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Une Calédonie sans alcool ?

L’actualité en Nouvelle-Calédonie donne malheureusement trop régulièrement la part belle aux faits divers tragiques : accidents de la route, soirées festives qui virent en bagarres violentes, violences conjugales, vol à l’étalage… Dans bien des cas, ces drames humains ont un dénominateur commun : l’alcool. Ce constat nous invite à nous interroger : et si on supprimait l’alcool, quelles seraient les conséquences budgétaires ? Réflexion.

Quiconque consulte la une du quotidien local un lundi matin fera trop souvent ce constat : dans la rubrique des faits divers fleurissent de nombreux exemples d’évènements tragiques. Les services médicaux des urgences de l’hôpital ou des cliniques pourront largement confirmer ce constat en vous contant leurs dernières journées de garde. Elles sont remplies d’accidents aux lourdes conséquences physiques ou psychologiques pour leurs victimes. De même les services de justice font régulièrement le constat de l’alcoolisation des auteurs de délits ou de crimes plus ou moins sordides. Les récents drames qui ont secoué le caillou nous rappellent avec force, bien que le besoin ne s’en fasse pas sentir, que la violence semble s’installer dans le quotidien des calédoniens.

Pourquoi tant de haine ?

Si nous laissons aux psychologues le soin de s’intéresser aux causes potentielles de cette violence (voir à ce sujet les travaux récents d’Orane Hmana, doctorante à l’université de Toulouse), le constat de la présence très fréquente d’alcool dans les circonstances de ces drames nous interpelle. On peut difficilement ignorer cet état de fait lorsque l’on consulte les statistiques des accidents de la route, ou lorsque l’on s’attarde sur les condamnations pénales de maris violents.

Les pouvoirs publics eux-mêmes ne pourront nier avoir procédé aux mêmes constatations. Ainsi, depuis 2003 la vente de bière réfrigérée a été interdite dans les épiceries et les grandes surfaces, en vue de lutter contre l’alcoolisme et les troubles à l’ordre public. Précédemment, pendant 15 ans entre 1980 et 1995, la vente d’alcool était tout simplement interdite le week-end (du samedi midi au lundi 6h). Cette interdiction de vente d’alcool le week-end a été remise au goût du jour en 2008 dans l’agglomération nouméenne, puis dans les autres communes, et s’étend encore aujourd’hui de midi à minuit à compter du vendredi et jusqu’au dimanche, mais également le mercredi.

Malheureusement, les différentes statistiques disponibles ne permettent pas d’affirmer que ces mesures de restriction temporaires ont fait la preuve de leur efficacité. Nous avons alors imaginé que la vente d’alcool dans les commerces puisse être totalement interdite en Nouvelle-Calédonie, pour tenter d’évaluer quelles en seraient les conséquences en termes de finances publiques.

Combien coûte l’alcool aux institutions ?

Cette question ne vise pas à recenser les frais de réception et autres inconséquences des élus calédoniens liées à l’alcool, mais bien à tenter d’évaluer la part de l’alcool dans les dépenses publiques. Les éléments étudiés dans cet article seront nécessairement estimatifs et non exhaustifs, mais ils doivent nous servir à obtenir un ordre de grandeur dans des domaines significatifs, dans l’espoir qu’une prise de conscience collective puisse avoir lieu.

En matière d’accidents de la route, un rapport très complet de la DASS (la direction des affaires sanitaires et sociales du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) portant sur les accidents survenus en 2011 et rendu publique en 2014 par NC1ere, a évalué le coût des accidents de la route sur une année à 17,1 milliards de francs CFP, ce qui inclut les coûts indirects (perte de capacité de production et coûts humains). Or, dans les accidents recensés l’alcoolémie s’était révélée positive pour plus de la moitié des conducteurs pour lesquels elle avait été recherchée (51,5%). On pourrait donc estimer que la consommation d’alcool avait participé à une dépense publique de l’ordre de 8,8 milliards de francs au niveau des accidents de la route.

De la même manière, une étude pourrait être menée pour évaluer les coûts liés à l’alcool dans les autres faits divers évoqués. En effet, l’alcool étant notoirement connu pour son effet désinhibant, il nous est permis de nous interroger : le mari violent qui frappe sa femme le ferait-il s’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool ?

S’agissant par ailleurs des vols avec effraction, outre les véhicules et le matériel informatique, les victimes racontent que l’alcool est bien souvent l’objet des convoitises de leurs visiteurs. Y aurait-il moins de vols si l’alcool n’existait pas ?

Combien l’alcool rapporte ?

Face à dépenses estimées, pour tenter de chiffrer la balance entre les avantages et les inconvénients il conviendrait d’estimer les gains issus du commerce de l’alcool. Une première réponse peut être apportée au travers du budget de l’Agence sanitaire et sociales de la Nouvelle-Calédonie, laquelle reçoit l’affectation de la « taxe sur les alcools et tabacs en faveur du secteur sanitaire et social ». En 2013, 15% du rendement de cette taxe provenait des ventes d’alcool, pour un montant estimé à 564 millions de francs, le reste provenant de la taxe sur le tabac. C’est bien loin de compenser les dépenses de soins évoquées ci-dessus, d’autant plus que cette taxe est déjà utilisée pour financer des actions de prévention.

Pour une étude économique complète, il conviendrait d’y ajouter les diverses retombées fiscales issues d’activités commerciales et touristiques utilisant l’alcool.

Et alors qu’est-ce qu’on fait ?

Le but de cet article n’est évidemment pas de tenter de convaincre son lecteur qu’il serait nécessaire ou utile de supprimer totalement et définitivement tout l’alcool présent en Nouvelle-Calédonie, et d’en interdire totalement la production ou la consommation, sur la simple base de l’argument financier : les conséquences de la consommation et du commerce de l’alcool, loin de n’être que budgétaires, sont avant tout humaines. Les exemples de prohibition institutionnalisée, tel le cas emblématique des USA, nous montrent que cette solution serait au mieux inefficace, et que les consommateurs trouveraient des produits de substitution. En outre, la minorité des consommateurs problématiques ne saurait justifier de porter préjudice à la majorité des consommateurs « responsables ».

Cependant, qu’il nous soit permis de nous interroger sur notre rapport à l’alcool et d’ouvrir les yeux sur les disparités qui existent dans la société calédonienne, sur la façon dont chacun conçoit et gère son rapport à l’alcool. Entre l’abstinence totale et le coma éthylique, il y a évidemment un fossé qui se résume dans le slogan « à consommer avec modération ». Et toi, comment tu bois ?

Drehu Sorbonne

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13 Commentaires sur "Une Calédonie sans alcool ?"

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Il faut urgemment donner ce dossier à LECREN ( le pire) et son alcoolique ( merde j ‘ ai zippé)
acolyte , je pensais , SELEnumberONE Avec ces urubus nous aurons des réponses originales
à nous remplir un urinal ( dictature de la rime.)

Janloupe Pahune

Nous sommes dans une île… Facile d’interdire les importations…

Le froid , la GBNC fabriquent de la bière , avec de l’ eau, des graines , sans oublier les 3 B ! Donc interdisons le blé , le riz , les raisins , le mais ….. , Eradication des bananiers , pommes de terre, niaoulis . Quel beau pays cela va faire . Il nous restera le tabac , le cannabis , le datura , les champignons … OUF !!!

Oui Nestor, c’est aussi compulsif que ton envie d’écrire des conneries, vite vite, astiques ta plume, libères ton crâne de piaf de ses contraintes avant que la névrose ne te colonise

ENI ANA

“la minorité des consommateurs problématiques ne saurait justifier de porter préjudice à la majorité des consommateurs « responsables ».” Je conçois. Cette minorité, sans langue de bois, elle est malheureusement majoritairement de la communauté kanak. Manque d’éducation là aussi, favorisée par un système communautaire. L’effet de groupe ne se retrouve pas seulement dans les attitudes délinquantes, mais aussi dans la consommation d’alcool. C’est la raison pour laquelle les mariages, mais aussi les deuils comme tout regroupement, sont des occasions de grandes beuveries. Ce que constatait déjà le pasteur Maurice Leenhardt.

Laxisme des pouvoirs publics + irresponsabilités des individus qui picolent + mauvais exemple de certains coutumiers et politiciens + excuse permanente de ces comportements imbéciles + lâcheté des auteurs d’infractions qui se cachent derrière la bibine + démissions des églises dans leur rôle de prise de conscience des actes de chacun….tout ça + d’autres éléments du même genre à prendre en compte = MERDIER TOTAL et TOUJOURS AU DÉTRIMENT DES HONNÊTES CITOYENS !!!

Guigou

Education, c’est la seule solution à nos maux.

C’est peut trop tard Guigou, il fallait commencer dans les années 2000… (la moitié de la population ne peut pas passer une semaine sans toucher à une goutte d’alcool…)

Ben là mon gars, tu rêves. Mission impossible. C’est comme si tu voulais une Calédonie sans tabac… La solution passe en grande partie par une augmentation des prix (mais là, tu touches aux brasseurs locaux, bon courage…)

ENI ANA

Personnellement je serais pour une suppression totale du tabac, plus que de l’alcool. Franchement qu’est-ce ça apporte à l’individu? A part tous les problèmes de santé qui y sont liés. L’alcool au moins, c’est un art de vivre. Et c’est même bon pour la santé concernant le vin. Quand c’est consommé avec modération, bien sûr.

Plus de tabac ?… Ca, c’est prévu en 2025 en NZ, alors ici…… peut être en 2050, quand y’aura plus de nickel…
Et pour la modération…. ben çà, c’est un mot bien peu connu ici…

Ah ben tiens !, qu’est ce qui tombe aujourd’hui ??= 30% dans la gueule et sur le tabac en plus… (putain, va falloir faire des choix…)

Maon

C’est clair que c’est une évidence, mais à mon sens la prohibition ne fera qu’augmenter les problèmes, alcool à brûler, alcool frelaté vendu au marché noir (ce dernier existe déjà et me semble très organisé).
Juste une question: vous ne trouvez pas qu’il y a une impression de de déjà vu ?!

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