop humains”. Il faut avoir une âme de philosophe pour subir des défaites consécutives, d’être rejetés par ses électeurs pour accepter, de se retirer en toute dignité « des affaires ». Et la leçon… Lire la suite »

antonio

Bof, Calédonie Ensemble s’est exprimé pour le “non” et je ne vois pas bien pourquoi il devrait participer avec Avenir en confiance.

Ulysse

Pour simplement former une COALITION . Mettre de côté pour un temps vos dissensions , vos désaccords . Rester au sein de la République ne mérite-il pas un petit sacrifice ?
Politique politicienne ? Comment ont fait les Indépendantistes ?
Ont-ils été plus malins que les loyalistes ? Continuez votre gueguerre pendant qu’en face ‘’ Petit Oui deviendra grand OUI ‘’
Signé: Ulysse

georges georges

L’Etat et les hommes d’Eglise Alors que la majorité des missi dominici officiant en toute discrétion auprès de l’Etat était jadis issus de la Franc-Maçonnerie, celle-ci semble avoir perdu de son influence sur le sujet. C’est en effet aujourd’hui plutôt du côté des autorités religieuses que se tourne l’Etat lorsqu’il a besoin d’intermédiaires discrets et efficaces. Il faut dire que 95% de la population calédonienne est chrétienne et que la religion, notamment catholique, rassemble et fédère encore les représentants de toutes les communautés vivant sur le territoire. Ainsi, depuis quelques temps, c’est, entre autres, Monseigneur Jean-Yves Riocreux qui assurerait quelques… Lire la suite »

ghanotakis

il faut souhaiter que les personnalites n oubli pas que le general de gaulle avait donne a tous les kanaks la nationalite en 1946 et que le president MACRON avait dit que la nouvelle caledonie n aura pas de double nationalite c est a proscrire les doubles languages des politiques

XXX

“Le collectif «Usine du Sud = usine pays» reste mobilisé contre la reprise de Vale Nouvelle-Calédonie par le groupe minier australien New Century Resources, et il le fait savoir.” (la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie – 26 août 2020) Si j’en crois les messages diffusés la semaine dernière par le FLnks, les indépendantistes craindraient par dessus tout que n’ayant pas les compétences pour gérer cette nuzine, NCZ ne soit contraint de la revendre à échéance de deux à trois ans, au profit des Chinois (honnis sur ce coup là !) qui n’attendraient que cela. Pour tout dire, je n’ai aucun avis sur cette prédiction. Par… Lire la suite »

Alikantitra

XXX : “Cela leur laisse deux ans pour présenter un dossier béton …”

Et pendant ce temps-là (*), qui va assurer la sécurité des installations ?

Voir l’avertissement d’André Fabre (qui fait parfois une apparition sur Calédosphère) :
https://kiosque.nc/wp-content/uploads/2020/01/Actu_nc_No306-Bdef.pdf
Ah ! la thixotropie de la bentonite … j’ai connu, jadis, dans le voisinage des C.I.S. de Solétanche.

(*) pendant ce temps-là :
https://www.youtube.com/watch?v=HJVr8TrcMbk
Pas pu résister …

XYY

Alik.
“Et pendant ce temps-là…Pas pu résister …”.
Vous êtes quand même un pitîn d’élitiste.
Y avait ça (plus proche de Raoult, par ailleurs)
https://www.youtube.com/watch?v=TPdRrtLy-d4

Personnellement, “Et pendant ce temps-là” me fait penser pavloviennemen tà la Corrida de Gilbert Bécaud (complètement disparu des radars, le pôvre)

Gazaouette

Pourquoi se casser la tête! Ils n’ont qu’à prendre des textes et faire un copier coller des accords d’EVIAN. Cela coûtera moins cher que de payer des encore et encore des personnes qui n’en n’ont rien à foutre. Trois ans pour les accompagner a apprendre à planter un pied d’oranger à faire pousser des légumes….comme nous l’avons fait le 5 juillet 1962 nationalisation de la ferme en comité de gestion mais un an après on vient te dire tu prends la nationalité Algérienne ou tu parts. Gel immédiat des comptes en banques 🏦. Mers el Kebir sous la montagne une… Lire la suite »

Rigoberto

Avez vous lu la réponse de l’état en fonction du oui et du non ?

https://drive.google.com/file/d/1Bf_Kr5BwaS1tPM4G28BpgBmGx_G4UQlk/view

Il apparait clair que seules certaines personnes pourraient conserver la nationalité française en cas de “OUI”, à priori celles nées en Métropole.

LedZep

@Rigoberto “Il apparait clair que seules certaines personnes pourraient conserver la nationalité française en cas de “OUI”, certainement celles nées en Métropole.“. Dans ce document (https://drive.google.com/file/d/1Bf_Kr5BwaS1tPM4G28BpgBmGx_G4UQlk/view) il est simplement et clairement précisé : “L’Assemblée nationale et le Sénat devront par ailleurs débattre et voter une loi pour déterminer les conditions dans lesquelles un maintien dans la nationalité française de certains ressortissants du nouvel Etat sera possible.“. Et bien évidement, en toute logique conforme au droit international, si l’Assemblée Nationale (c’est elle qui aura en définitive le dernier mot) accepte d’accorder la double nationalité aux ressortissants du futur Etat, la disposition… Lire la suite »

Alikantitra

LedZep : “Ceux qui ne voudront pas opter pour la nouvelle nationalité, de leur pays de naissance nouvellement indépendant” Je ne vois pas les choses comme ça. Pour moi, tous les citoyens calédoniens, qu’ils soient sur la LESP ou sur la LESC (ou sur les deux) deviennent de droit des nationaux du nouveau pays dès la proclamation des résultats (positifs), et de fait dès la proclamation de l’indépendance par les autorités du nouvel état après la période transitoire. Seul le nouvel état peut légiférer sur les conditions d’acquisition (pour ceux qui ne l’ont pas encore) ou de renonciation (pour ceux… Lire la suite »

LedZep

@Alik “Pour moi, tous les citoyens calédoniens, qu’ils soient sur la LESP ou sur la LESC (ou sur les deux) deviennent de droit des nationaux du nouveau pays dès la proclamation des résultats (positifs), et de fait dès la proclamation de l’indépendance par les autorités du nouvel état après la période transitoire.“. C’est une hypothèse. Mais nous ne sommes pas dans la situation de celle qui prévalait à l’époque de l’Algérie Française où les communautés d’origines autres qu’Algériennes (non Arabes pour faire simple) ne représentaient tout au plus que 10% de la population totale. Donc le problème de la nationalité… Lire la suite »

Amélie

On peut parier que tous, les indépendantistes les plus virulents en premier, tous prendront AUSSI la nationalité française, pour avoir les avantages et le droit d’immigrer, ne vous leurrez pas, le beurre, l’ argent du beurre et l’omelette tout et la métropole qui ne veut pas de remoud acceptera; on peut même imaginer par la suite des passeports de complaisance iliens achetables à bas prix… et donnant accès à la métropole pour les acheteurs de ce passeport bas cout.
Cela est la voie toute tracée

Alikantitra

Amélie : “On peut parier que tous, les indépendantistes les plus virulents en premier, tous prendront AUSSI la nationalité française” Il faudrait peut-être un peu raison garder. Supposons que l’indépendance soit proclamée. Il y aura peut-être un envol important des non-citoyens actuels, devenus des étrangers, éventuellement soumis à visa de séjour. Mais je ne suis pas convaincu que de nombreux citoyens de droit coutumlier aient une envie profonde d’émigrer à leurs frais vers la métropole. Par ailleurs, les règles de la nationalité (et de la bi-nationalité) seront négociées de façon ouverte par les deux gouvernements, et approuvées par leurs parlements.… Lire la suite »

Charles

je n’y crois pas un instant, ils donneront la doble nationalité à tous, kanakes les plus indépendantistes et de droits coutumier en première ligne pour avoir la protection d’un bon passeport !

metro

Naifdiscussion…

metro

Comme pour l indépendance des autres territoires. Vous avez raison. Et la double nationalité n est pas assurée. Il faut dire les choses. Fini les études en fr automatiquement, il y aura des quotas, en cas d indépendance et les frais d inscription ne seront plus les même non plus…. la discussion…

Voir plus dans Actualité

Tendances

Les derniers comm’s

To Top